Le monument qui honore la mémoire des résistants fusillés à Saint-Quentin (Aisne) le 8 avril 1944 se dresse à l’entrée du Stand de tir La Sentinelle, route de Cambrai.

Le monument des fusillés à Saint-Quentin
Plaque apposée le 8 avril 1994 par l’ANACR
Clichés Husson
Le 8 avril 1944, vingt-sept résistants condamnés les 6, 7 et 8 avril 1944 « pour actes de franc-tireur, attentats et sabotages de voies ferrées » par le tribunal militaire allemand FK 602 de Saint-Quentin, ont été fusillés au Stand de tir de Saint-Quentin au lieudit La Sentinelle. Ils étaient enfermés dans la prison de la ville


- AUDIN Victor, né le 9 octobre 1909 à Saint-Saulve (Nord), domicilié à Laon (Aisne), membre de Résistance-Fer, arrêté en janvier 1944, condamné à mort le 6 avril 1944 ;
- BACK Maurice, né le 19 mai 1926 à Mohon (Ardennes), domicilié à Mézières (Ardennes), FTPF arrêté le 31 janvier 1944, condamné à mort le 7 avril 1944 ;
- BÉGARD René, né le 16 mars 1919 à Vitry-le-François (Marne), domicilié à Neufchâtel-sur-Aisne (Aisne), FTPF arrêté le 24 février 1944, condamné à mort le 7 avril 1944 ;
- BRUNELLE Lucien, né le 5 août 1921 à Fresnoy-Le-Grand (Aisne), domicilié à Fresnoy-Le-Grand, membre de Résistance-fer, arrêté le 26 janvier 1944, condamné à mort le 6 avril 1944 ;
- CHARPENTIER Henri, né le 26 juin 1924 à Neufchâtel-sur-Aisne (Aisne), domicilié à Neufchâtel-sur-Aisne, FTPF arrêté le 24 février 1944, condamné à mort le 7 avril 1944 ;
- CLÉMENT Fernand, né le 4 février 1920 Seboncourt (Aisne), domicilié à Étaves-et-Bocquiaux (Aisne), FTPF arrêté le 26 janvier 1944, condamné à mort le 6 avril 1944 ;
- COLLIN Jean-Marie, né le 20 juin 1920 à Inzinzac (Morbihan), domicilié à Tergnier (Aisne), chef du groupe FTPF « Stalingrad » de Beautor (Aisne), arrêté le 28 janvier 1944, condamné à mort le 7 avril 1944 ;
- DEFFROMONT Maurice, né le 4 mai 1924 à Fargniers (Aisne), domicilié à Tergnier (Aisne), FTPF arrêté le 28 janvier 1944, condamné à mort le 7 avril 1944 ;
- DESJARDIN Edmond, né le 17 novembre 1922 à Busigny (Nord), domicilié à Busigny, FTPF appartenant au détachement La Corse 22, arrêté le 4 février 1944, condamné à mort le 7 avril 1944.
- DESJARDIN Lucien, né le 25 décembre 1920 à Busigny (Nord), domicilié à Busigny, FTPF appartenant au détachement La Corse 22, arrêté le 4 février 1944, condamné à mort le 7 avril 1944 ;
- DIFFERDANGE René, né le 21 août 1912 à Brienne-sur-Aisne (Ardennes), domicilié à Neufchâtel-sur-Aisne (Aisne), membre du groupe FTPF « Liberté » de Neufchâtel-sur-Aisne, arrêté le 24 février 1944, condamné à mort le 7 avril 1944 ;
- DUSSART Robert, né le 11 mars 1913 à Bézu-Saint-Germain (Aisne), domicilié à Neufchâtel-sur-Aisne (Aisne), membre du groupe FTPF « Liberté » de Neufchâtel-sur-Aisne, arrêté le 24 février 1944, condamné à mort le 7 avril 1944 ;
- GALIÈGUE Pierre, né le 20 novembre 1923 à Tergnier (Aisne), domicilié à Busigny (Nord), membre des FTPF appartenant au détachement La Corse 22, arrêté le 5 février 1944, condamné à mort le 8 avril 1944 ;
