Né le 24 avril 1903 à Ambrugeat (Corrèze), fusillé comme otage le 2 octobre 1943 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; enseignant ; militant socialiste corrézien et résistant ; compagnon de la Libération.

Né dans une famille d’agriculteurs, Martial Brigouleix fut élève au cours complémentaire de Meymac, puis il suivit les cours de l’École normale de Tulle en 1920. Élève officier de réserve en 1923, puis sous-lieutenant en 1924, affecté au 22e Tirailleurs à Verdun, il devient professeur de Français et d’Histoire-géographie à l’École militaire préparatoire technique de Tulle (Corrèze) en novembre 1924.
Militant socialiste et membre de la Ligue des droits de l’Homme, Martial Brigouleix créa, en mai 1929, avec R. Tintignac, la société qui fit paraître La Voix Corrézienne, organe officieux du mouvement socialiste de la Corrèze. Franc-Maçon, ayant la double appartenance au GODF et à la GLDF il fut admis à la loge de Tulle « L’Intime Fraternité ». Il était profondément pacifiste. Mobilisé en 1939, il fit la guerre comme capitaine au 126e régiment d’infanterie et participa aux opérations militaires en Alsace puis, en mai 1940, dans l’Aisne. Il ramena les survivants de sa compagnie jusqu’en Haute-Vienne, où il fut démobilisé comme capitaine en juillet 1940 et fut cité pour cela deux fois.
Martial Brigouleix reprit son poste à Tulle, mais fut révoqué de l’enseignement en 1941 comme maçon et pour son hostilité ouverte au régime de Vichy. La solidarité maçonnique joua, semble-t-il, en sa faveur : Bossavy, président-fondateur de la Chambre des métiers de Corrèze, obtint qu’il soit nommé secrétaire administratif de celle-ci. Il entra alors en résistance et son bureau, au 1er étage de la Banque populaire à Tulle devint un véritable PC clandestin de la Résistance. Il devint l’adjoint d’Edmond Michelet à Combat, puis fut chef départemental de l’AS, sous le pseudonyme de Beaudouin en 1942. La Milice demanda une première fois son arrestation au préfet qui refusa. Arrêté par la Gestapo, le 17 avril 1943, il fut interné à la prison de Limoges. Mis au secret pendant presque trois semaines, torturé, il ne parla pas et fut transféré le 26 mai au fort de Romainville. Le 27 septembre, un officier allemand étant abattu à Paris, cinquante otages furent fusillés en représailles le 2 octobre 1943. Il écrivit à sa famille (il était marié et père de deux enfants) une lettre contenant ces mots : « Quoiqu’il arrive, on ne doit avoir aucune inquiétude à mon sujet. Rien ne saurait m’abattre, ni même m’émouvoir... l’avenir est à nous dans une France libre. Conservez un moral à la hauteur du nôtre. Que la vie sera belle après... Vive la France ». Il a été fusillé au Mont-Valérien et inhumé au Carré militaire du cimetière de Bagneux dans les Hauts-de-Seine.
Chevalier de la Légion d’honneur, il fut fait compagnon de la Libération par décret du 19 octobre 1945. La ville de Tulle lui a consacré une place.
Sources

SOURCES : DAVCC, BVIII, dossier 6. – Site de l’Ordre de la Libération. – André Combes, La Franc-Maçonnerie sous l’Occupation, Paris, Éd. du Rocher, 2001, p. 250 et 252.

Gilles Morin

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