Né le 24 octobre 1897 à Thouars (Deux-Sèvres), exécuté le 15 août 1944 à Nice (Alpes-Maritimes) ; prêtre ; résistant.

Fils de Prosper Robineau, employé, et de Marthe Boulanger, André Robineau devint prêtre à sa sortie du séminaire. Il fut préfet des études au collège Albert de Mun de Nogent-sur-Marne (Seine-et-Marne) dans les années vingt. Il était vicaire de la paroisse Saint-Honoré d’Eylau dans le 16e arrondissement de Paris (Seine) en 1940. Réfugié en zone non occupée, il devint aumônier de la marine à Toulon (Var) et administrateur délégué de la villa Jeanne d’Arc, Foyer du Marin, quartier de Saint-Roch. Dans cette fonction, il aida les nombreux marins alsaciens démobilisés après le sabordage de la flotte, le 27 novembre 1942. Il aurait été en contact avec des membres du mouvement Combat et de l’Armée secrète (AS). Il travailla aussi avec la Maison du Prisonnier de Toulon où il connaissait le délégué de la Légion française des combattants et du Secours national, prisonnier évadé et ancien chef scout à Paris. Il participa ainsi à une filière permettant à des réfractaires au Service du travail obligatoire (STO) à gagner les Alpes, ce qui le fit soupçonner par les Allemands dès leur installation à Toulon en septembre 1943. Le ministère de l’Intérieur demanda son éloignement le 13 septembre 1943. Le préfet maritime donna de bons renseignements à son sujet (« charitable », « donne toute satisfaction »). Il fut cependant éloigné de la ville par les autorités françaises et assigné à résidence à Castellane (Basses-Alpes, Alpes-de-Haute-Provence). Bien que surveillé, il continua à aider des juifs, des Alsaciens et des maquisards de l’AS (dont il aurait été membre) et des Francs-tireurs et partisans (FTP). Il aurait notamment secouru un des blessés de l’attaque de la 1e compagnie FTP, le 5 avril 1944, à Lambruisse (Basses-Alpes, Alpes-de-Haute-Provence). Il aurait célébré la cérémonie religieuse lors des obsèques de Jean-Louis Hutinet, ex-officier d’active et commandant de la 5e compagnie FTP, à Beauvezer (Basses-Alpes, Alpes-de-Haute-Provence), le 6 juillet. Il fut arrêté par les Allemands le 24 juillet 1944 en même temps que l’hôtelier Gaston Tardieu et son épouse et vingt sept autres prisonniers. Transporté aux Nouvelles Prisons à Nice (Alpes-Maritimes), il fut fusillé avec vingt résistants, dont Gaston Tardieu (plus deux hommes de main du PPF arrêtés pour vol) au quartier de L’Ariane, à Nice, le 15 août 1944.
La paroisse Saint-Honoré d’Eylau de Paris lui fit des obsèques solennelles. Son corps fut transporté au cimetière de Passy (Paris, 16e arrondissement). Il fut déclaré « Mort pour la France » le 22 avril 1947. Le carré des fusillés de l’Ariane à Nice rappelle le drame du 15 août. Son nom fut donné à une allée de Toulon le 30 novembre 1944. Il obtint la mention « Mort pour la France ».
Sources

SOURCES : Arch. Dép. Var, dossiers du cabinet.— Mémorial Genweb.— La Liberté du Var, 15 août 1945.— Jean Garcin, De l’armistice à la Libération dans les Alpes de Haute-Provence 17 juin 1940-20 août 1944, Digne, 1983.— Robert Girod, Les fusillés de L’Ariane, Villefranche-sur-Mer, Artephis, 1994.— Jean-Marie Guillon, La Résistance dans le Var. Essai d’histoire politique, Aix-en-Provence, thèse de doctorat, Université de Provence (Aix-Marseille I), 1989.— Le nom des rues de Toulon, Le Pont-du-Las, tome IV, Service culture et patrimoine de la ville de Toulon, 2000.— Souvenirs manuscrits de Mme Jacqueline Hoffmann (aimablement transmis par Gérard Guerrier). ⎯ Notes Jean-Louis Ponnavoy.

Jean-Marie Guillon, Jean-Louis Ponnavoy

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