Né le 16 mars 1900 à Bischheim (Bas-Rhin annexé à l’Empire allemand), exécuté le 2 avril 1944 à Condat-sur-Vézère (Dordogne) ; administrateur financier ; résistant .

Sylvain Asch était le fils de Salomon et de Julie Bauer. Employé aux écritures à la gare de Bischheim, Sylvain Asch poursuivit ses études et obtint en 1924 un doctorat d’économie et de sciences politiques à l’Université de Strasbourg. Il commença alors une carrière d’administrateur dans diverses sociétés financières. Spécialiste des problèmes monétaires, il publia, en 1932, le livre Monnaie et finance, sur les problèmes financiers de l’époque. Mobilisé en 1939 avec le grade de sous-lieutenant, Sylvain Asch a été fait prisonnier à Dunkerque en juin 1940. En captivité à l’Oflag 4D puis l’Oflag 5A, il fut rapatrié en France en janvier 1942 en simulant une maladie. Il s’installa dans son domaine de la Bournèche à Rouffignac-Saint-Cernin-de-Reilhac (Dordogne) où il rejoignit la Résistance.
Le 30 mars 1944, dans un engagement sur la route nationale 89 entre la gare de Milhac-d’Auberoche et le bourg de Fossemagne, des maquisards firent prisonniers deux soldats allemands ; bien qu’ils aient été délivrés le soir même, une colonne de camions munis d’armes lourdes entoura le village le lendemain 31 mars. A la Bournêche, une trentaine de soldats se déployèrent en tirailleurs encerclant la maison du lieutenant Asch qui, arrêté, rejoignit une soixantaine de prisonniers à l’école de Condat. Le jeune Roger Nicolas, alors apprenti peintre arrêté également, raconta comment Sylvain Asch, convaincu qu’il "serait fusillé demain", se préoccupa du sort du facteur Delteil, porteur d’un pistolet, et obtint sa libération. Le 2 avril, Sylvain Asch fut exécuté à peu de distance du bourg aux côtés de Paul Weill qui avait été arrêté le 1er avril au Change. Le 31 mars, soixante-quatre hommes jeunes avaient été rassemblés au bourg de Rouffignac, dont Pierre Khantine qui en sera extrait pour être fusillé à Azerat, le 1er avril. Les 63 hommes restants furent transférés au 35e Régiment d’artillerie de Périgueux. Seize d’entre eux furent déportés en Allemagne et quatre y décédèrent.
Le nom de Sylvain Asch a été gravé sur une stèle la stèle de « La Redondie Basse » qui porte les noms des six autres victimes fusillées sur la commune : Paul Cérou, André Delbos, Yvon Delbos, Georges Haupinot, René Veyssière, Paul Weill. Son nom est également mentionné sur les monuments aux morts de Rouffignac-Saint-Cernin-de-Reilhac et de Thonon-les-Bains (Haute-Savoie) ainsi que sur le monument commémoratif du cimetière israélite de Bischheim. Il est honoré sur le Memorbuch de la synagogue de Strasbourg.
Sources

SOURCES : Informations fournies par M. Georges Asch. Registre d’état civil de Condat-sur-Vézère. — Arch. dép. Dordogne, 42 W 80, liste provisoire des personnes de nationalité étrangère, Israélites plus aryennes, fusillées par les troupes d’occupation dans le département de la Dordogne ; 14 J 10, Rapport du comité d’histoire de la seconde guerre mondiale, dossier Rouffignac ; 1573 W 6. — Jean-Paul Bedoin, Anacr Dordogne, Chemins de la mémoire. Dordogne / volume 1, Conseil général de la Dordogne, 2011, p. 112-116. — Bernard Reviriego, Les Juifs en Dordogne, 1939-1944, Périgueux, Éditions Fanlac-Archives départementales de la Dordogne, 2003, pp. 245, 318-319. — crdp.ac-bordeaux. —MémorialGenWeb. — Guy Penaud, Les crimes de la division Brehmer, La traque des résistants et des juifs en Dordogne, Corrèze, Haute-Vienne (mars-avril 1944), Périgueux, Éditions La Lauze, 2004, p. 403. — Paul Mons, La folie meurtrière de la division Brehmer, mars-avril 1944, Dordogne-Corrèze, Haute-Vienne, Brive-la-Gaillarde, Éditions Les Monédières, 2016, p. 137-139.

Annie Pennetier, Bernard Reviriego

Version imprimable de cet article Version imprimable