Né le 8 janvier 1916 à Sarragosse (Aragon, Espagne), fusillé le 8 octobre 1943 à Saint-Jean-de-la-Ruelle (Loiret) ; domicilié à Terrassa (province de Barcelone, Catalogne, Espagne) jusqu’en 1939 ; travailleur du service des eaux (Terrassa), ouvrier (France) ; militant du Parti fédéral ibérique jusqu’en 1936 : milicien de la colonne "Macià-Companys" puis militaire de la 30e division de l’Armée populaire ; réfugié en France ; résistant au sein des FTPF du Loiret, groupe Chanzy, section d’Orléans.

Pascual Pascual était le fils de Matias Pascual y Polo et de Maria Amela i Tiller, tous deux établis à Terrassa, ville de la grande banlieue de Barcelone. Proche des républicains nationalistes catalans, il adhérait, avant le début de la guerre civile, à une petite formation républicaine, sympathisante du catalanisme, le Partit fédéral ibérique. Ce dernier était issu, sous la Deuxième République, d’une scission d’extrême gauche du vieux Parti démocratique républicain fédéral fondé lors de la révolution de 1868. Pascual était célibataire.
Après le déclanchement de la guerre civile, Pascual décida d’intégrer une des milices formées en Catalogne et qui, dès l’été 1936 ont tenté de reconquérir la partie de l’Aragon tombée entre les mais des rebelles. Le 25 novembre 1936, il s’enrôla dans la colonne "Macià-Companys" formé par les partis catalanistes ERC (Gauche républicaine de Catalogne) et Estat català la mouvance politique dont il était le plus proche. La colonne "Macià-Companys" quitta Barcelone le 5 septembre 1936 et prit position sur le front d’Aragon, dans on secteur méridional dans la province de Teruel. Elle fut engagée aux alentours de Noël dans de dures opérations pour conquérir Torre de los Negros, position indispensable pour ouvrir la route de Teruel capitale de la province aragonaise du même nom. Au mois de janvier 1937, affrontant des températures très froides (jusqu’à – 20°), les miliciens durent faire face à une contre-offensive franquiste. Mais entre temps, les milices avaient dû, dans le cadre du décret de la Généralité (Catalogne autonome) du 6 décembre 1936, consentir à leur "militarisation". L’Armée de Catalogne voyait le jour. Au mois d’avril 1937, cette Armée de Catalogne intégra l’Armée populaire de la République espagnole et forma, dans le cadre de cette dernière, le groupe d’armées du Nord-est. La colonne devint la 30e division de l’Armée populaire dont la militarisation lorsqu’elle fut achevée se traduisit par la constitution, en son sein, des 131e et 132e brigades mixtes (BM). Tout comme ses nombreux camarades de Terrassa qui avaient intégré la colonne Macià-Companys, Pascual Pascual i Amela connut le sort de cette unité jusqu’à la Retirada de février 1939. en août-septembre 1937, il participa donc à la grande bataille de Belchite dont l’objectif était la prise de Sarragosse. En mars 1938, lors de l’offensive franquiste en Aragon elle battit retraite : la 131e BM vers la Catalogne, en subissant de lourdes pertes ; la 132e vers le Pays valencien avant d’être transférée successivement à Ciudad Real, en Andalousie, en Estrémadure, puis à nouveau dans le Pays Valencien. Le parcours de Pascual après mars 1938 montre qu’il se confondit avec celui de la 131e BM. Reconstituée près de Vic, elle fut engagée en 1938-1939 sur le front du Sègre. Elle battit retraite et ses effectifs entrèrent en territoire français (Pyrénées-Orientales) en février 1939.
Pascual fut d’abord interné au camp du Barcarès (Pyrénées-Orientales) puis dans celui de Saint-Cyprien (Pyrénées-Orientales). Ayant réussi à se faire embaucher, il s’établit dans le Loiret en 1940.
Demeurant au Faÿ-aux-Loges (Loiret), Pascual fut arrêté par la police française (SPAC, Service de police anticommuniste), pour « actes de franc-tireur ».
Il fut membre du Front national et des Francs-tireurs et partisans français (FTPF) — auxquels il adhéra en novembre 1942 —, comme tous ceux qui furent dénoncés par Albert Méresse, chef du groupe Chanzy (condamné à mort en septembre 1945 et exécuté). Il fut arrêté par la police française en mars 1943 à Faÿ-aux-Loges puis interné à la prison d’Orléans (Loiret).
Pascual fut déféré avec ses camarades devant le tribunal militaire allemand FK 589 siégeant dans la même ville, qui les condamna à mort le 1er octobre 1943.
Un peloton d’exécution allemand les fusilla le 8 octobre 1942, entre 7 heures et 7 h 40, à Saint-Jean-de-la-Ruelle.
Dix-sept résistants FTPF furent abattus ce matin-là, Marcelle Rivière ayant été condamnée à dix ans de travaux forcés. La Délégation générale du gouvernement français dans les territoires occupés (DGTO) intervint le 5 octobre, en vain. Un rapport du préfet du Loiret indique que celui-ci s’était plaint que la police française soit dessaisie de l’affaire au profit des Allemands.
Pascual fut inhumé au cimetière d’Ormes, avec Fernand Beaupin, Gérard Lagier et Maurice Millet. Une allée de Saran (Loiret) porte son nom (""allée Pascual-Amela"). Son nom figure sur la plaque commémorative des fusillés de Saint-Jean-de-la Ruelle (1942-1944) et sur le monument aux morts de Faÿ-aux-Loges. Dans les deux cas il y figure comme "Pascual" (nom de famille) et "Améla" (prénom). Rappelons que "Amela" (sans accent) est le patronyme maternel, son prénom réel ("Pascual") étant identique à son nom de famille.
Sources

SOURCE : DAVCC, Caen, B VII, 0928 ; B VIII dossiers 3 et 4 ; Liste S 1744, réf. 312/43 (Notes Thomas Pouty). — André Chêne, Ceux du groupe Chanzy, Saint-Amand-Montrond, Fédération du PCF du Loiret, 1993. — Lluís Ferrer Murillo, "Els milicians terrassencs de columna Macià-Companys, lluitadors de l’ideal", Terme, Centre d’estudis històrics de Terrassa, Arxiu comarcal del Vallès, 33, 2018, pp. 149-198 (en particulier, pp. 150-154, p. 165, p. 167). — Clément Jaquet, "Sur les traces d’Améla Pascual, 69 ans après", Repères, magazine de la ville de Saran, 20-21, 2012, 183 p. — Site MemorialGenWeb consulté le 24 févier 2019 (André Balent).

André Balent, Frédéric Stévenot

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