Lieux d’exécution : Castelmaurou (Haute-Garonne), fusillés sommaires du Bois de La Reulle (ou Reule) : 15 fusillés sommaires.

Castelmaurou, bois de la Reulle, monument aux fusillés
cliché André Balent, 24 septembre 2015
Castelmaurou, bois de la Reulle, plaque commémorative
Cliché André Balent, 24 septembre 2015
Castelmaurou, bois de la Reulle
cliché André Balent, 24 septembre 2015
L’exécution du 27 juin 1944 et l’identification des corps :
Le 27 juin 1944 seize résistants extraits de la prison Saint-Michel de Toulouse (Haute-Garonne) par des membres de la Sipo-SD qui les amenèrent emmenés par camion au Nord de Toulouse, dans le Bois de la Reulle, à la limite des communes de Gragnague (Haute-Garonne) et de Castelmaurou (Haute-Garonne). Ils les remirent à un détachement du 2e bataillon de réserve de la division Das Reich qui les fusillèrent. On leur demanda de creuser leur tombe. Un appel des victimes, peu avant leur exécution, aurait été fait à partir d’une liste qui n’a pas été retrouvée. Elle a concerné au moins la première partie des détenus de Saint-Michel, arrivés avant les autres. Soldevila arrivé dans le second camion, ne fit pas état de cette liste et de sa lecture par un sous-officier.
Un résistant, Jaume Sodevila, réussit à s’échapper alors qu’il creusait sa tombe. Quinze résistants y ont été fusillés sommairement sous le contrôle du lieutenant SS Anton Philipp. Enterrés sur place, ils furent extraits du charnier en septembre 1944 par des soldats allemands prisonniers sur les indications de Soldevila. Les corps qui n’avaient pas été ré-inhumés furent transférés au cimetière de Castelmaurou le 13 avril 1990.
Treize corps furent identifiés, dix en 1944 et trois autres récemment, à partir de mars 2010, grâce aux recherches du groupe animé par Georges Muratet, cheminot retraité et historien. Deux autres restent inconnus (2015).
PROFIL DES FUSILLÉS DE CASTELMAUROU :
Départements où furent actifs les fusillés de Castelmaurou :
-  Haute-Garonne : 6 (Belvezet, Charvet, Joyeux, Mercié, Pagès, Toubiana)
-  Pyrénées-Orientales : 2 (Cartelet, Pruneta)
-  Hautes-Pyrénées : 2 (Cazenave, Ducasse)
-  Gers : 1 (Sarda)
-  Hérault : 1 (Guillaut)
-  France, Royaume-Uni, Espagne : 1 (de Hepcée)
Appartenance à une organisation politique clandestine :
- Parti communiste : 1 (Cazenave)
Appartenance des fusillés de Castelmaurou (mouvements et / ou réseaux) :

