Né le 17 avril 1907 à Courrières (Pas-de-Calais), fusillé le 5 avril 1944 au fort de Bondues (Nord), après condamnation par un tribunal allemand ; mineur ; militant communiste ; résistant FTPF.

Jean-Baptiste Tailliez à droite de la photo
Fils naturel d’Estelle Lebacq, repasseuse, reconnu par le mariage de sa mère et de Jean-Baptiste Tailliez le 1er octobre 1910 à Courrières, Jean-Baptiste Tailliez fut adopté par la Nation suivant jugement du tribunal civil de la Seine en date du 5 septembre 1919, son père ayant été tué au combat durant la Grande Guerre. Pour le degré d’instruction l’administration préfectorale ne retenait que "sait lire et écrire".
Mineur demeurant à Courrières, il avait épousé Éliette Hermance le 31 août 1929 à Courrières. Elle était née le 25 mars 1911 à Courrières et était titulaire du certificat d’études. Le couple eut deux enfants âgé de 13 et 8 ans en 1942.
Il fut mobilisé en 1939 au régiment d’infanterie de Dunkerque puis affecté spécial en mars 1940.
En mai-juin 1941, une grève des mineurs eut lieu à Courrières. Jean-Baptiste Tailliez y joua un rôle important et, pour cela, fut arrêté une première fois le 15 octobre 1941. Ce même mois, il avait été l’auteur d’un tract communiste s’indignant de la mise à mort d’otages (« Le PARTI COMMUNISTE [sic] s’incline devant les tombes de tous ces martyrs de la Libération nationale. Il adresse ses condoléances à toutes les familles des victimes des nazis et leur crie ``CES MORTS HÉROÏQUES TOMBÉS POUR LA FRANCE SERONT VENGÉS’’ »). Déporté au fort de Huy (Belgique), il fut ensuite libéré, le 15 mars 1942.
Entré aux FTP en septembre de la même année, au grade de lieutenant, il devint chef de groupe pour le secteur Carvin-Courrières-Hénin-Liétard, y créa des groupes armés, et participa à l’attaque du poste transformateur de Harnes en novembre 1942. De nombreuses réunions du groupe se tinrent à son propre domicile. Recherché à nouveau par les forces d’occupation, il entra dans la clandestinité en juin 1943. Désormais capitaine des Francs-tireurs et partisans (FTP), il fut dès lors responsable régional des FTP. La police le décrivait alors ainsi : 1 m 70, châtain moyen, yeux gris, entièrement rasé, teint pâle.
À l’automne 1943, son épouse fut arrêtée et passa trois mois en prison. Suite à une probable dénonciation, il fut lui-même à nouveau arrêté le 24 ou le 25 décembre 1943, alors qu’il s’entretenait avec Séverine Guénegou, résistante, dans un café lillois.
Il fut condamné à mort le 18 mars 1944 par le tribunal militaire allemand OFK 670 de Lille (Nord), et fusillé le 5 avril 1944 au fort de Bondues. Selon le témoignage de Séverine Guénegou, cité par J.-M. Fossier, Jean-Baptiste Tailliez avait accueilli la sentence calmement : « Je ne dis pas que la sentence de mort n’a pas choqué Jean. Mais il est resté impassible. [...] Il a essayé de plaisanter. Puis il m’a fait des recommandations pour sa femme... »
Jean-Baptiste Tailliez repose à Courrières. Il a été décoré, à titre posthume, de la Croix de guerre avec palme. À la Libération, la place de la mairie de Courrières, qui devait à l’origine être rebaptisée place du Général-de-Gaulle, prit finalement le nom de Jean-Baptiste-Tailliez sous la pression des habitants. Son nom figure sur le monument commémoratif du fort Lobeau, à Bondues.
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen (Notes Thomas Pouty). – J.-M. Fossier, Zone interdite, op. cit. – Musée de la Résistance de Bondues, Ils étaient 68, 2010. – Mémorial GenWeb. – État civil. — Notes de Francis Calvet, BiMOI.

Julien Lucchini

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