Né le 12 février 1883 à Figeac (Lot), fusillé comme otage le 24 octobre 1941 au camp de Souge, commune de Martignas-sur-Jalle (Gironde) ; métallurgiste, perceur sur métaux ; militant communiste et syndicaliste.

Fils de Baptiste et de Nathalie Marty, Alban Laval épousa Marie Bladou le 10 février 1909 à Thémines (Lot). De cette union naquit une fille, Albanie, née en 1911.
Ancien combattant de la Grande Guerre, Alban Laval s’installa après l’armistice à Bègles (Gironde), au 35 rue Ernest Renan. En 1920, il y fut embauché comme perceur sur métaux à la Société anonyme des Travaux métalliques (SATM) qui réparait les wagons de voyageurs de la SNCF. Il y resta dix-huit ans. Il s’engagea dans l’action syndicale et politique au sein de la Confédération générale du travail unitaire (CGTU) et du Parti communiste français (PCF) auquel il adhéra en 1930. Il était rattaché à une cellule qui se réunissait au bar Henry, rue Ferdinand Buisson. Militant actif, il fut candidat aux élections municipales à Bègles en 1935. Il joua un rôle majeur lors des grèves et de l’occupation de l’usine en 1936, ce qui lui valut d’être licencié à la suite de la grève générale du 30 novembre 1938. Il retrouva un emploi de laveur dans l’entreprise de nettoyage de wagons Carel-Fouché et Cie. Il y resta dix-huit mois jusqu’à son arrestation le 8 juin 1941. Une lettre anonyme adressée au commissaire de police de Bègles l’accusa de se livrer à une propagande communiste. Il fut arrêté par les policiers français de la Section des affaires politiques (SAP) du commissaire Poinsot connu pour son zèle anticommuniste. Ce dernier, collaborateur fanatique, fut condamné à mort par la cour de justice de Moulins et fusillé à Riom (Puy-de-Dôme) le 16 juillet 1945. L’arrestation d’Alban Laval s’inscrivit dans le cadre des représailles consécutives à un attentat visant la centrale électrique de Pessac (Gironde). Il fut interné au camp de Mérignac (Gironde).
En octobre 1941, les attentats de l’Organisation spéciale (OS) du Parti communiste français (PCF) contre des membres des forces d’occupation, à Nantes et à Bordeaux, furent suivis de représailles massives. Des dizaines d’otages furent exécutés sur ordre d’Adolf Hitler. À Bordeaux comme à Nantes, les événements s’enchaînèrent rapidement. Selon les historiens Berlière et Liaigre, le 21 octobre, au lendemain de l’attentat de Nantes, « vers 19 h 30, un commando de trois cyclistes dirigé par Philippe Rebière abat le « conseiller d’administration militaire » de la Feldkommandantur Hans Reimers [chef du service de recrutement des travailleurs français] à l’angle de la rue de l’Ormeau-Mort et du boulevard George-V. » Aussitôt cinquante otages – communistes et gaullistes – furent désignés pour être exécutés. Parmi eux, Alban Laval qui fut passé par les armes à 9 heures avec les autres otages au camp de Souge le 24 octobre 1941.
Inhumée à Martignas, sa dépouille fut transférée à Bègles le 1er décembre 1944. Il fut déclaré « Mort pour la France » le 16 mai 1945 et reconnu Interné Politique le 12 août 1954. Une rue de Bègles porte son nom.
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen. (Notes Thomas Pouty). – Comité du souvenir des fusillés de Souge, Les 256 de Souge, op. cit. – Site Internet des Fusillés de Souge.

Dominique Tantin

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