Le 14 août 1944, sur la commune de Prémilhat (Allier) au lieu-dit la « carrière des Grises », les troupes allemandes procédèrent à l’exécution par fusillade de 42 civils, extraits le matin même vers 5 h. du matin de la caserne Richemont à Montluçon (Allier) où ils étaient détenus.

Les exécutions furent vraisemblablement décidées par les autorités allemandes de Montluçon, en représailles aux multiples attentats et actes de sabotages accomplis dans le secteur de Montluçon dans les premiers jours d’août 1944 et en particulier, l’attaque le 12 août 1944 sur la commune de Doyet (Allier) à quelques kilomètres à l’est de Montluçon d’un convoi allemand. Ce jour-là, en effet, le corps franc Bonnet-Large des MUR avait tendu une embuscade entre Doyet et Bézenet à un convoi de ravitaillement de l’armée allemande (transport d’essence) escorté par la 13ème compagnie du 192ème régiment de Sécurité. Cette attaque entraîna la mort de plusieurs soldats allemands (entre 15 et 20) et d’un officier. Il semble que ce sont les officiers de cette compagnie qui obtinrent des autorités militaires de Montluçon, une opération de représailles.
Au matin du 14 août 1944, 42 personnes, incarcérées pour des raisons diverses (résistants, civils arrêtés lors de rafles, otages) à la caserne Richemont furent conduits en camion sur la route de Quinssaines jusqu’au lieu-dit Les Grises, carrière servant de terrain d’exercice militaire, sur la commune de Prémilhat (Allier). Une fosse avait été creusée l’avant-veille confirmant la préméditation de l’exécution. D’après les témoignages et constatations faites à l’époque, ils furent amenés au bord de la fosse en cinq groupes successifs et abattus par derrière entre 6 h 20 et 7 h. du matin. Les corps tombèrent dans la fosse creusée à l’avance et furent couverts de chaux vive. Un agriculteur, proche témoin prévint aussitôt le maire de Prémilhat, qui en avertit à son tour le sous-préfet de Montluçon. Ce dernier obtint après plusieurs demandes auprès des autorités allemandes de pouvoir faire exhumer les corps pour leur donner une sépulture, ce qui fut fait l’après-midi même en présence des autorités judiciaires et policières pour l’identification des corps. Le lendemain, les victimes furent enterrées au cimetière de Prémilhat. Deux victimes restent à ce jour non identifiées.
Après la libération de Montluçon, une cérémonie à la mémoire des 42 otages fusillés fut organisée le 17 septembre 1944 à l’Hôtel de ville. Une stèle fut dressée sur le lieu des exécutions. Une rue de Montluçon reçut le nom de rue du 14 août 1944.
Liste des victimes : Auchatraire Charles, Audinat Jean Louis, Besson Roger, Binet Louis, Binet Pierre, Boussardon Emile, Charles Joseph, Chartier Georges, Château Auguste, Chirol Albert, Damour René, Degasne Raymond, Drouilly Philippe , Ducouret André, Dumas Paul, Durand André, Gabay Claude, Gaulons Jean, Giraud Albert, Harand Roland, Kubiak Jean, Lafontaine Jean, Lamoureux André, Lachassagne Charles, Mathé Jean, Mazaud Jean, Meunier Eugène, Micheau Jehan, Monteil Aimé, Parraud Armand, Renaud Marcel, Riquier Roger, Romanoff Pierre, Sauvat François, Saviot Auguste, Sericola Antonio, Servant Georges, Tantot Roger, Thébaut Jean, Weill Paul.
Sources

SOURCES : Armand Gourbeix et Louis Micheau Montluçon sous la botte allemande 1945 — André Touret Montluçon 1940-1944 : la mémoire retrouvée 2001 et interview au journal La Montagne 13 août 2013 — Mémorial genweb, stèle commémorative de Prémilhat (Allier) relevé 20907.

Michel Thébault

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