- GILLANT Paul, né le 10 mars 1910 à Fleury-sur-Aire (Meuse), domicilié à Neufchâtel-sur-Aisne (Aisne), membre du groupe FTPF « Liberté » de Neufchâtel-sur-Aisne, arrêté le 19 février, condamné à mort le 7 avril 1944 ;
- GRISOT Camille, né le 8 janvier 1912 à Hirson (Aisne), domicilié à Hirson, membre du groupe FTPF de Gilbert Lejeune, arrêté en février 1944, condamné le 6 avril 1944 ;
- GUIBAL René 161508, né le 16 juin 1915 à Paris 20e, domicilié à Neufchâtel-sur-Aisne (Aisne), membre du groupe FTPF « Liberté » de Neufchâtel-sur-Aisne, arrêté le 24 février 1944, condamné à mort le 7 avril 1944 ;
- HUGE Adolphe, né le 15 décembre 1911 à Fourmies (Nord), domicilié à Fourmies, membre des FTPF appartenant au détachement La Corse 22, arrêté le 4 février 1944, condamné à mort le 6 avril 1944 ;
- LESUR Louis, né le 9 octobre 1894 à Homblières (Aisne), domicilié à Fresnoy-le-Grand (Aisne), membre des FTPF appartenant au détachement 23 Gabriel Péri, groupe Jean Catelas, arrêté le 26 janvier 1944, condamné à mort le 6 avril 1944 ;
- LIVERNEAUX Charles, né le 16 août 1914 à Neufchâtel-sur-Aisne (Aisne), domicilié à Neufchâtel-sur-Aisne, membre du groupe FTPF « Liberté » de Neufchâtel-sur-Aisne, arrêté le 24 février 1944, condamné à mort le 7 avril 1944 ;
- MARÉCHAL Marcel, né le 18 octobre 1913 à Jussy (Aisne), domicilié à Fresnoy-le-Grand (Aisne), membre des F.T.P.F. appartenant probablement au détachement 23 Gabriel Péri, groupe Jean Catelas, arrêté fin-janvier 1944, condamné à mort le 6 avril 1944 ;
- MONOT Fernand, né le 22 octobre 1921 à Étaves-et-Bocquiaux (Aisne), domicilié à Étaves-et-Bocquiaux, membre des FTPF appartenant au détachement 23 Gabriel Péri, groupe Jean Catelas, arrêté fin-janvier 1944, condamné à mort le 6 avril 1944 ;
- MUTEAU Virgile, né le 17 août 1921 à Écly (Ardennes), domicilié à Neufchâtel-sur-Aisne (Aisne), membre du groupe FTPF « Liberté » de Neufchâtel-sur-Aisne, arrêté le 24 février 1944, condamné à mort le 7 avril 1944 ;
- REGHEM Albert, né le 28 mai 1910 à Trélon (Nord), domicilié à Hirson (Aisne), secrétaire de la CGT clandestine à Hirson, FTPF arrêté le 21 février 1944, condamné à mort le 6 avril 1944 ;
- SAUVEZ Lucien, né le 28 août 1917 à Besmont (Aisne), domicilié à Coingt (Aisne), FFI appartenant au groupe d’Aubenton, arrêté le 8 mars 1944, condamné à mort le 7 avril 1944 ;
- VANBLEUY Roger, né le 20 mars 1922 à Bray-Dunes (Nord), domicilié à Dunkerque (Nord), FTPF arrêté le 28 janvier 1944, condamné à mort le 6 avril 1944 ;
- VERSCHOORE Paul, né le 7 juillet 1917 à Saint-Julien-Beychevelle (Gironde), domicilié à Fresnoy-le-Grand (Aisne), FTPF appartenant au détachement 23 Gabriel Péri, groupe Jean Catelas, arrêté fin-janvier 1944, condamné à mort le 6 avril 1944 ;
- WANNIN André, né le 5 avril 1914 à Fourmies (Nord), domicilié à Fourmies, FTPF appartenant au détachement La Corse 22, arrêté le 4 février 1944, condamné à mort le 6 avril 1944.

