Né le 27 novembre 1905 à Alès (Gard), fusillé à Marseille (Bouches-du-Rhône) le 2 octobre 1943 ; ouvrier ; militant communiste, membre de l’Organisation spéciale (OS) et des Francs-tireurs et partisans (FTP).

Ouvrier communiste vivant à Saint-Jean-du-Pin (Gard), à proximité d’Alès, Roger Tribes est cité par plusieurs témoignages (Josette Laurenson-Roucaute, Ange Alvarez) comme l’un des pionniers de la Résistance communiste dans la région alésienne. Dès la « Drôle de Guerre », il fit partie des militants communistes particulièrement surveillés. Un rapport du commissaire divisionnaire, chef de la 14e Brigade de Police Mobile, adressé au préfet du Gard le 13 mai 1940, le cite parmi un groupe d’« éléments communistes » d’Alès-Saint-Jean-du-Pin (Clovis Laporte, Paul Tribes, Fernand Dumazert...) adoptant « une attitude très prudente par crainte de la répression » et qui « ne se feraient pas remarquer et ne feraient aucune propagande mais ils auraient conservé leurs opinions ». Il fut l’un des créateurs de l’OS dans le bassin minier » avec Amador Alvarez, Paul Planque, Victorin Duguet Ferdinand Guiraud et Arthur Vigne. Puis, il assura la mise en place des groupes FTP dans le courant de 1942. D’après Ange Alvarez, « ayant épousé une ancienne prostituée », il aurait été « un peu marginalisé au sein du PCF ». Quoi qu’il en fût, il fut arrêté à Avignon (Vaucluse) par la police allemande le 7 août 1944 et inculpé de « crimes commis d’une façon continue au moyen d’explosifs et instigation aux mêmes crimes ». Détenu au Fort Saint-Nicolas à Marseille, il fut condamné à mort le 27 septembre 1943 par un tribunal spécial allemand.
Les archives de la DAVCC indiquent que Roger Tribes a été fusillé le 2 octobre 1943 dans les Bouches-du-Rhône. Pourtant, une ambiguïté demeure, car un document semble suggérer qu’il fut ramené à Fresnes (Seine, Val-de-Marne) en novembre. Dans l’intervention de la Délégation générale du gouvernement français dans les territoires occupés (DGTO), deux dates de jugement sont avancées, dont l’une le 7 octobre, soit cinq jours après son exécution présumée.
« Mort pour la France ».
Une place de Saint-Jean-du-Pin porte son nom, de même que la cellule locale du PCF.
Plusieurs autres Tribes, originaires de la région d’Alès, militèrent dans la Résistance communiste, notamment Paul et Raymond Tribes, eux aussi résidant à Saint-Jean-du-Pin, ainsi que Maurice Tribes, membre de l’appareil « cadre », arrêté à Marseille le 5 décembre 1942.
Sources

SOURCES : SHD GR 28 P 6 189. —AVCC, Caen, B VIII 4 (Notes Thomas Pouty). — Site internet Mémoire des Hommes. — Ange Alvarez, Mémoires de Résistance, Cévennes, Montpellier, Val d’Aran, Alès, Espace Sud Diffusion, 1994 (avec une photo de Roger Tribes, p. 45). — Roger Bourderon, Libération du Languedoc méditerranéen, Paris, Hachette, 1974, p. 71.

Julien Lucchini, Jean-Marie Guillon et Fabrice Sugier

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