Né le 7 février 1920 à Is-sur-Tille (Côte-d’Or), fusillé par des GMR le 19 février 1944 au fort de la Duchère à Lyon (Rhône) après condamnation à mort par une cour martiale du régime de Vichy ; résistant communiste, membre des Groupes francs lyonnais.

Fils de Roger et Marthe née Chapuis, Roland Boeglin naquit à Is-sur-Tille dans une famille alsacienne qui avait choisi de s’installer en France après 1871 mais qui décida en 1922 de se réinstaller en Alsace. Scolarisé à Thann, Roland Boeglin apprit le métier de cuisinier. Major de sa promotion en 1938, il fut engagé la même année pour la saison par le patron du fameux restaurant « La Pyramide » à Vienne (Isère), Fernand Point. La saison suivante, il trouva une place à Vichy (Allier). Après la défaite de 1940, sa mère et ses deux sœurs vinrent s’installer à Lyon. Roland Boeglin était membre du PCF. Au retour des chantiers de jeunesse, il entra avec d’autres militants communistes dans les Groupes francs lyonnais dits « Ve Bureau de l’Armée secrète ». À ce titre, il prit part à de nombreuses actions : sabotages, évasions de résistants internés, distribution du faux « Nouvelliste » le 31 décembre 1943. Dénoncés, neuf membres des Groupes francs, parmi lesquels Roland Boeglin, furent cernés par la Milice dans la soirée du 17 février 1944 dans le fort de Vancia (Ain) où se trouvaient une cache d’armes et une base de repli. Après neuf heures de siège, à court de munitions, ils se rendirent, à l’exception de Jean Pondi qui réussit à forcer le passage. Amenés au siège de la Milice où ils furent brutalisés, ils furent transférés au fort de la Duchère pour comparaître devant une cour martiale de la Milice, composée de trois juges cagoulés qui les condamnèrent aussitôt à mort. Roland Boeglin a été fusillé le 19 février au matin par un peloton de Groupes mobiles de réserve avec neuf autres résistants des Groupes francs. Il était marié, sans enfant. Il repose dans la nécropole nationale de la Doua, rang A 11, tombe no 22.
Lyon, fort de la Duchère (19 février - 4 août 1944)
Sources

SOURCES : « Résistants à Lyon, Villeurbanne et aux alentours ». – « 2 824 engagements » de Bruno Permezel, éditions BGA Permezel, Lyon, 2003. « Les groupes francs. – Libération-Sud – Ve Bureau de l’Armée secrète. – Une résistance lyonnaise en armes » de René Chevailler, Gaëlle Marignan, Bruno Permezel et René Perrin. – Éd. BGA Permezel, Lyon 2004. – Mémorial GenWeb. – Virginie Sansico, La justice du pire. Les cours martiales sous Vichy, Payot, 2003.

Iconographie
ICONOGRAPHIE : « Résistants à Lyon, Villeurbanne et aux alentours. — 2824 engagements » de Bruno Permezel, éditions BGA Permezel, Lyon, 2003. « Les groupes francs. — Libération-sud-Ve Bureau de l’Armée Secrète. — Une résistance lyonnaise en armes » de René Chevailler, Gaëlle Marignan, Bruno Permezel et René Perrin. — Éditions BGA Permezel, Lyon 2004.

Jean-Pierre Ravery

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