Né le 2 décembre 1923 à Marseille (Bouches-du-Rhône), fusillé le 27 mars 1944 au fort de la Duchère (Lyon, Rhône) ; maquisard dans la Loire.

Roger Abignoly
Cliché fourni par sa famille
Fils de Moussa Lévy Abignoly et de Fortunée Dayan, Roger Abignoly était étudiant et demeurait à Marseille (Bouches-du-Rhône), 1 rue Nationale (Ier arr.). Le 23 mars 1943, sa mère, Fortunée Dayan, fut déportée à Sobibor par le convoi numéro 52 au départ de Drancy.
Roger Abignoly devint maquisard dans la Loire sous le pseudonyme de Roger Marghetti ou Marchetti. Le 4 mars 1944, il tua le chef de brigade de gendarmerie de Saint-Georges-en-Couzan (Loire).
Le 17 mars, Roger Abignoly fut arrêté sous sa fausse identité par la gendarmerie française à Saint-Just-la-Pendue (Loire) dans une maison abandonnée où il s’était réfugié avec deux autres maquisards recherchés, Jean Schuwer et Marius Chantelot. Selon un article de presse collaborationniste paru le 29 mars suivant, lors de l’arrestation des résistants, les gendarmes saisirent un pistolet mitrailleur, deux pistolets automatiques, et un fusil de guerre datant de 1936. Roger Abignoly reconnut ensuite, selon la même source, être l’auteur de l’attentat qui, le 4 mars 1944, avait touché mortellement le gendarme Ravaud. Les maquisards furent écroués à la prison de Roanne (Loire) le 18 mars 1944. René Cussonac, l’intendant de police de Lyon, demanda à être saisit de l’affaire afin que les résistants soient déférés à la cour martiale. Le 24 mars 1944, ils furent transférés à la prison Saint-Paul (Lyon). Le 27 mars, Roger Abignoly (sous l’identité de Roger Marghetti), Jean Schuwer, Marius Chantelot et Aimé Ducarre comparurent devant la cour martiale du secrétariat général au Maintien de l’ordre siégeant à la prison Saint-Paul. La cour se déclara incompétente en ce qui concerne Chantelot et Ducarre. Roger Abignoly et Jean Schuwer furent condamnés à mort et fusillés par des Français au fort de la Duchère (Lyon, IXe arr.).
Roger Abignoly fut inhumé au cimetière de la Guillotière (Lyon). Son corps fut exhumé le 26 octobre 1944. Le 1er novembre 1944, il fut enterré au nouveau cimetière de la Guillotière (Lyon), dans un carré militaire, lors d’une cérémonie commémorative rendant hommage aux victimes de la cour martiale de la Milice.
Lyon, fort de la Duchère (19 février - 4 août 1944)
Sources

SOURCES : Arch. Dép. Rhône, 3678W19. – Arch. Mun. Lyon, 1025WP25. – Virginie Sansico, La justice du pire, les cours martiales sous Vichy, 2002. – Notice de Jean Schuwer par Julien Lucchini, in Le Maitron. – Mémorial GenWeb. – Site Internet du Mémorial de la Shoah.

Jean-Sébastien Chorin

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