Né le 3 avril 1908 à Tours (Indre-et-Loire), fusillé comme otage le 21 septembre 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; instituteur ; militant communiste d’Indre-et-Loire.

Georges Biéret
Fils de Jean Biéret, ouvrier, ajusteur et Marie Germain, couturière, frère cadet de Louis Biéret, et de Gaston Biéret, Georges Biéret fréquenta l’école primaire publique de son quartier puis le cours complémentaire Paul-Louis Courrier à Tours. Il fit ses études à l’École normale de Loches (Indre-et-Loire). En 1927, il fut reçu au brevet supérieur pour l’enseignement primaire et 1er au concours général national de géographie. Il obtint son premier poste à l’école de garçons de Beaumont-la-Ronce en octobre 1927. Il se maria avec une normalienne, Odette Marie Josephe Bouchard, en août 1928. Le couple fut nommé en 1930 sur un poste double à Tauxigny, près de Loches.Chargé de direction, il assura la préparation de l’entrée en 6e, au certificat d’études et fit les cours du soir ; « éducateur enthousiaste, ouvert à toutes les idées nouvelles », il introduisit le cinéma à l’école et créa une classe de solfège. Secrétaire de mairie, il anima la vie culturelle de la commune.
Georges Biéret adhéra au Parti communiste en 1935 et fut un militant actif dans la localité de Tauxigny,secrétaire et trésorier de sa cellule, en dépit d’une santé fragile (plusieurs séjours en sanatoria). Il avait d’ailleurs été ajourné puis exempté du service militaire.
Membre du conseil syndical de la section du SNI d’Indre-et-Loire, il en fut exclu en 1939 en raison de son refus de désavouer le Pacte germano-soviétique.
A partir de l’été 1940, il aida des réfugiés, des évadés à passer la ligne de démarcation située à 8 kilomètres de son domicile. En août ou septembre 1941, il entra en contact avec le Parti communiste clandestin et fut chargé d’organiser le passage de la ligne de démarcation.
Arrêté à son domicile sur dénonciation le 25 mars 1942 à Tauxigny, par la 5e brigade de la police régionale mobile d’Orléans, pour infraction au décret-loi du 26 septembre 1939 portant interdiction du Parti communiste, les policiers ayant trouvé des documents relatifs à son activité clandestine. Emprisonné à Tours où il fut interrogé " durement pendant 53 heures enchaîné sur une chaise", puis transféré au Dépôt de la Préfecture de police de Paris, il fut livré à la police allemande le 13 avril 1942 qui l’incarcéra à la prison du Cherche-Midi, seul dans une cellule pendant cinq mois. Transféré le 24 août au fort de Romainville (Seine, Seine-Saint-Denis), il fut désigné comme otage en représailles de l’attentat contre le cinéma Rex à Paris, et fusillé au Mont-Valérien le 21 septembre 1942, à 9h30.
Il était père de trois enfants, Hélène (16-5-1931), André (1-6-1933) et Jacqueline née sept mois avant la mort de son père le 9 février 1942.
Les corps des 46 otages furent incinérés (source Journal de Franz Stock) au Père-Lachaise, puis l’urne inhumée au cimetière de Pantin et ensuite transférée au cimetière de Tours (carré 36 tombe 89).
Georges Biéret a été reconnu « Mort pour la France » le 21 novembre 1945. Il a été homologué soldat FFI le 15 mai 1946 puis classé IP Interné politique le 6 octobre 1955, le statut d’IR interné résistant lui ayant été refusé à cette date, décision surprenante car il avait agi comme passeur dès le début de l’occupation, d’autant que son ami Henri Boubou, fusillé le même jour comme otage et dont l’itinéraire est proche, obtint lui la mention IR. De plus ses décorations sont en contradiction avec ce refus.
Il a été décoré de la Médaille de la Résistance (J.O.8-12-1946) et de la Légion d’honneur (J.O.22-7-1949).
Son nom est inscrit sur le monument-cloche du Mont-Valérien, sur le monument aux morts de Tauxigny sur le Mémorial de la prison du Cherche-Midi (porte de la prison déplacée au cimetière de Créteil, Val-de-Marne).
Son nom a été donné à l’école primaire de Beaumont-la-Ronce, le 29 juin 2015 et une plaque commémorative apposée. Sa fille Hélène Biéret, trésorière de l’Association des familles de fusillés a rappelé la vie de ce militant pédagogique, syndicaliste, communiste entré tôt dans la résistance.
Un de ses frères, Gaston Biéret, né le 17 mai 1904 à Désertines (Allier), métallurgiste, a été fusillé le 27 octobre 1942 au camp du Ruchard (Indre-et-Loire).
Sources

SOURCES : AVCC, Caen, 21 P 23047, B VIII dossier 6. — ShC, Gr 16 P 59 158. — S. Klarsfeld, Le livre des otages, op. cit. – Recherches de Paul Delanoue. – Arch. com. Tauxigny . — Site internet de l’Association nationale des familles de fusillés et massacrés de la résistance française et ses amis, discours d’Hélène Biéret, 2015. — Notes d’Annie Pennetier. — État civil de Tours.

Paul Delanoue, Claude Pennetier

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