Né le 30 mai 1920 à Paris (XVIe arr.), suicidé le 17 juin 1944 à Lyon (Rhône) ; polytechnicien ; résistant responsable de la propagande du mouvement Combat.

Fils d’Alfred Bollier, négociant, et de Pearl Pauline Gribinski, sans profession, André Bollier fit ses études au collège d’Arsonval de Saint-Maur- des -Fossés (Seine, Val-de-Marne) puis au lycée Janson-de-Sailly à Paris XVIe. Reçu second à l’École normale supérieure et sixième à l’École polytechnique en 1938, il choisit d’intégrer cette dernière. Mobilisé comme sous-lieutenant d’artillerie en septembre 1939, il fut envoyé à l’École d’application d’artillerie à Fontainebleau (Seine-et-Marne). A sa sortie, en février 1940, il fut affecté en Alsace au 68e régiment d’artillerie. Le 21 juin 1940, alors qu’il accomplissait une liaison à motocyclette, à son retour il fut encerclé par des soldats allemands sur lesquels il ouvrit le feu. Grièvement blessé, sauvé par un médecin allemand, il fut libéré en qualité de grand blessé en novembre 1940.
Revenu dans la région de Lyon, André Bollier réintégra l’École polytechnique pour achever sa deuxième année. Au printemps 1941, il participa à la distribution du journal clandestin Les Petites Ailes. Sorti 4e de l’X, il entra comme ingénieur au service des Études et recherches des Câbles de Lyon. Il se maria le 7 avril 1942 à Hyères (Var) avec Noële Paule Benoit, ingénieur. Parallèlement, il choisit de se consacrer à la résistance au sein du mouvement Combat d’Henri Fresnay. Sous le pseudonyme de Lefranc, il fut chargé de l’organisation de la propagande du journal Combat et fournissait aussi des faux-papiers. Il participa à l’organisation réussie de Berthie Albrecht de l’hôpital de Bron le 23 décembre 1942. Arrêté par les gendarmes, il s’échappa et entra dans la clandestinité. Sous le pseudonyme de Carton puis de Vélin, il devint en janvier 1943, le chef national de la propagande de Combat.Il installa dans une maison isolée à une quarantaine de kilomètres de Lyon, une imprimerie clandestine dirigée par Martinet. En mai 1943, la Gestapo la détruisit,aussi l’été suivant, il remonta une machine venue de Grenoble, dans un local 33 rue Viala à Lyon, officiellement Bureau de recherches géodésiques et géophysique. C’est sur cette machine que furent imprimés au début de l’année 1944, de très nombreux journaux et tracts pour plusieurs mouvements de résistance de la France entière.
Arrêté le 8 mars 1944 à Lyon par la Gestapo interrogé puis interné au Fort-Montluc à Lyon, malgré les tortures répétées, les Allemands ne parvinrent pas à l’identifier.
Menacé d’exécution, il fit semblant de vouloir coopérer, et réussit le 2 mai 1944, à s’évader de l’École de santé militaire de Lyon. Mais le 17 juin, il fut surpris dans son imprimerie assiégée par la Gestapo et plusieurs dizaines de miliciens. Après avoir combattu aux côtés de ses camarades, blessé par balle dans la rue, il se tira une balle dans le cœur pour ne pas être pris vivant.
Inhumé sous le nom de André Robert Prestre ( né à Neuilly-sur-Seine le 31 mars 1911 et domicilié rue des Halles Paris (XVarr.) au cimetière de la Guillotière à Lyon, André Bollier fut ensuite réinhumé au cimetière militaire de La Doua (Rhône).
Reconnu Mort pour la France le 5 avril 1945, plusieurs décorations lui furent attribuées : chevalier de la Légion d’honneur, Compagnon de la Libération (20 janvier 1946), Croix de guerre 1945 et Médaille de la Résistance avec rosette.
Son nom est inscrit sur la plaque commémorative aux fusillés et déportés à la mairie de Saint-Maur-des-Fossés, sur celle de l’École polytechnique à Paris (Varr.) et à la Nécropole nationale de La Doua à Villeurbanne.La rue longeant le lycée d’Arsonval de Saint-Maur porte son nom.
Sources

SOURCES : Vladimir Trouplin Dictionnaire des Compagnons de la Libération Elytis, Bordeaux 2010. — MemorialGenweb. — État civil en ligne cote 2E3071, vue 127 et état civil.

Annie Pennetier, Françoise Strauss

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