Né le 1er janvier 1921 à Bubry (Morbihan), fusillé après condamnation à mort le 25 février 1944 au polygone de tir de Vannes, commune de Saint-Avé (Morbihan) ; cultivateur ; résistant au sein des FTPF et des Forces françaises de l’intérieur (FFI).

Jean Mahé
Sur le mémorial des fusillés à Saint-Avé
Dans le nouveau cimetière de Bubry
Sur le monument aux morts de Bubry
Jean Mahé était le fils de Jean Mahé, cultivateur, et de Marie Collo, cultivatrice. Il était le cadet d’une fratrie de trois enfants.
Célibataire, domicilié au hameau de Kerotennec en Bubry (Morbihan), Jean Mahé travaillait sur l’exploitation familiale. Après avoir effectué la saison en Beauce durant l’été 1943, il rejoignit le groupe Vaillant-Couturier des Francs-tireurs et partisans français (FTPF), créé au mois d’octobre 1942 sous l’impulsion de René Jehanno dans le canton de Plouay (Morbihan) et commandé par Louis Le Du. Il fut arrêté, sur dénonciation, à Malguenac (Morbihan)par des gendarmes français de Pontivy (Morbihan) le 10 décembre 1943 en même temps que six autres de ses camarades au lieu-dit Baraque.
Incarcéré à la prison de Vannes dès le lendemain, Jean Mahé fut condamné le 17 février 1944 comme « franc-tireur » et pour « déraillement de train » par le tribunal militaire allemand de Vannes (FK 750). Il a été fusillé le 25 février 1944 au polygone de tir de Vannes, commune de Saint-Avé (Morbihan), en même temps Jean Robic, Ferdinand Malardé, Joseph Le Mouël et Raymond Guillemot. André Cojan et André Garrec de Paris furent déportés.
Le statut d’Interné Résistant lui fut attribué au mois de janvier 1956. Le grade de 1re classe FFI fut homologué au mois de juin 1946. Au mois de septembre 1944, Armand Le Roch, commissaire aux opérations du Morbihan, capitaine au 3e bureau FFI, certifia l’engagement de Jean Mahé dans les Francs-tireurs et partisans (FTP).
Dernière lettre de Jean Mahé :
 
Vendredi, le 25 février 1944
 
Chers parents,
 
Deux ou trois mots pour vous faire savoir que je vais être fusillé aujourd’hui par les Allemands. Chers parents prenez courage jusqu’à l’arrivée de mon cher frère qui est prisonnier en Allemagne et qui vous aidera dans vos durs travaux, mais je souhaite que vous serez heureux après la guerre, malgré les plus durs tourments que vous avez subis.
Je vous remercie beaucoup des colis que vous m’avez envoyés pendant mon séjour en prison.
Chers père et mère, prenez courage, votre fils meurt pour le salut de la France. Je vous embrasse tous dans un dernier adieu, ainsi que mon frère Jean-Marie et sa petite famille et le retour de mon pauvre frère d’Allemagne.
Votre fils meurt pour que la Frrance revive.
Un dernier adieu.
Vive la France.
et vive les FTP.
 
Mahé Jean

À Saint-Avé, le nom de Jean Mahé est inscrit sur le mémorial des fusillés.
À Bubry, il figure sous le prénom de « Louis » sur le monument aux morts et sur une stèle érigée en 1998 dans le nouveau cimetière communal.
Sources

SOURCES : Arch. Dép. Morbihan, 2W 11 308. — DAVCC, Caen, 21 567999. — J.-P. Besse, T. Pouty, Les fusillés. (1940-1944), op. cit. — " Quelques lettres de fusillés-Ce qu’ils ont écrit avant de mourir face aux pelotons d’exécution nazis ", Ami entends-tu... Journal de la Résistance bretonne-ANACR, numéros 28-29, 1er semestre 1975. — Notes et photographies de Jean-Pierre et Jocelyne Husson. — Mémorial GenWeb — Site Internet Les Amis de la Résistance du Morbihan.

Alain Prigent, Serge Tilly

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