Né le 7 janvier 1903 à Paris (XVe arr.), exécuté sommairement le 23 août 1944 à Chenoise (Seine-et-Marne) ; officier des pompiers de Rouen durant l’occupation et les bombardements, mieux connu sous le nom de Lieutenant Aubert ; son compagnon, Bernard Vanier fut exécuté avec lui ; résistant dans l’Armée secrète (AS).

Le Lieutenant Roger Aubert (photo Rouen, Guy Pessiot)
Après avoir débuté dans le corps des Sapeurs-Pompiers de la Ville de Paris, puis à Versailles, le lieutenant Aubert fut nommé à Rouen le 15 mai 1941. En tant que soldat du feu, il eut une conduite héroïque lors des bombardements qui ravagèrent la ville de Rouen notamment le 19 avril 1944 (345 bombes alliées de 250 à 300 Kg). Mais là n’était pas sa seule responsabilité. Résistant, membre d’un réseau de renseignement, il parcourait la campagne du pays de Caux à vélo et faisait parvenir aux Alliés d’importantes informations sur les installations de lancement des missiles V1. Son poste émetteur lui permit de renseigner à plusieurs reprises les Alliés sur des lieux de lancement, renseignements suivis du bombardements des rampes de lancement et des stocks de missilles par la RAF. La commune de Montigny (Seine-Inférieure, Maritime), qui comportait une base de V1, échappa à une destruction totale, grâce à l’intervention en direction de Londres et aux recommandations du lieutenant Aubert afin de ne pas bombarder deux rampes proches du village.
Roger Aubert appartenait au réseau Claude François et était depuis mars 1943 recruté dans l’Armée secrète avec le grade de lieutenant au service des renseignements militaires, (Deuxième Bureau).
Au début août 1944, le lieutenant Aubert, surprit tout le monde en donnant sa démission au maire de Rouen. Ses chefs clandestins venaient de lui confier la mission de se rendre à Nancy pour remplacer un responsable de son réseau qui venait d’être arrêté. Roger Aubert et son camarade Bernard Vanier tentaient de gagner Nancy à bicyclette le 23 août 1944 quand ils furent surpris par une patrouille allemande à Chenoise près de Provins (Seine-et-Marne) et fusillés sur place. Une des remorques de leurs vélos contenait un poste émetteur.
Extrait de la citation accompagnant sa promotion dans l’ordre de la Légion d’Honneur à titre posthume : Appelé à créer et diriger un nouveau réseau à Nancy, a été pris à Chenoise le 29 août 1944 au moment où il passait les lignes ennemies ; il a été fusillé le même jour après un pénible interrogatoire sans avoir prononcé une seule parole compromettant l’avenir de sa mission et de ses camarades ; est tombé en héros en criant « Vive la France ».
En février 1945, le conseil municipal de Montigny décida de donner à la principale artère du village le nom de" rue du Lieutenant Aubert", en reconnaissance du service rendu à la commune de Montigny par Roger Aubert pendant l’Occupation.
Une place de Rouen située à l’angle des rues Damiette et d’Amiens a pris le nom de place du Lieutenant Aubert. On l’inaugura le13 juillet 1946.
Sources

SOURCES : Hommage aux fusillés et aux massacrés de la Résistance en Seine Maritime. 1940-1944, édité par l’Association Départementale des familles de fusillés de la Résistance de Seine-Maritime (1992), éditions EDIP. Saint-Étienne-du-Rouvray. — Dossier individuel Roger Aubert, Anciens combattants de la Résistance DAVCC Caen. — Article de Christian Poissant dans les Cahiers de Sylveison (mars 2002) Canton de ND de Bondeville (Seine-Maritime).

Jean-Paul Nicolas

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