Née le 15 juillet 1920 à Saint-Martory (Haute-Garonne), fusillée sommaire le 26 juin 1944 à Justiniac (Ariège) ; résistante Organisation de résistance de l’Armée, Corps franc Pommiès ; femme d’Armand Saint-Martin gendarme résistant.

Fille d’Abel, Jean Latrille, menuisier, et de Jeanne Marie Dencausse, sans profession, Josette Saint-Martin naquit le 15 juillet 1920 ; résistante, elle s’était mariée le 21 janvier 1939 à Saint-Martory avec Armand Saint-Martin, gendarme. Le couple eut un fils André (né le 11 février 1940).
Son mari fut gendarme à Toulouse puis fut nommé sous-officier de carrière en juillet 1942, il servait alors à la brigade territoriale de Saverdun (compagnie de gendarmerie de l’Ariège), où il vivait « en ville » et non dans les logements de la caserne,
En 1943, le couple rejoignit clandestinement l’organisation de la résistance armée (ORA) et Saint-Martin utilisa sa position de gendarme pour recueillir du renseignement sur les activités policières et militaires allemandes et en informer la Résistance.
Le 9 juin 1944, le gendarme Saint-Martin déserta en partant avec des armes et la motocyclette de la brigade pour rejoindre, dans un premier temps, un groupe de résistants installé dans les bois autour de Canté (Ariège). Après la dissolution de ce maquis, localisé et donc menacé de liquidation par l’armée allemande, il s’est replié avec quelques hommes dans le château de Justiniac (Ariège). Nommé chef départemental des corps-francs de la Libération (CFL), par le colonel Aubert, son rôle principal fut alors de récupérer les armes et le matériel militaire parachutés et de d’organiser militairement son groupe dans la clandestinité en vue du combat à venir, en liaison avec les maquis voisins (principalement le Corps franc de la Montagne Noire, grand maquis à cheval sur l’Aude et le Tarn). Josette resta aux côtés de son époux pour servir comme agent de liaison.
Le château de Justiniac fut attaqué à l’aube du 26 juin 1944 par.des éléments .de la division de Waffen-SS « Das Reich » cantonnés à Vénerque (Haute-Garonne). Après quelques tirs d’artillerie et de grenades lacrymogènes, le repaire fut pris d’assaut et les jeunes résistants furent capturés les armes à la main. Les Allemands interrogèrent et torturèrent le gendarme Saint-Martin et son épouse afin d’obtenir des informations sur les maquis de la région environnante : après avoir été battu à coups de crosse et pendu par les pieds, le gendarme fut éventré à la baïonnette puis achevé d’une balle dans la nuque, tandis que Josette fut elle aussi abattue par le caporal alsacien âgé de vingt ans,Largenmuller, après avoir été frappée et avoir tenté de se défendre. Par leur silence obstiné, ils sauvèrent de la destruction les autres groupes de maquisards locaux ainsi que leur chef « Vadier », au prix du sacrifice de leur propre vie.
Le nom du gendarme Saint-Martin figure avec celui de son épouse Josette sur les monuments aux morts des communes de Saint-Martory (Haute-Garonne) et de Saverdun (Ariège), sur le monument aux morts de la Seconde Guerre mondiale dans le cimetière de Saverdun, sur celui du mémorial du Corps franc Pommiès à Castelnau-Magnoac (Hautes-Pyrénées) et sur la stèle commémorative des maquisards exécutés sommaires de Justiniac.
Leur jeune fils André fut élevé par ses grands-parents maternels à Saint-Martory. Lors du baptême de la caserne de Saverdun en juillet 2011, André Saint-Martin était présent à la cérémonie et il évoqua la mémoire de ses parents dans un discours devant la plaque commémorative.
Josette Saint Martin a reçu la mention « Mort pour la France » et fut décorée de la médaille militaire à titre posthume.
Voir : Justiniac, 26 juin 1944
Sources

SOURCES :Archives de la Gendarmerie. — Voir les sources de la biographie de Armand Saint-Martin.et de la monographie de Justiniac, 26 juin 1944. — État civil. — Notes d’André Balent. — Notes de Jean-Pierre Besse.

Sébastien Horner

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