Né le 10 juin 1899 à Vergt (Dordogne), fusillé après condamnation à mort le 30 janvier 1945 à Sonnenburg (Prusse-Orientale, Pologne) ; officier supérieur ; résistant SR Alliance.

Léon Faye était le fils de Jean, gendarme et de Marie Bourdarias. Il divorça le 3 juin 1942 de Simone Wygaerts avec laquelle il s’était marié à Paris XVIIIe arr. le 2 juin 1934.
Le 10 juin 1916, Léon Faye s’engagea comme canonnier de seconde classe le jour de ses 17 ans, pour la durée de la guerre. À partir de janvier 1917, il a suivi les enseignements d’une école d’officiers à Fontainebleau.
Il termina la guerre comme sous-lieutenant, titulaire de 21 mois de combats, à l’âge de 19 ans et demi. Lieutenant en octobre 1922, il fut affecté au Corps d’occupation français de Constantinople puis en 1923, aux troupes d’occupation du Maroc, où il restera jusqu’en septembre 1933. Il fut fait chevalier de la Légion d’honneur en décembre 1926, à l’âge de 27 ans
Le 28 février 1925, il fut détaché dans l’aviation et obtint le Brevet d’observateur d’artillerie. Il fut affecté à l’aéronautique militaire par décret du 16 octobre 1929.
De 1930 à 1934, il commanda les 3e et 6e escadrilles du 37e régiment d’aviation et fut muté à l’état major de l’armée de l’Air de 1934 à 1937. Il fut ensuite admis à l’École supérieure de guerre aérienne en 1937.
Le 21 janvier 1939, il fut promu commandant et sortit major de sa promotion et breveté d’état-major en juillet et enseigna au Centre des hautes études militaires, à Paris. À la déclaration de guerre, il dirigeait le détachement opérationnel de la région de Nancy.
En mars 1940, il fut mis à la tête du groupe de reconnaissance aérienne GR I/52, qu’il commanda jusqu’à l’armistice. En septembre 1940, il fut affecté à l’état-major du commandement de l’Air en Algérie.
Il rencontra Marie-Madeleine Méric (Fourcade) en janvier 1941 à Vichy et entra alors au réseau de renseignements militaires dépendant de l’Intelligence Service et dirigé par Georges Loustaunau-Lacau Il fut arrêté une première fois par la police de Vichy, à Alger le 22 mai 1941 en compagnie de Georges Loustaunau-Lacau, pour avoir participé à une réunion d’officiers favorables au retour immédiat de l’AFN dans la guerre, puis relâché au bout de deux jours et de nouveau arrêté peu après et traduit le 15 octobre devant le tribunal militaire de Clermont-Ferrand qui le condamna à 5 mois de prison pour « atteinte à la sûreté de l’État en temps de guerre ». Il en devint le chef militaire en mai 1942 avec le pseudonyme d’"Aigle". Il développa le réseau en Afrique du Nord. C’est ainsi qu’il put organiser le transfert du général Giraud vers Gibraltar puis Alger, par un sous-marin britannique, depuis la côte varoise, dans la nuit du 5 au 6 novembre 1942. Il fut arrêté par les services allemands de la radiogoniométrie, à Marseille le 7 novembre 1942. Incarcéré à Vichy, à Castres puis à la prison de Vals-les-Bains, il réussit à s’évader et retourna ensuite à Alger où il eut une entrevue avec le général Giraud en février 1943 et à Londres où il rencontra le général de Gaulle. Il fut de nouveau arrêté par la police vichyste à Lyon le 18 mai 1943, et s’évada une nouvelle fois.
Au retour d’une troisième mission en Angleterre, le commandant Faye fut arrêté pour la quatrième fois, en gare d’Aulnay-sous-Bois par le SD allemand le 16 septembre 1943 sur dénonciation d’un infiltré dans le réseau Alliance, Jean-Paul Lien. Détenu à l’Abwehrstelle (AST), le service de renseignement de la Wehrmacht, 82 avenue Foch, à Paris, il tenta encore une fois une évasion mais cette fois-ci il échoua. Léon Faye fut déporté en Allemagne le 16 décembre 1943 bien que la Gestapo lui eut promis qu’il serait traité en prisonnier de guerre, comme tous les membres d’Alliance, puisque ce réseau était devenu SR de l’armée d’Afrique revenue dans la guerre. Il fut emprisonné à la forteresse de Bruchsal (Bade-Wurtemberg). Jugé par le tribunal militaire de Freiburg-im-Breisgau du 26 au 28 juin 1944, il fut condamné à mort.
Léon Faye fut ensuite transféré à la prison de Schwäbisch Hall (Bade-Wurtemberg) le 6 septembre puis au pénitencier de Sonnenburg (Prusse-Occidentale) le 3 janvier 1945. A l’approche des troupes soviétiques, les 823 détenus de Sonnenburg dont Léon Faye furent abattus à la mitraillette par groupes de 10, dans la nuit du 30 au 31 janvier 1945 par un kommando de 20 SS et leurs corps furent ensuite incinérés au lance-flammes. Le 1er février des unités de la VIIIe armée soviétique découvrirent le massacre. Léon Faye fut enterré au cimetière de Sonnenburg, aujourd’hui Slonsk (Pologne).
Léon Faye était titulaire de la Croix de guerre 1914-1918 et commandeur de la Légion d’honneur. Il fut décoré de la « Distinguished Flying Cross » (DFC). Il fut homologué comme chef de mission de 1ère classe de la DGER correspondant à son grade de lieutenant-colonel
Il obtint la mention "Mort pour la France" le 18 mars 1949 et "Mort en déportation" par arrêté du 17 octobre 1969.
Sa mémoire est honorée sur les plaques commémoratives de Vergt, de la mairie du VIIe arrondissement de Paris, ainsi que sur le monument aux morts de La Ménitré, sur celui des enfants de troupes à Clavières (Cantal) et sur le Mémorial du réseau Alliance à Paris Ier arrondissement. Une rue d’Angers et une rue d’Écouflant (Maine-et-Loire) ainsi qu’une place de La Ménitré (Maine-et-Loire) portent le nom de Colonel Léon-Faye.
Sources

SOURCES : AVCC Caen dossier P 449047 .— Marie-Madeleine Fourcade "L’Arche de ¨Noé" Fayard 1968.— Auguste Gerhards "Tribunal de guerre du 3e Reich", Archives historiques de l’armée tchèque, à Prague, Le Cherche Midi, 2014".— Mémorial de l’Alliance, 1948.— Sites Internet ,"Le réseau Alliance-les amitiés de la Résistance".— François Marcot (dir), Dictionnaire historique de la Résistance, Robert Laffont, 2006 . — Wikipédia "Réseau Alliance" et "biographie du colonel Faye.— Icare (1994, 4ème trim., Lucien Robineau) "Hommage à Léon Faye" n° 148, p. 18-26.— État civil.

Jean-Louis Ponnavoy, François Romon

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