Né le 17 septembre 1900 à Strasbourg (Bas-Rhin) , mort sous la torture le 4 janvier 1944 à Limoges (Haute-Vienne) ; médecin ; résistant au sein des Mouvements unis de Résistance (MUR) et de l’Armée secrète (AS).

Fils d’un pasteur protestant de Westhoffen, près de Strasbourg, Victor Nessmann, et de Jeanne Frick, il fit ses études au Gymnasium protestant de Strasbourg. Mobilisé dans l’armée allemande en 1918, il déserta le 28 juin 1919 (jour de la signature du Traité de Versailles). Il fut aussitôt réintégré de plein droit dans la nationalité française et entreprit à Strasbourg des études de médecine. Protestant pratiquant, il partit en 1924 pour 18 mois auprès d’Albert Schweitzer, dans son hôpital de brousse de Lambaréné (Gabon) ; premier médecin à rejoindre l’équipe, il en devint le premier assistant. Rentré en France en 1926, il acheva ses études de médecine à la faculté de médecine de Strasbourg, soutenant en 1927 sa thèse sur « Les voies d’accès aux carrières médicales coloniales ». Il compléta sa formation par un diplôme de médecine coloniale à Paris, puis se spécialisa dans différents hôpitaux de France et de l’étranger dans le domaine de la chirurgie. Il s’installa à Strasbourg en 1932, exerçant dans le secteur libéral.
Mobilisé comme médecin-capitaine à Sarrebourg, il quitte la ville le 16 juin 1940, poursuivant sa mission médicale à Dijon puis à Moulins. A l’armistice, il fut nommé à la direction de quatre antennes médicales à Périgueux (Dordogne). Il retrouva son épouse Georgette Walther et ses quatre enfants qui avaient fui l’Alsace et le rejoignirent le 4 juillet 1940. Démobilisé, il s’installa avec eux à Sarlat (Dordogne) où il réforma l’hôpital, modernisant en particulier l’antenne chirurgicale.
Acquis dès 1940 à l’idée de résistance, il entra très tôt en contact avec les premiers résistants et en particulier avec Edmond Michelet. Il fut l’un des premiers organisateurs de la résistance dans le Sarladais (mouvement Combat puis MUR). En 1942, il prit la direction de l’AS du secteur du Sarladais, sous le pseudonyme de « Noret », coordonnant en particulier les liaisons départementales. Dans le même temps sa famille s’agrandit de deux enfants supplémentaires.
En 1943, l’action des forces de répression et de la SIPO-SD se renforça et la région fut touchée par deux grandes vagues d’arrestation au printemps et à la fin de l’automne. Victor Nessmann fut repéré et arrêté par la SIPO-SD le 21 décembre 1943, dans son cabinet, en pleine consultation médicale. Conduit dans un premier temps à Bergerac (Dordogne), il fut transféré à Limoges (Haute-Vienne) pour y être interrogé. Il mourut sous la torture le 4 janvier 1944.
Déclaré « Mort pour la France », croix de guerre 1939 – 1945, il reçut à titre posthume la médaille de la Résistance et fut fait chevalier de la Légion d’honneur. Son nom fut donné à une rue de Strasbourg, une place de Westhoffen (Bas-Rhin) où son père était pasteur, et à un boulevard de Sarlat.
Son nom figure sur le monument commémoratif 1939 – 1945 de Sarlat-la-Canéda, sur le monument aux morts de Westhoffen, ainsi que sur une plaque de la Faculté de médecine de Paris-Descartes (Seine).
Sources

SOURCES : Laurent Cardonnet, thèse pour le doctorat de médecine, Paris Descartes, 2010, Contribution à l’étude des étudiants de médecine et des médecins Morts pour la France pendant la seconde guerre mondiale. — Sites internet : Société de l’Histoire du Protestantisme dans la Vallée de la Dordogne ; AJPN ; Réfugiés Alsace – Moselle.— Mémorial Genweb.— État civil Limoges (acte 30 bis, registre des décès 1944).

Michel Thébault

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