Né le 8 juillet 1926 à Vienne (Isère) ; exécuté sommairement le 18 juin 1944 à Roche (Isère) ; employé des P.T.T. ; Membre des Forces françaises combattantes, sous-lieutenant des Forces françaises de l’Intérieur à titre posthume

Cliché Yannick Voyeaud
Francis DUCHÊNE
Source : Commune de Roche (Isère), numérisée par le Mémorial National de la prison de Montluc
Francis Duchêne était le fils d’Auguste Duchêne et de Louise Dutel. Il était domicilié chez ses parents 35 rue de Bourgogne à Vienne (Isère)
Il était, en 1944, employé à la poste de Vienne comme commis aide-vérificateur.
Il rallia les Forces françaises combattantes à partir du 5 octobre 1943 et participa au noyautage des administrations publiques (NAP) au sein du réseau E.-M.-P.T.T., aux côtés de Louis Maige. Il prit part à des actions de sabotage sous les ordres de Joseph Muray (Capitaine Gaby).
Il appartenait au secteur VI de l’A.S.-Rhône en qualité d’agent P2.
Il fut arrêté le 25 mai 1944 par des membres de la Gestapo accompagnés de miliciens, venus de Lyon, et qui voulaient mettre un terme aux activités de résistance à Vienne.
En fin de matinée, lorsque la poste fut investie, il tenta de s’échapper par une fenêtre mais tomba dans les bras d’une sentinelle allemande. Conduit à la caserne Rambaud de Vienne, il fut transféré dans la soirée à l’École de santé militaire de Lyon, siège de la Gestapo, et emprisonné dans les caves. Le lendemain, un bombardement aérien allié, visant les installations ferroviaires lyonnaises, détruisit le bâtiment. Il fut alors transféré à la prison de Montluc.
Le 18 juin 1944, Francis Duchêne et dix-neuf autres détenus furent extraits de la prison de Montluc et sommairement exécutés par des soldats allemands au lieu-dit la Croix-Châtain à Roche (Isère).
Son père le reconnut le 27 juin 1944 sous le numéro dix-huit parmi les photographies prises le 20 juin par le service de l’identité judiciaire de Lyon. Son corps fut exhumé et enterré au cimetière de Pipet à Vienne.
Il fut homologué membre des Forces françaises combattantes (FFC) et des Forces françaises de l’Intérieur (FFI) avec le grade de sous-lieutenant.
Il obtint la mention « Mort pour la France » le 26 juin 1945 et le titre d’Interné Résistant le 22 mars 1955.
Il fut cité à l’ordre de la Division et fut décoré de la Croix de Guerre avec étoile d’argent.
Il fut élevé au grade de Chevalier de la Légion d’Honneur à titre posthume en 1958 (JO 3 décembre 1958).
Son nom figure sur le monument commémoratif érigé sur le lieu des exécutions et sur la plaque commémorative apposée sur la façade de l’actuelle poste de Vienne.

Voir Roche
Sources

SOURCES : Arch. Dép. Rhône, Mémorial de l’Oppression (3808W0591 et 3808W0601), 3335W22, 3335W9 — SHD, Vincennes, GR16P196124.— AVCC, Caen 21P445556 — Jean-Daniel Berger, Comme un essaim de guêpes... Résistance et guérilla en R1, secteur VI Rhône-Isère, tome 1, Juin 1940-juin 1944, tome 2, Juin-septembre 1944, Impressions Modernes (Guilherand-Granges) ; 2001.— Notes de Yannick Voyeaud et de Claude Pennetier.

Jean-Luc Marquer

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