Né le 7 mai 1911 à Nieuil-L’Espoir (Vienne), exécuté sommairement le 1er septembre 1944 au camp de Natzweiler-Struthof, à Natzweiler (Bas-Rhin) ; ébéniste ; résistant réseau SR Alliance.

Charles Boileau était le fils de Charles Alexandre, cultivateur et de Valentine Adrienne Rouillon. Il fut adopté par la nation par jugement du tribunal civil de Poitiers le 13 juin 1918. Il se maria le 4 juillet 1931 à Cenon (Gironde) avec Yvonne Catherine Marty dont il eut deux enfants, Michel et Gérard. Il exerçait la profession d’artisan ébéniste.
Prisonnier de guerre évadé, il intégra sous le pseudonyme d’Épinoche, le réseau de renseignements militaires Alliance en octobre 1942 dans la région Sud-Ouest ("Hangar") et fut agent de renseignement du secteur Bordeaux-La Rochelle. Il fabriqua des fausses cartes d’identité, fournit des renseignements importants sur les installations maritimes ennemies dans la région bordelaise et abrita à son domicile des postes d’émission et des réunions clandestines. Arrêté le 8 décembre 1943 dans son atelier, 97 rue Baudry-Lacantinerie, à Bordeaux, il fut dans un premier temps interné au fort du Hâ puis transféré à Compiègne le 18 janvier 1944 et déporté à Buchenwald par un convoi parti de Compiègne le 27 janvier 1944. Immatriculé à Buchenwald sous le numéro 44248 le 27 février 1944, il fut transféré au camp de Schirmeck (Bas-Rhin) le 15 mars 1944 pour être regroupé avec ses camarades du réseau Alliance et enfermé au block 10 avec les autres hommes du réseau. Le dossier d’accusation d’espionnage au profit d’une puissance ennemie instruit le 3 mai 1944 dans une affaire concernant également André Joriot, Martin Sabarots, André Soussotte, Pierre Audevie, Maurice Duprat, Jean Durand et Pierre Koenigswerter fut transmis au Tribunal de guerre du Reich qui y apposa les tampons « secret » et « affaire concernant des détenus » ainsi que la mention « NN » (Nacht und Nebel-Nuit et Brouillard). Le 10 septembre 1944 les accusés furent remis à disposition de la Gestapo de Strasbourg mais devant l’avance alliée, les 106 membres du réseau Alliance détenus à Schirmeck, dont Charles Boileau, avaient déjà été sur ordre du Haut commandement de la Wehrmacht (OKW) à Berlin, transférés en camionnette par fournées de 12 vers le camp de concentration du Struthof, où ils furent dans la nuit du 1er au 2 septembre 1944, abattus d’une balle dans la nuque dans la salle d’exécution puis incinérés dans le four crématoire du camp.
Charles Boileau fut homologué comme agent P2 des FFC (Forces françaises combattantes) et chargé de mission de 3e classe de la DGER (Direction générale des études et recherches) avec le grade de sous-lieutenant.
Il reçut à titre posthume une citation à l’ordre de l’Armée comprenant l’attribution de la Croix de guerre avec palme le 27 novembre 1945.
Il obtint la mention "Mort pour la France" le 10 février 1948, le titre de "Déporté Résistant" le 18 août 1953 et la mention "Mort en déportation" par arrêté du 7 avril 2009.
Son nom figure sur le monument aux morts de Nieul-l’Espoir, sur la plaque commémorative de la base sous-marine, à Bordeaux (Gironde) et sur la plaque commémorative du réseau S.R. Alliance au camp de concentration du Struthof, à Natzweiler.
Sources

SOURCES : Dossier DAVCC Caen.— État civil — MémorialGenWeb. — Wikipédia "Réseau Alliance" et "camp de concentration de Natzweiler-Struthof" — Marie-Madeleine Fourcade, L’Arche de Noé, Éd. Fayard 1968 — Charles Gerhards "Tribunal militaire du IIIe Reich, éd. du Cherche Midi 2014".— "Mémorial Alliance 1948 — Fondation pour la mémoire de la déportation.

Jean-Louis Ponnavoy, Michel Thébault

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