Né le 15 juillet 1915 à Fumel (Lot-et-Garonne), fusillé comme otage le 11 août 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; ouvrier électricien mécanicien ; responsable des Jeunesses communistes ; résistant.

Camille Baynac vers 1938-1940
[Coll. privée Jacqueline Baynac]
Camille Baynac et son épouse à l’été 1940
[Coll. privée Jacqueline Baynac]
Camille Baynac, Arch. PPo. cliché du 14 juillet 1942.
Camille Baynac était le fils d’un ouvrier métallurgiste et d’une manœuvre, le dernier d’une famille de quatre enfants. Il obtint son certificat d’études en juin 1927. Sa famille s’installa l’année suivante à Nevers (Nièvre) où son père travailla aux aciéries d’Imphy. Camille Baynac fréquenta de 1928 à 1931 l’école professionnelle de Nevers où il suivit les cours de la section électricité. Il abandonna ses études avant de passer l’examen. Entre-temps ses parents s’étaient séparés. À partir de septembre 1931, il travailla à la distillerie Huet et adhéra aux Jeunesses communistes. Il assura très vite des responsabilités au sein de l’organisation départementale avant d’effectuer son service militaire à partir de septembre 1936. Il y prépara son brevet de mécanicien d’aviation. Affecté à la base aérienne de Châteauroux, il fut libéré de ses obligations militaires en octobre 1938 avec le grade de sergent. Il devint alors permanent des Jeunesses communistes partageant sa vie entre Nevers et Paris où il suivit une école de cadres. Il fut remplacé comme responsable départemental par Jacques Darmet lorsqu’il fut élu au secrétariat national des Jeunesses communistes, à l’issue du Xe congrès d’Issy-les-Moulineaux (8 au 10 avril 1939), avec Victor Joannès, et André Leroy.
Mobilisé en Algérie, affecté à la tête d’une compagnie de travailleurs en septembre 1939, il épousa au cours d’une permission à Nevers en février 1940 Raymonde Chaumien, téléphoniste auxiliaire. Démobilisé le 24 juillet 1940 à Oran, il rentra à Nevers le 31 juillet, renoua des liens avec ses anciens camarades et reprit ses voyages à Paris. Le 23 septembre, avec son épouse, il quitta Nevers pour la capitale où le couple changea huit fois de domicile en vingt et un mois. Avec Danièle Casanova et André Leroy, il fut l’un des membres du triangle de direction des JC clandestine. Il était responsable de l’organisation et parcourut la zone occupée pour y réorganiser les Jeunesses communistes. À ce titre, il effectua plusieurs séjours en Bretagne.
Le 10 juin 1941, ayant trouvé refuge à Boissy-Saint-Léger (Seine-et-Oise, Val-de-Marne) dans la famille de Madeleine Vincent, son épouse donna naissance à leur fille Jacqueline.
La création des Bataillons de la jeunesse semble avoir conduit à une réorganisation et une nouvelle répartition des tâches avec l’arrivée d’Albert Ouzoulias, Lucien Dorland et Pierre Georges. Selon Ouzoulias, Baynac fut alors chargé de la liaison avec les groupes de province.
La police française l’arrêta le 17 juin 1942 à son domicile parisien, 8 rue Bellier-Dedouvre dans le XIIe arrondissement dans le cadre de l’affaire Tintelin. De nombreux imprimeurs clandestins de la presse des Jeunesses communistes furent arrêtés ainsi qu’un certain nombre de responsables nationaux de cette organisation (Jean-Louis Compagnon, Yves Despouy, Yvon Djian, Maurice Grandcoing, etc.). Lors de son arrestation, Camille Baynac était porteur de faux papiers au nom de Mallet André, né le 15 janvier 1915 à Fumel, et de deux cartes d’adhérents aux « Jeunes du Maréchal » portant de faux cachets. Une perquisition effectuée à son domicile parisien 8 rue Bellier-Dedouvre XIII arr., permit de découvrir plusieurs fausses cartes d’alimentation et des feuilles de carbone ayant servi à la reproduction d’instructions sur l’activité du Parti communiste clandestin.
Selon un rapport de police : « Il était chargé de regrouper les éléments des Jeunesses communistes dans la région parisienne et membre du triangle de direction de cette organisation clandestine composé de Despouy Yves, Djian Yvon et lui-même et recevait pour cette tâche 1 500 à 1 800 francs par mois. » Le 28 juin, un rapport notait qu’il était réclamé par les autorités d’occupation qui signalaient sa position au sein de l’appareil clandestin. Interné au dépôt de la préfecture de police puis transféré le 10 août au fort de Romainville (prison allemande), il a été fusillé comme otage au Mont-Valérien le 11 août 1942 avec 88 autres otages.
Son corps fut inhumé au cimetière parisien de Thiais avant d’être transféré dans le cimetière Jean Gautherin de Nevers. A la libération, un hommage officiel lui fut rendu en présence d’une foule importante.
Camille Baynac fut homologué capitaine FFI en mars 1947.
Une rue porte son nom dans les communes de Nevers, Imphy, Varennes-Vauzelles et Garchizy.
Son nom figure sur le mémorial du Mont-Valérien.
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen. – Témoignage écrit de Jacqueline Baynac. – Dossier au secrétariat d’État aux Anciens Combattants. – Jean-Claude Martinet, Histoire de l’Occupation et de la Résistance dans la Nièvre 1940-1944, Éd. Delayance, La Charité, 1978. – Serge Klarsfeld, Le livre des otages, Paris, 1979, p. 159. – Albert Ouzoulias, Les Bataillons de la jeunesse, Éd. Sociales, 1967. – DBMOF, notice par Jean Maitron et Claude Pennetier. – RGASPI, 495 270 4721, dossier du Komintern. – Pierre Demongeot, Les Francs-tireurs et partisans français du groupement Cher et Nièvre.,publié par l’Amicale FTPF, Nevers, 1975, p. 40-41 et 368-369 (Demongeot orthographie par erreur son nom Beynac).

Iconographie
ICONOGRAPHIE : Jean-Claude Martinet, Histoire de l’Occupation et de la Résistance dans la Nièvre 1940-1944, La Charité, Éditions Delayance, 1978.

Jean-Pierre Besse, Claude Pennetier

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