Né le 2 mars 1922 à Tuszyn (Pologne), guillotiné le 4 décembre 1943 à la prison Saint-Paul (Lyon, Rhône) ; de nationalité polonaise ; tailleur ; résistant FTP-MOI du bataillon Carmagnole à Lyon.

Simon Frid était le fils de Jenkel Frid et Ruchla Kac. Les Frid étaient Juifs polonais. Ils arrivèrent en France en 1937. Ils s’installèrent passage Molière à Paris (IIIe arr.). Simon Frid était tailleur à domicile.
Son père, Jenkel Frid, décéda au début de la guerre. En 1940, Simon Frid servit dans l’armée polonaise en France. En 1941 ou 1942, il fut interné dans un camp de transit destiné à rassembler les Juifs étrangers arrêtés (Pithiviers ou Beaune-la-Rolande). Il réussit à s’évader. Le 12 mai 1942, il arriva à Lyon (Rhône), 12 rue Duguesclin (VIe arr.). Il séjourna chez sa sœur où il semble qu’il exerça son métier de tailleur. Il demeura ensuite 34 rue Boileau (Lyon, VIe arr.). Suite à la rafle du 16 juillet 1942, sa mère, Ruchla Frid, fut déportée à Auschwitz le 29 juillet par le convoi no 12 au départ de Drancy.
Il adhéra à l’Union de la jeunesse juive à Lyon vers juillet 1942 puis, en octobre 1942, son beau-frère Nathan Chapochnik (dit Francis) le mit en contact avec un responsable FTP-MOI du bataillon Carmagnole. Il devint l’un des premiers membres du bataillon sous le pseudonyme de Simon. Il participa à plusieurs opérations militaires. Il entreposa dans son domicile des explosifs et autres matériels et fabriqua des engins explosifs.
Le 29 mai 1943, à 14 h 30, Simon Frid prit part à l’attaque d’un centre de distribution de tickets d’alimentation situé 187 avenue Félix-Faure (Lyon, IIIe arr.). Les quatre résistants FTP-MOI désarmèrent un gardien de la paix, dérobèrent 381 jeux complets de titres de rationnement et s’enfuirent. D’après le rapport de la police, Simon Frid sortit le dernier du local, monta sur sa bicyclette. Un employé saisit la roue arrière et roula avec lui à terre. Simon Frid « réussit à se dégager, sortit son revolver de sa poche, et fit feu par deux fois sur lui sans l’atteindre. Montés alors chacun sur une bicyclette, l’employé Audinoz et le garde Bru continuèrent la poursuite dans la rue Turbil et la rue Paul-Bert, en compagnie de l’inspecteur de police Barberot [...]. Rue Paul-Bert, le garde Bru descendit de bicyclette pour essayer de jeter sa machine entre les jambes » de Frid pour le faire tomber. Le résistant fit alors feu sur le garde et le blessa grièvement à la poitrine. Il « tira encore un coup de feu sur l’inspecteur Barberot et deux sur l’employé Audinoz, mais sans les atteindre, puis il mit en joue le gardien de la paix Charleux, mais son arme s’enraya et ce dernier, faisant feu à son tour, réussit à l’atteindre d’une balle à la jambe ». Simon Frid fut alors arrêté rue de l’Ordre (IIIe arr.). Il portait sur lui deux pistolets 7,65 mm et une fausse carte d’identité au nom de Simon Ballins. Il déclara s’appeler Simon Wiszlawski mais sa véritable identité fut découverte. Son domicile du 34 rue Boileau fut perquisitionné. Les policiers y trouvèrent du matériel permettant de fabriquer des explosifs.
Le 23 novembre 1943, la section spéciale de la cour d’appel de Lyon le condamna à mort pour « tentatives de meurtre sur des agents de la force publique dans l’exercice de leurs fonctions et tentatives de meurtre sur des particuliers ». Il fut guillotiné le 4 décembre 1943 à 7 heures du matin dans la cour de la prison Saint-Paul (Lyon).
Le jour de son exécution, il écrivit une lettre à ses sœurs, les enjoignant de ne pas l’oublier et de le venger. Le 12 décembre 1943, un commando de FTP exécuta Faure-Pinguely, le président de la section spéciale qui le fit guillotiner. Par la suite, un détachement FTP-MOI lyonnais prit le nom de Simon Frid. Il reçut la Médaille de la Résistance à titre posthume en 1995. Une rue du VIIe arrondissement de Lyon porte le nom de Simon-Fryd.
Sources

SOURCES : CHRD, Lyon, art. 1167. – Alexandre Pinto, Le bataillon Carmagnole, Histoire des FTP-MOI de la région lyonnaise, juin 1942-septembre 1944, 1997. – Amicale des Anciens Francs-tireurs et partisans de la Main-d’œuvre immigrée, Carmagnole Liberté, 1995.

Jean-Sébastien Chorin

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