Le 28 mai 1944, une embuscade tendue par un détachement du Premier Régiment de France à un groupe de maquisards de l’Armée Secrète rentrant de la réception d’un parachutage d’armes dans l’Indre entraîna la mort de sept résistants. Un huitième extérieur au groupe arrêté sur place fut fusillé à Limoges le 23 juin.

Le 28 mai 1944, une embuscade tendue par un détachement du Premier Régiment de France à un groupe de maquisards de l’Armée Secrète rentrant de la réception d’un parachutage d’armes dans l’Indre entraîna la mort de sept résistants. Un huitième extérieur au groupe arrêté sur place fut fusillé à Limoges le 23 juin.
1. Les évènements.
A partir de l’automne – hiver 1943, sous l’influence d’Alfred Maldant de Fresselines (Creuse), chef de secteur de l’Armée Secrète (AS) pour la région nord de la Creuse, se mirent en place des maquis attirant en particulier des réfractaires au STO. Ils formèrent le bataillon Anne composé de plusieurs compagnies. Le 27 mai 1944, 23 maquisards de la compagnie Louis Herry, 1° compagnie franche de l’AS (armée secrète) de la Creuse, partis de la région de Bourganeuf (communes de Soubrebost et de Royère de Vassivière), se rendirent en convoi dans l’Indre à Belâbre, pour réceptionner un parachutage nocturne. Ils passèrent à Saint Sébastien (Creuse) au lieu-dit Vaussujean devant le poste de garde d’un détachement du Premier régiment de France, établi là pour la surveillance de la voie ferrée Paris – Toulouse. Après leur passage un collaborateur du village, de son état négociant en porcs, vint prévenir le chef de poste, le lieutenant Bonioli, qu’il s’agissait de maquisards. Le lieutenant fit alors installer une arme lourde (mitrailleuse) dans le grenier du poste de manière à battre la route et les fossés et donna l’ordre d’intercepter le convoi lors d’un nouveau passage. Le lendemain 28 mai, à 9 h 35, alors que le convoi chargé d’armes et de ravitaillement, s’attendait à passer sans obstacle comme la veille, il fut arrêté et pris sous le feu du détachement. Le rapport postérieur des militaires prétendit que le poste de garde s’était senti menacé ; les récits des résistants laissent à penser que le poste a ouvert immédiatement le feu, suivi de l’arme lourde disposée en surplomb, sur les véhicules et sur les hommes qui tentaient de s’en échapper et de se cacher dans les fossés et haies environnantes. Sept hommes furent tués, les survivants parfois blessés tentèrent de s’échapper mais les poursuites engagées par les militaires aboutirent à l’arrestation de deux maquisards. Dans le même temps le lieutenant Bonioli fit procéder à l’arrestation d’un résistant important, Victor Renaud (déjà dénoncé la veille par le même collaborateur), et qui était venu se plaindre au lieutenant de son attitude. Le lieutenant fit saisir les armes parachutées la veille ainsi que la forte somme d’argent envoyée par Londres ; il laissa ses hommes dépouiller les morts et livra les prisonniers dans les heures qui suivirent à la Milice qui avait établi une antenne provisoire à la Souterraine (Creuse). Conduit à Limoges et torturé, Victor Renaud fut fusillé le 23 juin après un procès sommaire conduit par une cour martiale du régime de Vichy.
Les victimes.
ALIX Henri, Jean Pierre
BAJOLET André
BARRAT Paul
CLOTET Modeste ou Modesto Cartells
GONZALES – FUENTES Martin
LECUIT Paul
MAURY Roger Armand
RENAUD Victor
2. La mémoire.
Une stèle a été érigée au lieu-dit Vaussujean et une plaque apposée sur la maison de Victor Renaud. Elles font encore chaque année à Saint Sébastien, le 28 mai, l’objet de manifestations commémoratives, où sont interprétés la Marseillaise et l’hymne espagnol en souvenir des deux républicains espagnols morts dans l’embuscade.
Sources

SOURCES : Jean Louis Laubry « Retour sur un épisode tragique de la guerre franco-française : la tragédie de Vaussujean (28 mai 1944) » ARSVHRC bulletin N° 41, février 2008 — Journal La Montagne. 09/06/14 « Le drame du 28 mai 1944 commémoré » — wikipedia.org/wiki/ Embuscade_de_Vaussujean — mémorial genweb —

Michel Thébault

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