Né le 28 février 1897 à Bas Opisbo (Panama), fusillé le 23 février 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; interprète ; résistant du réseau du Musée de l’Homme.

Georges Ithier-Lavergneau, Français, travaillait comme interprète à la Société royale néerlandaise de transports aériens à Paris ; il était père d’un enfant et divorcé. Dès août 1940, il rejoignit les précurseurs de la Résistance qui formèrent le réseau du Musée de l’Homme à Paris autour de Boris Vildé, Anatole Lewitsky et Yvonne Oddon.
Il a été arrêté le 8 mars 1941 à Paris, dans un hôtel près de la gare Saint-Lazare, dans le cadre du démantèlement du réseau infiltré par un agent double, Albert Gaveau, et commencé en janvier. Incarcéré à Fresnes (Seine, Val-de-Marne), le tribunal allemand du Gross Paris, siégeant dans la prison, le condamna à mort le 17 février 1942 pour « espionnage et intelligence avec l’ennemi ». Il a été fusillé le 23 février 1942 au Mont-Valérien avec six de ses camarades de réseau : Boris Vildé, Jules Andrieu, Anatole Lewitsky, Léon-Maurice Nordmann, René Sénéchal et Pierre Walter. L’exécution des femmes Yvonne Oddon, Sylvette Leleu et Alice Simmonet a été suspendue et leur peine commuée en déportation.
Les sépultures de ces sept résistants se trouvent au cimetière d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne).


L’abbé Franz Stock l’évoque dans son Journal de guerre :
« Lundi 23.2.42
7 exécutions
Matin, réunion à 9 h 30 chez l’aumônier général. Puis catéchisme à l’école allemande jusqu’à 1 heure. Venu me chercher en voiture pour Fresnes : 7 condamnés à mort, aucun gracié, bien que 3 femmes aient été condamnées dans la même affaire, la réponse de Berlin (quartier général du Führer) n’a pas été attendue. Recours en grâce rejetés. ¨Parmi ces 7 un Juif, du nom de Nordmann, 2 orthodoxes - Vildé et Lewitsky. Les autres catholiques. Sénéchal 19 ans. Tous les 4 se confessèrent et communièrent avant - Wallter, Ithier et Andrieu, Sénéchal. Lewitsky demanda également mon assistance, pria, se repentit, lui donnai l’absolution. Vildé était certes croyant, mais de façon plus abstraite, mystique, un formidable personnage , au reste, mélancolie slave et pourtant très spirituel. Nous quittâmes ensemble Fresnes vers 3 h 45, verglas, froid, etc. Les 7 avaient bon moral, beaucoup d’humour, se réjouirent tous que je fusse du voyage. Me remercièrent pour ce que j’ai fait pour eux. Même le jeune Sénéchal était brave. Andrieu, invalide de guerre à 100% demanda qu’on ne lui bandât pas les yeux, ce qui lui fut accordé. "Dites à ma femme et à mes enfants que j’ai regardé la mort droit dans les yeux ". Je lui tendis encore un fois la photographie de sa fille et de son fils. Il la baisa, fit le signe de croix et voilà, 4 furent fusillés ensemble : Sénéchal, Andrieu, Nordmann, Ithier, puis les trois derniers : Walter, Lewitsky, Vildé. Vildé refusa d’avoir les yeux bandés. Walter et Sénéchal avaient souvent communié pendant leur détention. Ithier fit une bonne confession générale, reçut la communion avec une saine vénération. Andrieu pareillement. Je les ai enterrés tous les 7 au cimetière d’Ivry, à 6 h 30 du soir. »
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen (Notes Thomas Pouty). – SGA ministère de la Défense. – Anne Hogenhuis, Boris Vildé et le réseau du Musée de l’Homme, CNRS Éd., 2009. – Julien Blanc, Au commencement de la Résistance. Boris Vildé et le réseau du Musée de l’Homme, 1940-1941, Le Seuil, 2010.

Annie Pennetier

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