Né le 15 janvier 1924 à Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne), fusillé sommairement par les Allemands le 1er juillet 1944 à Venoy (Yonne) ; bûcheron ; résistant au sein des FTPF.

Georges Pinet
Domicilié à Bussy-le-Repos (Yonne), célibataire, membre des Jeunesses communistes, Georges Pinet participa dès 1942 avec d’autres jeunes de la région aux activités du groupe de sédentaires de la région de Villeneuve-sur-Yonne (rédaction et distribution de tracts, recherche d’armes, etc.).
Engagé le 25 avril 1943 au maquis Francs-tireurs et partisans (FTP) Vauban créé en février 1943 dans la région de Ravières (Yonne), il participa aux activités de ce maquis jusqu’à l’attaque de la ferme des Essarts (Côte-d’Or), le 19 octobre 1943.
Il reprit ensuite contact avec le responsable du maquis, Émile Proudhon, et entra au Comité militaire régional (CMR) des FTP en novembre 1943 avec la fonction de commissaire technique régional, chargé de l’approvisionnement des maquisards en armes, en explosifs et en véhicules.
Dans l’hiver 1943-1944, il participa aux activités du maquis FTP Bourgogne dirigé par Henri Mittay et installé en forêt d’Othe, à la Grange-aux-Malades, près du village des Bordes (Yonne). Contrairement à Henri Mittay, Georges Pinet obéit au CMR quand celui-ci ordonna à ce maquis de quitter la Grange-aux-Malades et partit avec une vingtaine d’hommes s’installer dans les bois du Chapitre, sur la commune de Dixmont.
Chargé par le CMR d’organiser le transfert des maquisards dans l’Avallonnais, il partit du maquis le 15 mai 1944 avec trois hommes, Jean Delaporte, Pierre Guillot et Raymond Baudoin, dans le but de réquisitionner un camion sur la RN6.
Malheureusement, le camion qu’ils voulurent stopper près d’Armeau transportait des soldats allemands qui ouvrirent aussitôt le feu : Pierre Guillot fut tué sur le coup et Raymond Baudoin blessé grièvement à la jambe ; Jean Delaporte et Georges Pinet furent faits prisonniers et conduits à la Feldkommandantur de Sens où ils furent très brutalement interrogés.
Selon Robert Loffroy, responsable FTP de l’Yonne, il ne fait pas de doute que Georges Pinet ait craqué sous les coups. Peu de temps après son arrestation, il aurait conduit les Allemands près du maquis qui fut attaqué, provoquant la mort d’André Dussault. Georges Pinet dénonça Jean Girard, de Bussy-en-Othe, chez qui il avait sa « planque ». Il conduisit les Allemands chez Robert Bobin, responsable du Front national à Auxerre, et leur indiqua où se trouvait la cachette secrète dans la cheminée, qu’il était un des seuls à connaître.
Il dénonça comme résistant Gustave Joublot, un sédentaire FTP de Mailly-la-Ville. Par contre, dans cette localité, il conduisit les Allemands sur l’emplacement du maquis Camille Desmoulins dans les bois d’Avigny alors qu’il savait que les maquisards l’avaient déjà quitté, et ne dénonça pas d’autres résistants qu’il connaissait.
Georges Pinet fut incarcéré à la prison d’Auxerre le 22 mai 1944 en même temps que Jean Girard. Georges Pinet fut condamné à mort le 22 juin 1944 par le tribunal allemand d’Auxerre et fusillé, en même temps que Jean Delaporte et Jean Girard, le 1er juillet 1944, sur le territoire de la commune de Venoy, le long d’une petite route reliant le bourg de Venoy à la route Auxerre-Chablis, à proximité de la sortie de l’autoroute A6 au sud d’Auxerre. Une stèle érigée à cet endroit rend hommage à ces trois résistants.
Le nom de Georges Pinet figure aussi sur le monument des déportés et internés fusillés de l’Yonne à Auxerre.
Sources

SOURCES : Arch. Dép. Yonne, 33J18 (registre d’écrou de la prison d’Auxerre), 1130W38 et 1130W40 (dossier Pinet). – Robert Loffroy, Mémoires d’un résistant et militant communiste de l’Yonne, ARORY, 2014, p. 224. – Un département dans la guerre. 1939-1945, ARORY, 2007, p. 695, note 60 et p. 696, note 81. – Robert Bailly, Si la Résistance m’était contée, ANACR Yonne, 1990, p. 353 et 365. – CDrom La Résistance dans l’Yonne, ARORY-AERI, 2004 (fiche Pinet Georges).

Claude Delasselle

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