Né le 29 mars 1899 à Guéret (Creuse) , abattu sommairement le 8 février 1944 et décédé des suites de ses blessures le 12 février 1944 à l’hôpital de Guéret (Creuse) ; employé SNCF.

Il était le fils de Léonard Auclair, cultivateur au Maupuy, commune de Guéret et de Marie Aubaisle. Déclaré cultivateur lui-même lors de son recrutement militaire, il est incorporé au 16ème bataillon de chasseurs le 22 avril 1918, puis dans plusieurs autres bataillons de chasseurs successifs. Nommé caporal en juillet 1919, il terminera comme sergent sa période militaire. Ancien combattant de la première guerre mondiale, il participa aussi de 1919 à 1921 à l’occupation des pays rhénans. Démobilisé en mars 1921, il revint à Guéret où il fut recruté par la Compagnie des chemins de fer d’Orléans. Il se maria à Guéret le 29 avril 1924 avec Gabrielle Camille Fénéraud. Ils eurent cinq enfants. Homme d’équipe à Paris puis à Châteaumeillant (Cher), il fut affecté spécial au service de la SNCF lors de la campagne de 1939 – 1940. Il était en 1944 revenu à Guéret et devenu chef de train au service de l’exploitation SNCFde Guéret.
Fin décembre 1943, l’État-major allemand envoya en Creuse une unité militaire pour tenter d’écraser les maquis en plein développement dans le secteur de La Souterraine. Il fut fait appel au 5ème bataillon de la Légion géorgienne, 799ème bataillon de la Wehrmacht (unité formée de géorgiens émigrés et de prisonniers de guerre) basée à Périgueux (Dordogne) depuis l’automne 1943. Cantonnés à Grand Bourg (Creuse) du 28 décembre 1943 au 30 janvier 1944, ils revinrent alors à Guéret, cantonnés à Cher du Prat dans les locaux de l’usine Rotor. Le 8 février 1944, Louis Auclair fut abattu sommairement dans son jardin, au côté de son épouse par un soldat de la légion géorgienne. Atteint d’une balle dans la tête, il décéda le 12 février 1944 à 3 h 30 à l’hôpital de Guéret des suites de ses blessures. Le témoignage de son épouse recueilli en 1945 lors d’une enquête du commissaire de police de Guéret (dossier DAVCC) donne une description des circonstances du décès : « Le 8 février vers 20 h. j’ai fait part à mon mari de mon intention d’aller chercher le linge qui se trouvait étendu dehors, à quelques mètres de notre habitation. Il proposa de m’accompagner et nous sortîmes. Presque aussitôt, de nombreux coups de feu claquèrent et mon mari s’écroula. Affolée, je me mis à appeler au secours. De nombreux allemands nous entourèrent et transportèrent le corps dans notre habitation… des voisins qui se trouvaient là proposèrent d’aller chercher un médecin. Les Allemands s’y opposèrent et se chargèrent de ce soin eux-mêmes. Quelques instants après, le docteur Bretelle de Guéret ordonnait le transport immédiat de mon mari à l’hôpital où il devait décéder le 12 février. Il paraîtrait que le village de Maindigour aurait été cerné par représailles ou pour rechercher des maquisards à la suite de l’assassinat d’un officier allemand le même soir ». Ce dernier point est confirmé par le docteur Bretelle qui avait pu s’entretenir avec l’officier allemand qui commandait l’opération, lors d’une enquête réalisée par la gendarmerie en novembre 1946 (dossier DAVCC) : « A mon avis, Mr. Auclair mort des suites de blessure de guerre, est mort pour la France puis que d’après les dires des allemands responsables de cette mort, ils cherchaient des terroristes (résistants) à Maindigour et dans leur esprit, Mr. Auclait était qualifié comme tel ».
Louis Auclair fut inhumé au cimetière de Sainte-Feyre (Creuse). Il fut déclaré Mort pour la France par une lettre du secrétariat général des Anciens combattants en date du 27 décembre 1946. Son nom figure sur le monument aux morts de Guéret (sous le nom d’Auclair Louis), ainsi que sur la plaque commémorative SNCF dans le hall voyageur de la gare de Guéret (sous le nom d’Auclair Jean Louis) et sur le mémorial de la Résistance creusoise à Guéret (Auclair JL). Une rue de Guéret porte son nom depuis une délibération municipale du 24 septembre 1965 avec comme justification « tué par les Allemands ».
Sources

SOURCES : Arch. Dép. Creuse (état-civil ; registre matricule) — Dossier DAVCC Caen — Notes Mr. Guy Avizou (Guéret) —Marc Parrotin Le temps du maquis Ed. Verso 1981 — Georges Coudry Soldats de Vlassov et détachements soviétiques en France (1943 – 1945) in Matériaux pour l’histoire de notre temps n°39-40, 1995 — Mémorial genweb. Référence n° : bp-784916.

Michel Thébault

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