Né le 18 août 1912 à Toulouse (Haute-Garonne), mort fusillé sommaire le 27 juin 1944 à Castelmaurou (Haute-Garonne) ; épicier à Toulouse (Haute-Garonne) ; résistant de Haute-Garonne, membre du groupe "Morhange"

Marcel Mercié
Marcel Mercié était le fils d’André et d’Anne Bétirac. Il était commerçant dans la ville rose.
Marcel Mercié était un agent P1 (agent permanent P1, non X : le réseau Morhange avait 16 agents P1 "X" qui se consacraient à l’action directe de pénétration des services allemands et les mouvements collaborationnistes) du réseau Morhange, basé à Toulouse et lié aux services secrets de l’Armée dirigés par Paul Paillole. Morhange (par ailleurs pseudonyme de son fondateur, Marcel Taillandier) ne se limitait pas à la collecte de renseignements et à l’organisation d’évasions vers l’Espagne. Il tenait aussi lieu de Groupe franc pratiquant l’action directe (Voir aussi Joyeux Marcel). D’ailleurs, Mercier participait aussi aux activités du groupe franc (AS) de Claude Charvet.
Le 2 janvier 1944, Marcel Mercié (patronyme orthographié "Mercier" par Henri Noguères, op. cit.) participa à une action spectaculaire de Morhange connue comme "l’affaire du courrier de Nice". Des éléments de ce groupe interceptèrent dans la nuit un véhicule entre Castenet et Montgiscard transportant dans deux automobiles des agents de la police allemande et des archives. Quatre agents de la police allemande furent abattus au cours de l’affrontement (Basil Messakssudi alias "Messak" ; sa maîtresse Paulette Bordier, l’Italien Bruno Toniceti, Alzugarai). Marcel Mercié et Pierre Rous conduisirent la camionnette contenant les archives au PC de Morhange ) à Saint-Lys et procédèrent à l’inventaire des documents, livrant les noms des agents de la SIPO-SD de Toulouse, de leurs informateurs français et des dénonciateurs de résistants.
"Petit Marcel" fut arrêté à Toulouse à la suite de Claude Charvet livré le 26 mai 1944 aux Allemands à la suite du retournement d’un résistant, l’inspecteur de police montalbanais Georges Pujol. Ce dernier l’a désigné aux agents de la Sipo qui l’accompagnaient alors qu’il voyageait dans un tramway. Si l’on ne connaît pas le jour exact de son arrestation, on peut dater celle-ci de la fin mai ou, plus vraisemblablement, du tout début du mois de juin 1944. Interné à la prison Saint-Michel Il fut atrocement torturé. Il fut vu pour la dernière fois le 2 juin 1944 à la prison Saint-Michel par un autre résistant, Jacques Combatalade avec qui il était confronté. Mercié en fut extrait le 27 juin 1944 par la Sipo-SD de Toulouse. des éléments et conduit à Castelmaurou avec quinze autres détenus résistants dont seul Jaume Soldevila put s’échapper, il fut fusillé avec les quatorze autres par un détachement de la 2e compagnie de réserve de la division SS Das Reich, dans bois de la Reulle, à la limite des communes de Castelmaurou et de Gragnague.
Marcel Mercié, 32 ans en 1944, fit donc partie des quinze fusillés de Castelmaurou (dont l’identification de deux d’entre eux n’avait toujours pas été établie en 2015) le 27 juin 1944 : Claude Charvet, Robert Toubiana (lieutenant Frantz), Noël Pruneta, Charley De Hepcée, Jean Pagès, 43 ans ; Roger Cazenave, 29 ans ; Jean-Louis Belvezet, 28 ans ; Jean-Marie Ducasse, 42 ans ; Raoul Sarda, 43 ans ; Joseph Guillaut ; Marcel Joyeux.
Une stèle érigée dans le bois de la Reulle sur le lieu de l’exécution du 27 juin 1944 en conserve le souvenir. Le nom de Marcel Mercié y a été gravé. Il figure aussi sur le monument aux morts du quartier Bonhoure-Guilhemery, côte de l’Hers à Toulouse.
Voir : Lieu d’exécution : Castelmaurou (Haute-Garonne), fusillés sommaires du Bois de La Reulle (ou Reule)
Sources

SOURCES : Arch. com. Castelmaurou, état civil, acte de décès de Marcel Mercié. — Henri Noguères & Marcel Degliame-Fouché, Histoire de la Résistance en France, tome 4, Formez vos bataillons ! Octobre 1943-mai 1944), Paris, Robert Laffont, 1976, 710 p. [p.327]. — Le Petit Journal, édition de Toulouse, 8 août 2014. — Archives du Mémorial François Verdier*. — Cd-Rom AERI, Haute-Garonne, Michel Goubet, fiche communiquée par Georges Portalès. — Courriel de Jean-Daniel Gaudais (Toulouse), 25 mai 2018.

André Balent

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