Né le 3 octobre 1910 à Saint-Dié (Vosges), fusillé comme otage le 23 mai 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; médecin généraliste à Saint-Ouen ; cadre de l’appareil central des comités d’intellectuels constitués par le PCF à partir de l’automne 1940 et versés au Front national à partir de l’été 1941.

Fils d’un originaire de Lille, Raoul Bauer, et d’une originaire de Saint-Dié, Flore Weiller, étudiant en médecine, Jean-Claude Bauer adhéra au PCF en 1934. Pendant la guerre d’Espagne, il milita à la Centrale sanitaire internationale. Devenu médecin, marié en 1937 avec Marie-Jeanne Ganton (née à Saint-Affrique, Aveyron, le 14 juillet 1913 dans une famille de petits paysans) il choisit de s’installer à Saint-Ouen, 3 rue Blanqui. Mobilisé en 1939, il fut gravement blessé en juin 1940 à son poste de secours régimentaire. Fait prisonnier, il s’évada lors d’un transfert vers un hôpital parisien. De retour à Saint-Ouen, il reprit son métier. À partir d’octobre 1940, il se consacra à la formation des comités d’intellectuels voulus par la direction des intellectuels communistes (Georges Politzer, Danielle Casanova). Intégré dans l’appareil technique central constitué par l’instituteur Pierre Maucherat au début de 1941, il participa au lancement de la revue clandestine La Pensée libre (février 1941). À partir de mars 1941, il assura la rédaction et l’édition du Médecin français clandestin. Cloisonnement oblige, il n’avait pas le contact avec les diffuseurs de cette propagande, en particulier le comité que le phtisiologue Hector Descomps forma en avril 1941 avec Fritz Busser, André Laporte, Gaston Cordier et Lucien Bonnafé, seul communiste de ce groupe de médecins. Alors peu connu en région parisienne, ce dernier fit le lien avec le chirurgien Raymond Leibovici, chargé par Jean Jérome de monter le service sanitaire des FTP. Par contre, tout comme Georges Dudach, Jean-Claude Bauer fut mandaté par Georges Politzer auprès de militants d’autres sphères socioprofessionnelles que la sienne : il rencontra ainsi l’avocat Joë Nordmann à plusieurs reprises pour préparer le lancement du Palais libre et la création afférente d’un comité de juristes, projets finalement différés. Parallèlement, son épouse, l’infirmière Marie-Jeanne Bauer (née Ganton), milita dans le service D (diffusion) d’André Voguet (organisation des dépôts de matériel de propagande, mise en place des boîtes aux lettres, etc.).
Jean-Claude Bauer fut arrêté le 2 mars 1942 par la Brigade spéciale de la préfecture de police de Paris, au cours d’un rendez-vous avec Jacques Solomon, coordonnateur des comités d’intellectuels auprès de Georges Politzer, arrêté peu auparavant. Interné à la prison du Cherche-Midi, puis à celle de la Santé, torturé, Jean-Claude Bauer ne parla pas. Qualifié de « juif communiste », il a été fusillé au Mont-Valérien le 23 mai 1942, avec Georges Politzer, Georges Dudach et Jacques Solomon. Dénoncée, Marie-Jeanne Bauer fut arrêtée sur son lieu de travail, l’hôpital Claude-Bernard, le 6 mars 1942. Internée à la Santé puis au camp de Romainville, elle fut déportée à Auschwitz, le 23 janvier 1943, d’où elle fut libérée le 27 janvier 1945.
Titulaire de la Légion d’honneur et de la Croix de guerre avec palmes, Jean-Claude Bauer a été homologué FFI (no 0978) le 15 février 1949. À Saint-Ouen, la rue de la Chapelle est devenue rue du Docteur-Bauer, le 12 octobre 1944, sur délibération du Comité local de Libération. Jean-Claude Bauer fut inhumé dans le cimetière communal, le 9 janvier 1950. Marie-Jeanne Bauer était alors exclue du Parti communiste. Elle exigea que cette inhumation se fasse sans discours puis quitta Saint-Ouen pour l’Aveyron.
Il fut décoré de la Légion d’honneur et de la Croix de guerre avec palmes. Sa femme fut homologuée adjudant dans la RIF.
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen. – Musée de la Résistance nationale, fiches de renseignements en date du 6 novembre 1951, établies aux noms de Jean-Claude et Marie-Jeanne Bauer et adressées à Marcel Mugnier, liquidateur du FN, pour l’établissement des attestations nécessaires à l’obtention de la carte de déporté ou Interné Résistant (Arch. René Roussel). – Mairie de Saint-Ouen. – Le Réveil de Saint-Ouen, 25 mai 1946, 1er juin 1947 et 14 janvier 1950. – André Guérin, La Résistance. – Chronique illustrée 1930-1950, Paris, Livre Club Diderot, 1973. – Jacques Debû-Bridel, La Résistance intellectuelle, Paris, Julliard, 1970. – David Diamant, Combattants, héros et martyrs de la Résistance, Paris, Éd. Renouveau, 1984. – Charlotte Delbo, Le convoi du 24 janvier, les éditions de Minuit, 2002. – État civil de Saint-Dié.

Daniel Virieux

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