Né le 21 décembre 1906 à Lyon (VIe arr., Rhône), fusillé sommaire le 12 juin 1944 à Neuville-sur-Saône (Rhône) ; maçon ; résistant, membre des Francs-tireurs et Partisans français (FTPF) dans le Rhône.

Séraphin André Claudy était le fils de Marius Pierre, corroyeur, et Adèle Cannelle, employée. Il naquit au domicile de ses parents, 100 rue Bossuet. Lors de son recensement militaire, à 19 ans, il était employé de soieries et résidait toujours 100 rue Bossuet avec sa famille. Conscrit de 1926, il fut incorporé le 13 novembre dans le 38e régiment d’infanterie. Le 16 mai 1927, il fut promu au grade de caporal. Le 10 novembre suivant, il fut nommé sergent et renvoyé dans ses foyers. Le 22 décembre 1928, il se maria avec Marie Victoire Ettori à Lyon (VIe arr., Rhône). En 1929, le couple demeurait 7 petite rue d’Inkermann à Villeurbanne (Rhône). Leur fille naquit en 1933. Séraphin Claudy exerça différents métiers : employé en 1931, ouvrier en abat-jours en 1936 et employé municipal en 1938. Rappelé à l’activité le 2 septembre 1939, il fut incorporé successivement dans le 6e Pionniers, le 99e régiment d’infanterie alpine et le 299e régiment d’infanterie alpine. Il fut démobilisé le 25 juillet 1940 et regagna ses foyers à Villeurbanne, 7 petite rue d’Inkermann. En 1944, il était maçon.
Le 10 décembre 1942, il intégra la 1ère compagnie de Francs-tireurs et Partisans français de Lyon. Il fut ensuite affecté à l’état-major régional FTPF, puis nommé le 20 mars 1944 commissaire technique régional de la région FTPF - H1 (Rhône). Son pseudonyme dans la Résistance était Marchand.
Suite à la trahison de son chef Lucien Iltis, commissaire technique inter-régional, Séraphin Claudy fut arrêté le 28 avril 1944 à Villeurbanne par la Gestapo et interné à la prison de Montluc (Lyon).
Le 12 juin 1944, vers 18h, Séraphin Claudy et vingt-deux autres prisonniers furent extraits de la prison de Montluc. Sous prétexte de les échanger contre d’autres détenus, les Allemands les entassèrent dans une camionnette, menottés deux par deux. Quatre soldats armés prirent place à l’arrière du véhicule pour les surveiller. Des hommes en civil et en uniforme, dont un agent français de la Gestapo, montèrent dans trois voitures. On imposa le silence aux prisonniers. Le convoi sortit de Lyon et s’arrêta vers 18h45 à Neuville-sur-Saône (Rhône), devant une carrière située sur la route de Civrieux (Ain), à 3 km environ du centre. Onze détenus furent jetés hors de la camionnette à coups de pied et de poing. Ils furent détachés et menés à 200 mètres de distance, dans un lieu isolé situé Montée du Parc (nommée anciennement Montée de la Chaumière). Ils durent se coucher à plat ventre dans un sentier. Vers 19h40, le peloton d’exécution formé d’une dizaine d’hommes tira des rafales de mitraillettes. Puis, les victimes reçurent le coup de grâce. Vint ensuite le tour des douze autres prisonniers. Ils furent conduits dans un pré, à peu de distance, et furent exécutés selon les mêmes modalités. Deux hommes du premier groupe furent blessés. L’un d’eux décéda dans la nuit à l’hôpital de Neuville-sur-Sâone, l’autre, seul rescapé, se réfugia dans une ferme. Les corps furent découverts le soir même par les autorités locales. Le 13 juin, les vingt-deux victimes furent numérotées, photographiées et inhumées dans le cimetière de Neuville-sur-Saône.
Le corps de Séraphin Claudy fut identifié le 7 novembre 1944 par sa veuve Marie Ettori.
Le statut de Mort pour la France lui fut accordé en 1945. En 1946, il reçut la croix de guerre à titre posthume et, en 1947, il fut homologué au grade de lieutenant FFI. Le titre d’interné résistant lui fut attribué en 1952 pour la période du 28 avril 1944 au 12 juin 1944.
Son corps fut inhumé à la Nécropole nationale de la Doua (Villeurbanne), carré A, rang 13, tombe 76.
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen, dossier de Séraphin André Claudy.— Arch. Dép. Rhône, 3335W22, 3335W10, 3460W2, 1Rp2019, 6MP741, 6MP691, 3808W1078.— CHRD, Lyon, ar. 1816 (dossier de René Louis Delorieux).— Note de Maurice Berne. — site internet Mémoire des Hommes.— État-civil.

Jean-Sébastien Chorin

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