Né le 13 décembre 1897 à Bruxelles (Belgique), fusillé le 28 mars 1944 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; instituteur en Belgique ; résistant chef du réseau Comète.

Fils de Marie De Jongh, gouvernante, Frédéric De Jongh était domicilié 73 avenue Émile Verhaeren à Schaerbeek (Belgique) avec sa femme Alice et leurs filles Suzanne et Andrée. Enseignant, il occupait la fonction de directeur de l’école primaire n°8 de la rue Gaucheret.
Pendant la guerre, il s’occupait des Safe houses et de l’intendance que nécessitait la dissimulation des aviateurs en Belgique. En avril 1942, il vint à Paris pour coordonner des opérations de sauvetage.Chef du réseau Comète, agent P2 (rémunéré), il demeurait 28 rue Vaneau à Paris (VIIe arr.) et avait comme adjoint Robert Aylé. La filière d’évasion et d’acheminement Comète avait été fondée par sa fille de vingt-cinq ans, Andrée. Le réseau, né à Bruxelles, s’impliqua dans l’aide aux soldats britanniques voulant échapper à la captivité. Comète élargit son action en décembre 1941 avec l’acheminement d’aviateurs abattus au-dessus de l’Europe. Tous rejoignaient la Grande-Bretagne après avoir franchi les Pyrénées, puis le détroit de Gibraltar.
Entre août 1941 et juin 1944, Comète prit en charge sept cents militaires alliés, dont trois cent trente-quatre gagnèrent l’Angleterre. Des agents de l’Abwehr infiltrèrent plusieurs fois le réseau, cent cinquante-cinq agents dont cinquante-trois femmes moururent en déportation ou furent exécutés.
Frédéric De Jongh, Robert Aylé et Germaine Aylé-Lecat furent interpellés le 7 juin 1943 à la gare du Nord à Paris par la police de sécurité et du renseignement de la SS (Sipo-SD). Frédéric De Jongh comparut le 13 mars 1944 devant le tribunal du Gross Paris qui siégeait rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.).
Condamné à mort pour « intelligence avec l’ennemi », il fut passé par les armes le 28 mars 1944 à 15 h 04 en même temps que Robert Aylé et Aimable Fouquerel. Après la Libération le réseau Comète fut reconnu comme « unité combattante » du 1er juin 1941 au 30 septembre 1944.
L’Office national des Anciens combattants de Caen (ONAC) attribua le 11 septembre 2013 la mention « Mort pour la France » à Frédéric De Jongh.
Sa fille Andrée arrêtée le 15 janvier 1943 au Pays basque, elle accompagnait des aviateurs anglais pour leur passage en Espagne, revendiqua la création et le commandement de Comète mais les Allemands refusèrent de la croire. Elle survécut à sa déportation dans les camps de Ravensbrück et de Mauthausen. Andrée De Jongh reçut de nombreuses décorations françaises, belges et anglaises.
Une plaque commémorative a été apposée sur la maison familiale à Schaerbeek.
Sources

SOURCES : Arch. PPo., BA 2117. – DAVCC, Caen, Boîte 5/B VIII 5, Liste S 1744-191/44 (Notes Thomas Pouty). – F. Marcot, B. Leroux, C. Levisse-Touzé (sous la dir.), Dictionnaire historique de la Résistance, R. Laffont, 2006. – Site Internet Mémoire des Hommes. — Calet H, Les murs de Fresnes, op. cit. — Mémorial GenWeb. — État civil, Bruxelles.— Gilles Perrault Dictionnaire amoureux de la Résistance Plon-Fayard,2014.

Daniel Grason

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