Né le 27 février 1908 à Garches (Hauts-de-Seine, ex-Seine-et-Oise), disparu le 29 juin 1944 probablement dans le Gard ou les Bouches-du-Rhône ; industriel ; résistant, officier des services spéciaux.

François Klotz est né le 27 février 1908 à Garches (Seine). Il est le fils de Henry Klotz, lieutenant-colonel de réserve et officier de la Légion d’honneur à titre militaire, et de Flore Hayem. Industriel parfumeur à Paris, il fut mobilisé au 193e régiment d’artillerie en 1939-1940. Il rejoignit le Maroc en 1941 et appartint là au groupe de résistants du réseau Schuman-Mengin. Il fut arrêté par la police de Vichy en juin 1942 à Marrakech, emprisonné et torturé. Il fut libéré à la suite du débarquement allié du 8 novembre et s’engagea en décembre 1942 dans les Forces françaises libres (FFL). Il participa au combat en Tunisie dans les Corps francs d’Afrique, fut blessé et proposé pour une citation. Après sa convalescence, il fut affecté au 1er Régiment de spahis marocains de la 2e DB.
Détaché en janvier 1944 auprès de l’OSS (Office of Strategic Services) comme interprète dans le cadre du SPOC (Special Projects Operations Center), il fut entraîné pour une mission en France occupée et homologué comme officier. Son rapport de stage indique qu’il était un chef de groupe bien instruit, entraîné au combat, à la lecture de cartes et qu’il était un excellent parachutiste. Connaissant très bien le littoral provençal, notamment le secteur Bandol-La Ciotat, il fut désigné pour enquêter sur le réseau du SOE (Special Operations Executive) Monk décapité par la répression en mars 1944 à Marseille, et le réorganiser. Il devait prendre contact avec Arthur Steel Waiter, radio de Monk, qui devait organiser son parachutage et sa réception. Le réseau OSS Dartmouth fut également avisé de son arrivée. Or les deux réseaux étaient contrôlés par le Sonderkommando AS du Sipo-SD rattaché à l’antenne de Marseille. Steele avait été arrêté et transféré à Paris avant d’être déporté (condamné à mort et exécuté à Dachau).
Les circonstances de la disparition de François Klotz restent mystérieuses. On le crut parachuté dans le Var, dans le secteur de Vinon-sur-Verdon, et son dossier pour le titre de « mort pour la France » indique qu’il aurait été tué à Toulon (Var) le 29 juin 1944. Il fut en fait parachuté seul dans la nuit du 27 au 28 juin 1944 sur le terrain François, à 17 km au sud de Vissec (Gard) et à 12 km à l’est de Lodève (Hérault). Le radio Waiter (infiltré) du réseau de réception indiqua le succès de l’opération et la mise à l’abri des 25 containers d’armes reçus. Mais il ajouta qu’Edgar aurait été tué par les Allemands avec quatre hommes en quittant le terrain. Waiter fut dès lors considéré à Alger comme aux mains de l’ennemi. Que devint François Klotz ? Fut-il, comme c’est vraisemblable, conduit au Sipo-SD de Marseille pour interrogatoire par Dunker Delage, homme clé de la section IV (la Gestapo), qui supervisa ce piège ? Fut-il abattu avec d’autres résistants ? Serait-il l’un des inconnus du charnier de Signes (Var) ? A-t-il avalé sa pilule de cyanure ? On l’ignore. Son corps n’a jamais été retrouvé.
Il fut décoré à titre posthume de la médaille Militaire, de la croix de Guerre avec palme, et de la Silver Star Medal. « Mort pour la France ».
Son père fut assassiné dans une annexe de Drancy, le 17 août 1944, et deux de ses sœurs, déportées comme juives le 31 juillet 1944 par le convoi n°77, furent assassinées à Auschwitz.
Sources

SOURCES : SHD AC 21 P 64090 K. — Archives nationales britanniques, SOE série HS 39. — Archives nationales de Etats-Unis, OSS, dossier Mercenary/Klotz. — Central Archives for the History of the Jewish People, Jérusalem, Dossier KF opération Mercenary, état de service. — Guillaume Vieira, La répression de la Résistance par les Allemands à Marseille et dans sa région (1942-1944), Aix-en-Provence, thèse d’histoire, Université d’Aix-Marseille, 2013.

Guillaume Vieira, François Heilbron, Jean-Marie Guillon

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