Né le 26 mars 1927 à Vincelottes (Yonne), tué au combat par un gendarme français le 3 juin 1944 à Héry (Yonne) ; célibataire ; manœuvre ; résistant FTPF.

En 1942, un petit groupe affilié au Front national fut créé par Pierre Houchot à La Ferté-Loupière, en Puisaye. En juillet 1943, ce groupe se transforma en un petit maquis FTP constitué de cinq jeunes armés de mitraillettes, commandés par Roland Guillemot, de Cheny. Ce petit maquis, baptisé Froissart en hommage au résistant communiste de l’Yonne fusillé au Mont Valérien le 21 octobre 1942, pratiqua activement pendant l’été 1943 la police des battages, en faisant sauter ou incendier des machines à battre et en interceptant des convois de denrées agricoles réquisitionnées, avant de se dissoudre avec l’arrivée de l’hiver et l’emprisonnement de Roland Guillemot, condamné à quelques mois de prison pour une affaire de tickets d’alimentation.
Au printemps 1944, Roland Guillemot, libéré de prison, prit la tête, avec André Demay, du petit maquis FTP Liberté créé par Robert Loffroy en forêt d’Othe, au nord de Brienon. Après avoir arrêté deux résistants sédentaires, Emile Blondeau à Brienon et Firmin Souyri à Paroy-en-Othe, qui aidaient les maquis FTP de cette région, les Allemands battirent la région pour découvrir l’emplacement de ce maquis. Décision fut prise alors par l’état-major FTP de transférer les maquis FTP Victoire et Liberté en forêt d’Hervaux, dans le sud-est du département. Pensant utiliser pour cela le train local reliant Laroche-Migennes à L’Isle-sur-Serein, Maurice Sellier (« Michel ») fit cantonner pendant plusieurs jours les maquisards dans une maisonnette inhabitée près d’Héry.
Le 3 juin 1944, sans doute à la suite d’une dénonciation, ce groupe d’une douzaine de maquisards fut attaqué par un peloton de gendarmerie mobile appuyé par des troupes allemandes. Avertis par la fusillade déclenchée prématurément par les gendarmes français, la plupart des maquisards parvinrent à décrocher. Mais l’adjudant Roy de Saint-Florentin se précipita dans la maisonnette et abattit Roland Guillemot, avant d’être lui-même abattu d’une rafale de mitraillette tirée par André Demay, qui réussit ensuite à s’échapper.
Le nom de Roland Guillemot figure sur une stèle érigée à Cheny à sa mémoire et à celle de Joseph Paul, mort en déportation. Il a obtenu à titre posthume le titre de CVR.
Sa mère, sa soeur et son père furent déportés, celui-ci ne revint pas.
Sources

SOURCES : ONAC-VG Yonne (dossier de demande de carte CVR). — Robert Loffroy. Mémoires d’un résistant et militant communiste de l’Yonne, ARORY, 2014, p.144 et 218-219. — Robert Bailly, Si la Résistance m’était contée, ANACR Yonne, 1990, p. 282-283, 348 et 355.

Claude Delasselle

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