Le camion qui les transportait était suivi d’un second chargé de vingt-sept cercueils. Arrivés sur le lieu de l’exécution, les condamnés ont refusé le bandeau noir pour leur couvrir les yeux proposé par leurs bourreaux. Transmises par la Feldkommandantur, leurs dernières lettres ne sont parvenues aux familles que quelques semaines plus tard, amputées des mots « patrie », « France », « mourir en Français », « vive la France ». Leurs corps ont été inhumés dans le cimetière Saint-Jean de Saint-Quentin.

Une affiche fut diffusée après leur exécution :
« AVIS IMPORTANT
Les 6 et 7 avril 1944, le Tribunal Allemand compétent a condamné à mort une bande de terroristes pour avoir perpétré des attentats dans les départements de l’Aisne et du Nord, depuis l’été 1943 jusqu’au mois de février 1944. Ces terroristes ont non seulement commis des actes de sabotage sur les voies ferrées, les locomotives de chemin de fer et le Canal de l’Aisne, ils ont aussi attaqué à main armée les mairies et les fermes de la Région.
Ce sont des armes et des explosifs lâchés par des avions anglo-américains qu’ils ont ramassés et qui leur ont servi à exécuter leurs attentats, par suite desquels nombre de personnes pour la plupart des nationalité française ont été tuées ou blessées. De plus, le secteur économique, c’est-à-dire notamment la population française du pays, a essuyé des pertes déplorables.
Les arrêts de mort précités ont été mis à exécution.
Il y a lieu, à cette occasion, de rappeler encore une fois à la population civile les graves conséquences auxquelles s’expose quiconque participe à de pareils actes de terrorisme ou bien néglige d’avertir les autorités aussitôt qu’il a connaissance d’un attentat, soit effectué, soit projeté.
Der Feldkommandant. »
Trois autres membres de ces groupes furent transférés à Laon, et abattus au stand de tir des Blancs-Monts.
Le monument des fusillés du 8 avril 1944, devant lequel se déroule chaque année une cérémonie du souvenir, se dresse à l’entrée de l’ancien champ de tir. Il est constitué d’une imposante stèle de pierre surplombée par deux urnes, sur laquelle est gravée l’inscription :
« Passant arrête-toi et recueille-toi un instant - Ici le 8 avril 1944 27 patriotes furent fusillés par les barbares nazis - Souviens-toi de leurs noms ».
En-dessous sont inscrits vingt-sept noms avec la mention « Morts pour la France » suivie d’une seconde inscription :
« N’oublie pas leur exemple - Ils sont morts pour que tu vives libre et pour que vive la France républicaine et démocratique ».
Le 8 avril 1994, à l’occasion du 50e anniversaire de leur exécution, une plaque commémorative a été déposée au pied du monument par l’Association nationale des anciens combattants de la Résistance (ANCR) en « hommage à leurs camarades Francs Tireurs et Partisans Français ».
Sources

SOURCES : Claude Pennetier, Jean-Pierre Besse, Thomas Pouty et Delphine Leneveu (dir .), Les Fusillés (1940-1944), Les Éditions de L’Atelier, 2015. – « Les Marnais du monument des fusillés de Saint-Quentin dans l’Aisne », in Jean-Pierre et Jocelyne Husson, La Résistance dans la Marne, dévédérom, AERI-Département de la Fondation de la Résistance et CRDP de Champagne-Ardenne, Reims, 2013. – Site de MemorialGenWeb. – Saint-Quentin Mag, 9 avril 2015. — Musée de la Résistance et de la Déportation, Tergnier.

Jean-Pierre Husson, Frédéric Stévenot

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