Né le 4 avril 1923 à Pancheraccia (Corse) ; exécuté le 26 juin 1944 à Justiniac (Ariège) ; gendarme du 3e régiment de la Garde ; résistant du Corps franc Pommiès (CFP) de l’Organisation de résistance de l’Armée (ORA)

Joseph Orsoni était originaire d’un village du nord-est de la Corse, dans la vallée du Tavignano. Il était le fils naturel de Marie Lagneaux ménagère de vingt-cinq ans et d’Ange, Marie Orsoni, cultivateur de trente-cinq ans. Il fut reconnu par son père dès sa naissance. Toutefois, il fut enregistré sur l’état-civil de Pancheraccia sous le nom de "Lagneaux-Orsoni Joseph, Antoine"
Orsoni avait intégré le 3e régiment de la Garde (gendarmerie mobile sous le régime de Vichy) affecté à la région administrative de Montpellier (Hérault) créée par l’ État français.
Passé à la clandestinité, il intégra un groupe du Corps franc Pommiès (organisation résistante formée dans la R4 à partir de cadres de l’Armée d’armistice à l’initiative du capitaine Pommiès) animé par Armand Saint-Martin, commandant de la brigade de gendarmerie de Saverdun (Ariège). Celui-ci passa à la clandestinité le 9 juin 1944 et prit le commandement d’un maquis dans le bois de Canté, à la limite de la Haute-Garonne. Ce maquis était principalement formé de réfractaires au STO. Joseph Orsoni en fit partie.
Joseph Orsoni suivit Saint-Martin lorsque le maquis quitta le bois de Canté pour des raisons de sécurité et se sépara en deux groupes.
Armand Saint-Martin, sa femme Josette et six hommes, dont Orsoni se retrouvèrent au château de Justiniac. Localisés par la Milice et la Sipo-SD, ils furent attaqués tôt le matin par un groupe de la 10e compagnie du 3e bataillon du régiment Deutschland de la 2 SS Panzerdivision Das Reich. cantonnée depuis plusieurs semaines à Vénerque (Haute-Garonne) à quelques kilomètres plus au nord.
Le château ayant reçu un obus d’une pièce d’artillerie acheminée par les SS, la résistance était d’autant plus impossible que l’adjudant Fischer et quelques-uns de ses hommes lancèrent des grenades lacrymogènes. Cinq des huit résistants parmi lesquels Orsoni se rendirent. Ils furent torturés. Armand Saint-Martin succomba. les autres furent exécutés sommairement par les soldats SS.
Le corps d’Orsoni fut ramené à Saverdun où il fut enterré. Il se trouve toujours au pied du monument qui fut érigé à la mémoire des habitants de Saverdun morts pour faits de résistance ou en déportation en Allemagne.
Son nom y est gravé. Il figure aussi sur le monument aux morts de Saverdun, sur le monument commémoratif de Justiniac érigé sur les lieux où furent exécutés six résistants dont Orsoni et sur le monument du mémorial du Corps franc Pommiès à Castelnau-Magnoac (Hautes-Pyrénées). Orsoni a reçu la mention "mort pour la France".
Voir Justiniac, 26 juin 1944
Sources

SOURCES : Arch. com. Pancheraccia, registre de l’état-civil, acte de naissance de Joseph Orsoni. — Guy Penaud, La Das Reich : la 2e SS Panzerdivision, préface d’Yves Guéna et introduction de Roger Ranoux, Périgueux, La Lauze, 2e édition, 2005, pp. 453-457, p. 546. — Patrick Roques, « Monument aux morts et cinq tombeaux de la guerre de 1939-1945 »,. http://patrimoines.midipyrenees.fr/fileadmin. Midi-Pyrénées. Direction de la Culture et de l’Audiovisuel, service Connaissance du Patrimoine, 2012, PDF en ligne consulté le 19 juillet 2018. — Site Patrimoine Occitanie : patrimoines.laregion.fr consulté les 20 et 21 juillet 2018, notices des monuments du cimetière de Saverdun et le l’Oustalou (Justiniac), de la plaque commémorative de la gendarmerie de Saverdun. — MemorialGenWeb consulté le 22 juillet 2018. — Note de Jean-Pierre Besse.

André Balent

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