Né le 27 décembre 1922 à Marseille (Bouches-du-Rhône), fusillé le 27 juin 1944 à Lèves au lieu-dit de Chavannes(Chartres, Eure-et-Loir) ; résistant de la France libre, agent du BCRA ; Compagnon de la Libération.

Fils de Jean François Voyer inspecteur général des Télécommunications, et de Paule Antoinette Etienne, Jacques Voyer fit ses études au lycée de Toulon (Var) jusqu’en 1940. Cadre des Scouts de France, il se destinait au sacerdoce. Sa mère appartenait à une famille de marins. Son grand-père était commis de marine, son père, mécanicien principal de 1e classe et chevalier de la Légion d’honneur. Son frère, Daniel, dont elle était très proche, décoré de la Légion d’honneur et de la Croix de guerre avec 3 palmes, avait été tué lors de la Première guerre mondiale. Cet exemple marqua jacques Voyer.
Trop jeune, seize ans et demi , pour être mobilisé en 1939, il décida de rallier l’Angleterre et parvint à s’embarquer le 22 juin 1940 à Marseille pour l’Algérie. Le cargo italien le Capo Olmo transportait le sous-lieutenant Pierre Messmer, le lieutenant Jean Simon et quelques camarades clandestins dont Jacques Voyer qui réussirent à dérouter le navire vers Gibraltar contre l’avis des officiers de bord, et à rejoindre Liverpool le 17 juillet 1940. Ainsi une trentaine de volontaires arrivèrent pour renforcer la France libre dans laquelle Jacques Voyer s’engagea le 27 juillet.Incorporé dans l’infanterie de l’air, il suivit un stage de parachutiste puis un cours d’élève-aspirant.
Volontaire pour des missions en zone occupée, il fut parachuté en France en décembre 1940 pour assurer pendant dix mois, comme radio, la liaison entre le réseau Mithridate de l’Intelligence Service (dont la base était à Saint-Raphaël, dans le Var) et Londres. Rendant visite à sa famille en décembre 1941, Jacques Voyer fit enlever le portrait du maréchal Pétain que son père avait accroché dans la maison. Rentré en Angleterre, il fut muté au Bureau central de renseignements et d’action (BCRA) puis effectua des missions de renseignements et de sabotage en Corse et à Vichy notamment. Jacques Voyer, capitaine chargé de mission 1ère classe, fut parachuté avec cinq de ses camarades à Ruffec-le-Château dans l’Indre dans la nuit du 10 au 11 avril 1944 avec mission de mettre en place le plan Sussex en Eure-et-Loir et de commander le réseau du même nom. Celui-ci réussit à transmettre d’importants renseignements au commandement allié sur les déplacements de l’armée allemande et leurs installations.
C’est en observant le déplacement d’un convoi ennemi près de Chartres le 10 juin 1944, qu’il fut interpellé par deux policiers allemands et blessé de deux balles dans sa fuite.Sous le nom de Lucien Boyer, il fut emprisonné, torturé pendant deux semaines sans parler, puis condamné à mort pour espionnage le 26 juin 1944 par le tribunal militaire allemand de Chartres (FK 544).
Il a été fusillé le 27 juin 1944, à l’aube, au champ de tir de Lèves au lieu-dit de Chavannes et inhumé sur place. (Son état civil dit décédé le 16 juin 1944)
Son corps fut transféré à Toulon en 1949.
Le 20 janvier 1946, Jacques Voyer fut reconnu Compagnon de la Libération. Il a été décoré de la Médaille de la Résistance avec rosette, de la Croix de guerre 1939-1945 (3 palmes) du DistinguishedCross (USA) et fait chevalier de la Légion d’Honneur.
Chaque 1er mai, un hommage est rendu aux fusillés de Chavannes où une stèle à été dressée en leur honneur.
Son nom est inscrit également sur le Mémorial National des Scouts Morts pour la France à Liévin (Pas-de-Calais). Une rue Jacques Voyer, compagnon de la Libération, fut inauguré à Toulon, quartier du Mourillon, à la suite de la délibération du conseil municipal de la ville, le 25 avril 1964.
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Sources

SOURCES : DAVCC, Caen sous le nom de Boyer Lucien né le 4 février 1925 (Notes Thomas Pouty et Delphine Leneveu).— Vladimir Trouplin Dictionnaire des compagnons de la Libération Elytis Bordeaux 2010. — Ville de Toulon, Le nom des rues, tome 1 Mourillon, Port marchand, Lamalgue, La Mître, Toulon, 1994.—Association ARMREL. . — MemorialGenweb.— Notes de Christophe Lezenven d’après les Arch.Dép Eure-et-Loir, 18W101. — renseignements fournis par Daisy Vincent et Jean-Marie Guillon. — État-civil.

Delphine Leneveu, Annie Pennetier

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