Le 13 août 1944 une attaque conjointe de plusieurs maquis locaux contre le Haras de Champagné-Saint-Hilaire (Vienne), abritant une garnison allemande et un groupe de prisonniers français des troupes coloniales détenus, permit la libération des prisonniers mais échoua à reprendre le Haras. Les forces de la Résistance eurent 13 morts (morts au combat et exécutés sommaires).

Depuis 1911 existait sur la commune de Champagné-Saint-Hilaire (Vienne) un haras appartenant à Maurice de Rothschild, qui l’utilisait comme haras naisseur pour ses écuries de course. Dès l’été 1940, le lieu fut occupé par l’armée allemande qui y installa une garnison. Le haras devint à partir de l’automne 1941 un lieu de repos pour des compagnies retirées du front russe. Lorsque le Frontstalag 230 (camp de La Chauvinerie à Poitiers) ouvert le 20 juillet 1940 pour interner les prisonniers des troupes coloniales fut fermé en avril 1942, les prisonniers furent répartis dans des camps plus petits en fonction des besoins de l’armée d’occupation. Une vingtaine d’entre eux furent dirigés vers le Haras de Champagné-Saint-Hilaire au service des officiers et pour le soin des chevaux.
Fin juillet 1944, le commandement allemand ordonna l’évacuation des petites garnisons du sud du département de la Vienne et leur regroupement sur les grands axes de circulation. La préparation du retrait de la garnison installée au haras n’échappa pas à la Résistance. Plusieurs maquis (maquis D3 établi à Joussé, aidé des maquis d’Usson et de Charroux, le maquis Charles étant placé en protection vers l’ouest) furent regroupés pour mener l’attaque. Celle-ci se produisit à l’aube du dimanche 13 août 1944. Les prisonniers français des troupes coloniales, prévenus la veille, furent rapidement libérés (l’un d’eux Kamara Fako choisit de reprendre aussitôt le combat mais fut tué peu de temps après). La garnison allemande retranchée et bien armée résista à tous les assauts. Elle avait eu le temps de faire prévenir Poitiers de l’attaque. L’arrivée des renforts allemands obligea les maquis à abandonner le combat et à se replier. Les maquisards dénombrèrent 10 morts au combat. Le village de Champagné fut investi (à la demande du maire de Champagné, la plus grande partie de la population avait eu cependant le temps de s’enfuir). Le groupe scolaire et la mairie furent incendiés ainsi que des maisons, des servitudes et les installations du haras.
Le chef du maquis Charles, Georges Ponsonnet blessé et capturé à peu de distance du combat par les troupes arrivées en renfort, fut le soir même torturé et exécuté sommairement. Deux autres membres du maquis Charles furent également abattus sommairement alors qu’ils tentaient de s’approcher du bourg de Champagné pour renforcer les résistants.
Liste des victimes :
BUSSON Fernand mort au combat
DOUTEAU Louis mort au combat
FLORENTIN Jacques mort au combat
GODET Pierre mort au combat
KAMARA Fako mort au combat
MARIUS Georges mort au combat
MARTIN Pierre mort au combat
PIERRON exécuté sommaire
POLET Raymond mort au combat
PONSONNET Georges exécuté sommaire
ROBERT Armand grièvement blessé au combat, décédé le 14 août.
ROY Louis exécuté sommaire
SCHIMCHELEVITZ Fernand mort au combat
Un monument fut installé sur le lieu de l’affrontement pour commémorer la mémoire des résistants morts au combat. Cette stèle érigée en 1945 porte dix noms. Chaque année, les personnalités locales, les anciens maquisards, les habitants de Champagné viennent commémorer la mort des combattants.
Sources

SOURCES : Louis Vibrac. « Ce fut la guerre à Champagné-Saint-Hilaire ». Geste Editions 2012 — Notes Louis Vibrac — site VRID (Vienne-Résistance-Internement-Déportation). Durs combats aux haras de Champagné-Saint-Hilaire.

Michel Thébault

Version imprimable de cet article Version imprimable