Née le 26 février 1924 à Saint-Brieuc (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor), exécutée le 14 juillet 1944 à Uzel-Près-L’Oust (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor) ; employée aux Eaux et Forêts ; agent de liaison de la résistance (Front national).

Mireille Chrisostome habitait avec ses parents un petit deux pièces situé place de la Cathédrale (aujourd’hui place Charles-de-Gaulle) à Saint-Brieuc. Elle fréquenta l’école puis le collège Marcellin-Berthelot où elle obtint le Brevet élémentaire qui lui permit de postuler à un emploi aux Eaux et Forêts. Son père Charles était employé au magasin « Paris-France », rue Saint-Guillaume. Il avait pris part à la Grande Guerre dans les rangs du 2e régiment de cuirassiers. Joséphine, son épouse (née Bourhis), s’occupait du foyer.
Ses amies la décrivaient comme passionnée d’histoire de France mais ne lui connaissaient pas d’engagement politique. Après la défaite de 1940, la présence militaire allemande la conduisait parfois à manifester bruyamment son patriotisme. Invitée à un banquet de mariage dans la Sarthe, elle s’emporta en constatant qu’une partie de l’hôtel avait été réquisitionnée par la kommandantur. Sans doute cette ardeur finit-elle par être remarquée car ses parents reçurent à plusieurs reprises la visite de la police.
Elle fit la connaissance de Jean Devienne, l’animateur du Front national dans les Côtes-du-Nord, et devint l’un de ses agents de liaison. Elle choisit le pseudonyme de « Jacotte », prénom de l’une de ses amies. Mireille Chrisostome disparut le 11 juillet 1944, le jour de la grande rafle effectuée à Saint-Nicolas-du-Pélem par le SD et ses auxiliaires de la Milice Perrot (de l’abbé Perrot), composée de nationalistes bretons sous uniforme SS. Son cadavre sera découvert fin octobre dans une fosse de la forêt de l’Hermitage-Lorge où cinquante-quatre autres corps avaient été enfouis sommairement. Le Dr Lejeune, médecin légiste à Quintin, constata que la jeune fille avait été exécutée d’une balle dans la nuque. Selon l’enquête de gendarmerie, elle avait été conduite après son arrestation à l’école de garçons d’Uzel-Près-l’Oust, utilisée par la Feldgendarmerie comme centre de détention et d’interrogatoire et avait été assasinée le 14 juillet 1944.
Sa dépouille fut inhumée dans la tombe familiale au cimetière Saint-Michel de Saint-Brieuc. Une plaque commémorative perpétue sa mémoire à l’entrée de l’immeuble où elle habitait. Une rue de la commune porte son nom, ainsi qu’à Plérin et à Ploufagran. La Légion d’honneur et la Croix de guerre lui furent décernées à titre posthume.
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Son nom figure sur la stèle aux fosses de L’Hermitage-Lorge, sur Le Monument des Martyrs de L’Hermitage-Lorge, sur La plaque de Mireille Chrisostome, à l’école Marcellin Berthelot, 16 rue de Brest en Saint-Brieuc, sur La plaque de Mireille Chrisostome, place du général De Gaulle en Saint-Brieuc, sur La plaque de Mireille Christosome, Les Fosses en L’Hermiage-Lorge et sur La plaque de Mireille Christosome, bibliothèque municipale en Saint-Gilles-Pligeaux.
Sources

SOURCES : Arch. Dép. Côtes-d’Armor, 68 J 22. – Télégramme de Brest du 2 novembre 1944, « Les Côtes-d’Armor au temps de la mobilisation et de la Libération », service éducatif ADCA, 2004. – Courrier Indépendant, 7 mai 2010. – Mémorial GenWeb.

Iconographie
ICONOGRAPHIE : MemorialGenweb

Jean-Pierre Ravery

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