Né le 2 novembre 1926 à Yvernaumont (Ardennes), exécuté sommairement le 22 août 1944 par les soldats allemands à Congis-sur-Thérouanne (Seine-et-Marne) ; télégraphiste ; résistant de Choisy-le-Roi (Seine, Val-de-Marne).

Fils d’Edmont René Dilly,né à Charleville, ouvrier tourneur, et de Mathilde Beaumont,née à Yvernaumont, sans profession, Jean Dilly, était domicilié à Choisy-le-Roi, 32 rue Chevreul. Il fut volontaire le 21 août 1944, avec onze autres jeunes pour aller garder une péniche et les entrepôts d’un dépôt de l’organisation Todt pas encore évacués par les soldats allemands, situés en bord de Seine, dans le quartier des Gondoles, à la limite de Choisy-le-Roi et de Villeneuve-Triage. Dans ces locaux étaient entreposés du matériel, des vivres (sacs de farine), des couvertures. Le Comité de libération qui avait pris la mairie le 19 août, en accord avec la gendarmerie, avait décidé de sa surveillance pour stopper un risque de pillage dans ce contexte de pénurie.Un groupe de douze personnes favorables à la Résistance avait été désigné pour la garde de nuit et pour justifier leur présence sur les lieux, il devait leur être fourni un brassard, le jeune Louis Luc étant chargé de cette mission ne put leur remettre à temps.Les gendarmes français devaient effectuer une ronde toutes les deux heures mais elles n’eurent pas lieu. Armand Brochu alors qu’il recherchait son fils Guy, fut arrêté avec le groupe.
Ne les voyant pas rentrer, leurs familles, le Comité local de Libération et la gendarmerie les firent rechercher. Le 23 août des soldats allemands assurant le contrôle du pont, affirmèrent ne pas être au courant mais par contre, trois soldats de la péniche avaient vu des soldats de l’organisation Todt emmener ce groupe d’hommes.Le 24 août "le commandant allemand a dicté et signé un certificat pour faire remettre les hommes aux gendarmes français". D’après le rapport de la Croix Rouge française du 31 août 1944, le dernier groupe allemand se trouvant à Choisy-le-Roi devait appartenir aux Pionniers, sur l’un des soldats allemands tués au pont de Choisy, le matricule Unité 36.837, retrouvé équivaudrait au secteur postal.
Dix jours plus tard, le maire de Congis-sur-Thérouanne signala à la mairie de Choisy-le-Roi qu’un garde forestier venait de retrouver treize fusillés recouverts de branchages dans un bois, au lieu dit du Gué-à-Tresmes où une compagnie de transport allemand en partance pour l’Allemagne avait séjourné dans le château. Le rapport de gendarmerie indique que des cadavres étaient vêtus de la tenue des PTT ; qu’un brassard FTP figurait dans une poche de l’un d’entre eux. Un carnet portant plusieurs adresses de la région parisienne découvert sur Pierre Noël, permit d’identifier le groupe, aucun n’ayant de papier d’identité sur lui. Les corps, mains liées derrière le dos,avaient la nuque transpercée de balles.
Parmi les exécutés, il y avait : Armand Brochu, Guy Brochu, André Alliot, Jean Dilly, Claude Gallo, Henri Gavelle, Guy Germain, Camille Le Moal,Fernand Le Moal, Pierre Noël, Roger Pécard et Maurice Wolf.
Le 6 septembre 1944, les obsèques des 13 résistants eurent lieu au cimetière communal de Choisy-le-Roi. Le 8 avril 1945, une rue du quartier des Gondoles prit le nom de rue des Fusillés et une plaque apposée " A nos martyrs FFL victimes de la barbarie nazie" avec leurs noms.La municipalité fit également apposer une plaque sur le bureau de poste, le 19 août 1945.
La municipalité de Choisy fit ériger une stèle à Congis et à chaque emplacement où étaient tombés les corps, une plaque de marbre avec une photo de chaque exécuté.
En août 2005, une sculpture d’Alex Garcia, montrant trois hommes vêtus de costumes simples, exprimant la surprise, a été dévoilée près de la mairie de Congis. Retour ligne automatique
Chaque année depuis 1945, un hommage est rendu aux 13 fusillés sur le lieu du drame à Congis.
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Sources

SOURCES : Arch. Com. Choisy-le-Roi. — Site MemorialGenweb. — Le Parisien, 29 août 2005. — État civil.

Annie Pennetier, Françoise Strauss

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