Né le 22 juillet 1915 à Roubaix (Nord), fusillé sommaire le 17 août 1944 à Sainte-Radegonde (Aveyron) ; ingénieur ; domicilié à Saint-Affrique (Aveyron) ; résistant de l’Aveyron ; membre du directoire départemental des MUR.

Edmond Devillers était le fils d’Edmond, Alexandre, Henri et d’Aline, Victoire, Barbe Marchand. En 1944, il vivait en concubinage rue du général de Castelnau à Saint-Affrique avec Simone Descomps. Il avait eu d’elle un fils. Celui-ci prénommé Claude, Raymond, Glbert naquit à Saint-Affrique le 19 juillet 1944 et fut reconnu par son père le même jour. Sa mère ne le reconnut que le 11 août. Le dossier de l’AVCC (Caen) évoque un fils âgé de six mois en août 1944 et qu’il avait reconnu. Il y a sans doute erreur sur la date de naissance. Claude Devillers était domicilié en 1962, 22 boulevard Beaumarchais à Paris (XIe arrondissement). En 1944, les parents d’Edmond Devillers étaient domiciliés à Vallandry, par Chef (Maine-et-Loire).
Edmond Devillers, ingénieur, travaillait pour la société électrique Sorgues-et-Tarn qui avait son siège à Saint-Affrique (Aveyron). Avant la guerre, il fut un animateur de la vie sportive de Saint-Affrique.
Il s’engagea dans la Résistance et était, en 1944, membre du directoire départemental des MUR. Il s’était rendu, le 8 août 1944, avec son collègue Maurice Éthève aux obsèques de l’ingénieur Henri Thoumas fusillé sommaire par les Allemands trois jours plus tôt. Il fut arrêté le 8 août 1944 par un détachement des troupes d’occupation avec Devillers, à La Primaube, "pour papiers suspects trouvés en sa possession". Devillers et son collègue Éthève roulaient dans deux véhicules différents de la société Sorgues-et-Tarn. Le premier transportait Éthève et Schweitzer. Le second, piloté par Arnal, chauffeur de la société, transportait Devillers, et trois autres collègues, Artigala et Lacombe, chefs de service et Banet, ingénieur des TPE. Les deux automobiles étaient insérées au milieu d’un convoi des troupes d’occupation. Le premier véhicule avait déjà été stoppé et ses occupants, dont Éthève, fouillés. Le véhicule qui transportait Devillers fut à son tour arrêté. On trouva des papiers compromettants sur lui. Les deux véhicules et leurs passagers furent conduits à Rodez au cantonnement des troupes d’occupation au pensionnat Saint-Joseph, réquisitionné, où ils subirent un nouvel interrogatoire et une nouvelle fouille.Si Devillers et Éthève furent retenus, leurs collègues furent relâchés. Des dirigeants de la société Sorgues-et-Tarn parmi lesquels Phalip, chef de secteur à Rodez intervinrent en vain auprès de la Kommandantur, de la Sipo-SD et du chef du convoi qui avait procédé à leur arrestation à la Primaube.
Avec son collègue, Devillers fut incarcéré à la caserne Burloup, prison ruthénoise de la Sipo-SD. Le 17 août 1944 au soir, alors que les forces allemandes de Rodez étaient sur le point de se retirer, il fut fusillé avec d’autres résistants et/ou otages au champ de tir de Sainte-Radegonde.
Il fut inhumé au cimetière de Saint-Affrique dans le caveau de la famille Millau.
Son nom figure sur le monument aux morts de Saint-Affrique et sur le monument mausolée de Sainte-Radegonde. Un stade de Saint-Affrique porte son nom.
Il fut déclaré mort pour la France par ordonnance du 2 novembre 1945. Cette mention fut transcrite sur les états civils de Rodez et de Saint-Affrique, selon la procédure légale. Mais son père exigea que cela fût fait après la publication de cette ordonnance dont il ignorait l’existence. Devillers fut homologué lieutenant des FFI à titre posthume. Il fut classé "interné politique" le 8 novembre 1948.
Voir : Lieu d’exécution de Sainte-Radegonde (Aveyron) champ de tir
Sources

SOURCES : AVCC, Caen, dossier 21 P 443 545 communiqué par Delphine Leneveu. — Arch. com. Saint-Affrique, état civil, acte de naissance de Claude Devillers. — Christian Font & Henri Moizet, Maquis et combats en Aveyron. Opinion publique et résistance. Chronologie 1936-1944, Rodez & Toulouse, ONAC Aveyron, ANACR Aveyron, CRDP Midi-Pyrénées, 2e édition, 2001, 411 p. [p.346]. — Christian Font & Henri Moizet, Construire l’histoire de la résistance Aveyron 1944, Rodez & Toulouse, 1997, 344 p. [p. 228]. — Site Aveyron Résistance consulté le 26 février 2016. — Site MemorialGenWeb, consulté le 6 mars 2016. — Notes communiquées par Henri Moizet, 27 novembre 2018.

André Balent

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