Né le 9 mai 1906 à Lavaudieu (Haute-Loire), fusillé comme otage le 2 octobre 1943 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; ouvrier-savonnier, magasinier ; résistant dans le réseau Marceau.

Fils de Pierre et Louise Javaugue, Hippolyte Beau était marié à Jeanne Compte (laquelle décèdera le 3 mars 1946), et il était père de deux enfants, Gabriel (1931) et Juliette (1936). Selon son épouse, il semble avoir été de sensibilité socialiste.
Affilié au réseau Marceau à compter du 5 janvier 1943, « sous-chef » des parachutages, il constitua un dépôt d’armes à son domicile situé sur son lieu de travail à l’entrepôt Savosse, route du Pont-du-Château à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). Il mit une cave à la disposition du réseau pour y stocker à la fin du mois d’avril 1943 sept containers contenant des mitraillettes, munitions et grenades provenant des parachutages de Saint-Ours-les-Roches (Puy-de-Dôme).
Il fut arrêté par la Sipo-SD le 4 mai 1943 à son domicile à la suite d’une perquisition. Selon son épouse et le témoignage d’un des membres de son réseau, il aurait été dénoncé à la police allemande par un membre du réseau, emprisonné à la Libération et contre lequel sa femme déposa plainte.
D’abord interné à la prison militaire allemande de Clermont-Ferrand, installée dans la caserne du 92e Régiment d’infanterie, Hippolyte Beau fut torturé, ainsi que sa femme put le constater lors d’un parloir. Transféré de Clermont à Moulins (Allier), il fut ensuite conduit au fort de Romainville (Seine, Seine-Saint-Denis) avec d’autres captifs, enchaîné à Jules, imprimeur à Clermont ; ils arrivèrent à Romainville le 25 septembre dans la matinée. Le 30 septembre, un photographe requis par les autorités allemandes, Le Gay, domicilié 2 place de la Mairie aux Lilas (Seine, Seine-Saint-Denis), a photographié tous les internés du fort et a donné son adresse en cachette aux internés.
Le 2 octobre vers 18 heures, après étiquetage des objets personnels, cinquante détenus de Romainville – parmi lesquels Hippolyte Beau – ont été enfermés dans des cars, escortés par un nombre double de sentinelles, conduits au Mont-Valérien et fusillés comme otages entre 18 heures et 19 heures en représailles à l’exécution de Julius Ritter, colonel SS, responsable en France du Service du travail obligatoire (STO), abattu le 28 septembre 1943 par un détachement des Francs-tireurs et partisans-Main-d’œuvre immigrée (FTP-MOI) composé de Marcel Rayman, Léo Kneler, Spartaco Fontanot et Celestino Alfonso. Il fut incinéré au Père-Lachaise à Paris et ses cendres furent rendues à son épouse avec ses objets personnels.
Déclaré « Mort pour la France » le 10 mai 1946, il a été homologué au grade de sous-lieutenant le 17 novembre 1947 et reconnu « Interné Résistant » le 27 avril 1953. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de sa commune natale.
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen (Notes Thomas Pouty). – Mémoire des hommes. – Sur le réseau Marceau, on peut consulter le dossier déposé aux archives de l’Institut d’Histoire du Temps Présent (IHTP-CNRS) sous la cote 72 AJ 63.

Delphine Leneveu, Claude Pennetier, Dominique Tantin

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