Né le 20 mai 1890 à Labruyère (Oise), guillotiné le 7 décembre 1943 à Cologne (Allemagne) ; mécanicien garagiste ; résistant de Combat-zone Nord, réseau Hector

Fils d’instituteur, Georges Tainturier était sergent de réserve dans l’infanterie en 1914. Officier de dragons en 1918, Georges Tainturier fut blessé, à la tête de son peloton, en dirigeant l’attaque d’une mitrailleuse allemande. Il reçut la Croix de guerre et fut fait chevalier de la Légion d’honneur.
Après guerre, il s’illustra dans le domaine sportif comme membre de l’équipe de France d’épée, en devenant champion olympique par équipe à deux reprises, en 1924 à Paris et 1932 à Los Angeles, médaille d’or, et champion d’Europe en 1926 et champion de France individuel à l’épée en 1923.Cette année là, il fonda le cercle d’escrime de Compiègne (Oise).
Mécanicien, directeur du garage Saint-Jacques à Compiègne, il s’engagea dans la Résistance en novembre 1940, il était en contact avec Jean de Launoy de La Vérité française.Il participa au Bataillon de France dont il était le chef sur Compiègne. Agent P1 du réseau Hector à partir du 1er mai 1941, il devint agent P2 chargé de mission deuxième classe.
En janvier 1942, il accepta de prendre la direction du groupe de Compiègne (Oise), faisant partie de Combat, pour le compte de Tony Ricou, membre du comité directeur de Combat Zone Nord. Début février, la filiale de zone Nord du mouvement Combat fit l’objet,d’un vaste coup de filet (52 arrestations) qui provoqua le démantèlement de la majorité du réseau. La trahison de l’agent de liaison Henri Devillers,ainsi que celle d’un jeune agent retourné appelé Martin ou Noëman (Jacques Desoubrie) en était à l’origine.
Arrêté le 3 mars 1942, il fut emprisonné à Fresnes, puis déporté à la prison de Sarrebruck. Le 2e sénat du Volksgerichtshof le condamna à mort le 19 octobre 1943 dans l’affaire Continent parmi 23 condamnés à la peine capitale et 18 à des peines de réclusion s’échelonnant entre deux et dix ans de réclusion et dont la plupart moururent en camp.
Le tribunal composé d’officiers de la Wehrmacht, de la Luftwaffe et de la Hitlerjugend rendit hommage au patriotisme de ces hommes et femmes. Tony Ricou déclara : « Au moment où vous demandez ma tête je tiens à vous dire que je n’ai aucune haine contre l’Allemagne. J’étais avant la guerre pour une entente tout au moins économique, avec elle. Mais en ce moment mon pays est en guerre et je me devais d’avoir une autre attitude. N’est-ce pas votre grand Schiller qui a dit "avant la vie il y a l’honneur ?" ».
Il fut guillotiné à la prison de Cologne le 7 décembre 1943, avec Louis Durand, Michel Edvire, Gualbert Flandrin, Alexandre Gandouin, Gabriel Clara, Christian Héraude, Robert Héraude, Abel Laville, Adrien Thomas et Auguste Vandendriessche.
Charles Le Gualès de la Villeneuve, Paul Dussauze, André Noël, Tony Ricou ont été guillotinés le 7 janvier 1944.
Sources

SOURCES : Archives départementales de l’Oise . — Archives de la famille Tainturier. — Henri Noguères : Histoire de la Résistance en France, Paris, Robert Laffont, 1972 tome 2, p. 335-339 ; tome 4, p. 91

Jean-Pierre Besse, Annie Pennetier

Version imprimable