Né le 17 octobre 1898 à Paris (IXe arr.), exécuté sommairement le 26 mars 1944 à Brantôme (Dordogne) ; polytechnicien (X17), ingénieur en chef des PTT ; résistant, membre des Mouvements Unis de Résistance (MUR).

Arnold Hanff, sa femme et ses trois filles (manque son fils).
Arnold Hanff
Issu d’une famille d’origine juive, fils de Max Hanff, négociant, habitant rue Thimonnier à Paris (IXe arr.), et de Ernestine, Emma Schwab son épouse, Arnold Hanff fut reçu 9e au concours d’entrée à Polytechnique en 1917, école dont il sortit 21e en 1920. Mobilisé, il participa à l’occupation de la Rhénanie en 1919. Le 22 mars 1922, à Paris (XVIe arr.), il épousa Jeanne Rosalie Simone Vidal, sœur de la femme de l’historien Marc Bloch dont il était par conséquent le beau-frère. Le couple eut quatre enfants, un fils Michel et trois filles Laure, Françoise et Catherine. Il fit carrière dans l’administration des PTT. Ingénieur en chef, officier de la Légion d’honneur, il dirigea en 1941-1942 le service des câbles sous-marins à Montpellier (Hérault). Il rejoignit ensuite Limoges où se trouvait une annexe du Dépôt central du matériel PTT installée au Mas Loubier (une ancienne usine de porcelaine vendue par la maison Haviland et acquise par les PTT après la première guerre mondiale). Il entra dans la Résistance au sein des MUR. Se sentant menacé, il abrita sa famille en Creuse, dans la maison de vacances de Marc Bloch, son beau-frère, à Fougères, commune du Bourg d’Hem (seule, sa fille aînée, Laure, resta à Limoges, où elle s’occupa avec Pauline Gaudefroy, de la dispersion, du placement clandestin et du suivi dans la région des enfants juifs menacés, dans le cadre du réseau Garel, branche clandestine de l’OSE). Entré dans une semi-clandestinité, Arnold Hanff devint chef du service du Noyautage des Administrations publiques (NAP) des MUR. Organisateur des transmissions pour la Résistance , il fut chargé de préparer à l’échelon régional du Limousin, le "Plan Violet" qui visait au sabotage des lignes souterraines à grande distance au moment du débarquement. Sans doute dénoncé, il fut arrêté par la Sipo-SD le 14 mars 1944 dans sa cache du Mas Loubier. Il fut incarcéré à la prison de Limoges.
Suite à l’exécution de trois officiers allemands, vingt-cinq détenus de la prison de Limoges, résistants et pour certains juifs, à l’instar d’Arnold Hanff qui était l’un et l’autre, furent pris comme otages et emmenés à Brantôme (Dordogne). Les Allemands saisirent aussi sur les lieux un domestique de ferme. C’est donc vingt-six personnes qui furent exécutées le 26 mars 1944 dans une ancienne carrière désaffectée des environs de Brantôme, au lieu-dit les Besses de Courrières.
Son épouse également arrêtée le 14 mars 1944, alors qu’elle venait de Creuse rendre visite à son mari, fut transférée à Drancy le 7 avril puis déportée le 13 avril à Auschwitz (convoi 71) où elle décéda le 31 mai 1944. Leurs quatre enfants furent épargnés. Après l’arrestation d’Arnold Hanff et de son épouse le 14 mars 1944, Jacques Dumas-Primbault (directeur régional des PTT, lui-même polytechnicien et résistant, ami d’Arnold Hanff) et sa femme prirent en charge Laure Hanff et assurèrent sa protection et son transfert vers un refuge dans la Drôme où elle put rejoindre ses frères et sœurs, ce qui leur permit d’échapper aux persécutions antisémites du nazisme. Ce fut Jacques Dumas-Primbault, qui dut, en l’absence de toute famille, reconnaître le corps d’Arnold Hanff et qui se chargea de rassembler ses papiers et biens dispersés.
Le nom d’Arnold Hanff figure sur le monument commémoratif de Brantôme et sur celui situé dans la cour du Ministère de la Recherche, 21 rue Descartes anciennement École Polytechnique - "A la gloire des polytechniciens morts pour la France". Un navire de service allemand équipé d’une machine à câbles amovible basé à Hambourg, "L’Elveshorn", sera remis en mai 1946 au gouvernement néerlandais qui, un an après, le vendra à l’administration française des PTT. Cette dernière le renommera : "Ingénieur en Chef Hanff".
voir Brantôme (Dordogne), 26 et 27 mars 1944, le plus connu des fusillés est Georges Dumas
Sources

SOURCES : Arch. Dép. Haute-Vienne, 1401 W 2 — SHD GR 16P 285099 — CDJC CCXV-43, LVII-30 — Archives familiales (photographies et témoignage de Jacques Dumas-Primbault) Sophie Arutunian. — Bernard Pommaret Mémorial des déportés de Haute-Vienne 2016 — Site Internet resistancefrancaise. — Mémorial GenWeb.— Bernard Reviriego, Les juifs en Dordogne, 1939-1944, Périgueux, Archives départementales de la Dordogne, Éditions Fanlac, 2003, p. 350. — Guy Penaud, Les crimes de la division Brehmer, la traque des résistants et des juifs en Dordogne, Corrèze, Haute-Vienne (mars-Avril 1944), Périgueux, Éditions La Lauze, 2004, p.108.
Site du Populaire
— Site La jauneetlarouge.com (pages consultées le 24 novembre 2015).

Claude Pennetier, Dominique Tantin, Michel Thébault

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