Mouvements  :
-  MUR / AS : 6 (Charvet, Ducasse, Joyeux, Mercié, Pages, Toubiana).
-  ORA : 3 (Cartelet, Guillaut, Pruneta)
- FN ; FTPF : 1 (Cazenave)
Réseaux de renseignements et / ou d’évasions vers l’Espagne : (8) : Belvezet, Cartelet, Charvet, Ducasse, de Hépcée, Joyeux, Mercié, Sarda.
Le poids de l’activité des réseaux, — qui acheminaient des fugitifs en Espagne (pilotes alliés abattus au-dessus du territoire français, “évadés de France”) et des renseignements et pour le compte des divers services secrets alliés apparaît nettement et met bien en évidence le rôle de plusieurs départements pyrénéens et frontaliers : Haute-Garonne (Toulouse, plaque tournante vers le massif pyrénéen, oriental et central), Pyrénées-Orientales, Hautes-Pyrénées). Ce groupe de fusillés confirme ce que l’on savait déjà pour nombre de résistants de ces départements : une double appartenance (mouvement de résistance et réseau de passages vers l’Espagne). Tous ces fusillés, à l’exception de Cazenave, se rattachaient à la Résistance non communiste. L’un d’entre (de Hepcée) était un Belge, militaire de carrière ; l’activité qu’il déployait pour son réseau impliquait un déplacement entre trois pays. En mission, il fut arrêté en Ariège après être entré en France depuis l’Espagne par la haute montagne.
Âges :
Résistants confirmés, ces fusillés sont rarement très jeunes. Parmi eux on trouve des cadres de très haut niveau de la résistance non communiste (Guillaut de la R3, Joyeux de la R4). À leurs côtés, des agents de réseaux, dont des passeurs auxquels il faut rajouter Soldevila qui réussit in extremis à échapper à son exécution.
Le plus âgé, Joseph Guillaut, né en 1895 avait quarante-neuf ans. Le plus jeune, François Charvet, né en 1922 avait vingt-et-un ans. À part lui, aucun n’avait moins de vingt-cinq ans : c’était des hommes adultes âgés de vingt-cinq à quarante-trois ans :
-  Moins de vingt-cinq ans : 1 (Charvet, vingt-et-ans)
-  De vingt-cinq ans à trente ans : 3 (Pruneta, vingt-cinq ; Belvezet vingt-huit ; Cazenave, vingt-neuf) ;
-  De trente à quarante ans : 5 (Toubiana, trente-et-un ; Mercié, trente-deux ; Cartelet, trente-deux ; Joyeux, trente-trois ; de Hepcée, trente-trois)
-  Plus de quarante ans : Pagès, quarante-trois ; Sarda, quarante-trois ; Guillaut, quarante-neuf)
LISTE DES FUSILLÉS :
BELVEZET Jean-Louis
CARTELET Pierre
CAZENAVE Roger
CHARVET Claude
DUCASSE Jean-Marie
GUILLAUT Joseph
HEPCÉE (de) Charley
JOYEUX Marcel
MERCIÉ Marcel
PAGÈS Jean
PRUNETA Noël
SARDA Raoul
TOUBIANA Robert
Fusillé inconnu n°1, Castelmaurou (Haute-Garonne)
Fusillé inconnu n°2, Castelmaurou (Haute-Garonne)
SOLDEVILA Jaume, a survécu
Sources

SOURCES : Sources indiquées au bas des notices des fusillés du bois de la Reulle ne figurant pas ci-dessous. — José Cubero, Les Hautes-Pyrénées dans la guerre, Pau, éditions Cairn, 2e édition, 2013, 358 p. — Noemí Riudor Garcia, "La família Soldevila d’Escart : Línia SOL de la xarxa belga de Jean" in Josep Calvet Bellera, Annie Rieu-Mias, Noemí Riudor Garcia, La batalla del Pirineu. Xarxes d’informació i d’evasió aliades al Pallars Sobirà, a l’Alt Urgell a a Andorra durant la Segona Guerra Mundial, prologue de Jordi Guixé, Tremp, Editorial Garsineu, 2011, 208 p. [en catalan] (ouvrage traduit en français, La bataille des Pyrénées. Réseaux d’information et d’évasion alliés transpyrénéens 1942-1944, Toulouse, Le Pas d’oiseau, 2013, 200 p.). — La répression de la Résistance par les autorités d’occupation et le régime de Vichy, préface de Pierre Izard, brochure éditée par le Musée départemental de la Résistance et de la déportation de la Haute-Garonne à l’occasion du concours national de la résistance, Toulouse, 2011, 66 p. [p. 21]. — Groupe de recherches des fusillés du bois de la Reulle Gragnague-Castelmaurou, La mémoire en bandoulière, 2017, 133 p. — La Dépêche (Toulouse), 1er avril 2012. — Christian Laporte, "Elles retrouvent le corps de leur père, héros de la Résistance", La Libre Belgique, 10 juillet 2012. — L’Avenir, édition de Namur, 25 juillet 2012. — Bulletin en ligne Castelmaurou, édité par la mairie, article en ligne publié le 4 août 2012. — Emmanuel Haillot, "L’identité retrouvée du résistant inconnu", La Dépêche, 20 septembre 2014. — « Castelmaurou. Acte de décès de Marcel Joyeux fusillé au bois de la Reulle », La Dépêche (Toulouse), 17 septembre 2013. — E. H. et J.-C. P., « Castelmaurou. Fusillés de la Reulle, l’émotion d’une famille », La Dépêche (Toulouse), 6 novembre 2013. — Marcel Wast, « Marcel Joyeux, l’inconnu du bois de la Reulle », La Nouvelle République, édition de la Vienne, 31 octobre 2013. — Archives du bureau "résistance ", Bulletin de l’’AASSDN, n° 1, en ligne, consulté le 5 février 2015. — Le Petit journal, édition Toulousain, 8 août 2014. — Cd-Rom AERI, Haute-Garonne. — Courrier de Jean-Daniel Gaudais, 13 avril 2017. — Notes de Claude Pennetier et de Jean-Daniel Gaudais.

André Balent

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