Le 19 juillet 1944 au Pont de Murat, commune de Saint-Dizier-Leyrenne (Creuse), six militaires de l’école de la Garde de Guéret qui avaient rallié la Résistance furent fusillés sommairement par des éléments de la colonne Jesser.

L’école de la Garde créée par une décision du ministère de l’intérieur de Vichy le 29 octobre 1943, était la seule école militaire subsistante sous autorité française. Elle ouvrit ses portes le 24 novembre 1943, à la caserne des Augustines à Guéret (Creuse). Ayant pour mission la formation d’élèves officiers, d’élèves gradés et de gardes, ses effectifs totaux étaient à la veille du 6 juin 1944, d’environ 500 hommes, ce qui en faisait la seule force militaire d’importance du département de la Creuse. Le 7 juin 1944, Albert Fossey, alias François, chef départemental des FFI de la Creuse, dirigea la première libération de Guéret à la tête des maquis de la Creuse. Il obtint le ralliement à la Résistance de la majorité des effectifs de l’école. Les élèves-gardes participèrent à la libération de Guéret au côté des FFI. Le 9 juin, une opération allemande massive fut organisée, avec l’assaut en provenance de Montluçon de troupes de la Wehrmacht appuyée par l’aviation. Au sud et à l’est des éléments blindés et motorisés de la division Das Reich furent chargées de contrôler les routes et d’empêcher le repli des résistants. Au vu de la disproportion des forces, les chefs de la Résistance ordonnèrent le repli et la dispersion de leurs forces. L’école de la Garde se replia dans le secteur de Bourganeuf au sud-ouest de Guéret. Ayant subi une première attaque d’éléments de la division Das Reich le 11 juin 1944, elle se réorganisa ensuite constituant une série de maquis dans ce même secteur de Bourganeuf.
A la mi-juillet, des éléments de la brigade Jesser, une formation militaire allemande, composée d’éléments disparates de la Wehrmacht, des SS et de divers services de police, entra en Creuse en provenance des départements voisins du sud et de l’est pour organiser la répression contre les forces de la Résistance. Le 1er bataillon du régiment 1000 (commandant Vonalt) installa à Bourganeuf (Creuse) son PC opérationnel. A partir du 16 juillet, le commandement fit rayonner ses compagnies à partir de la ville avec l’objectif d’accrocher les groupes de maquisards pour les éliminer. Le mercredi 19 juillet au matin, des éléments de la colonne Jesser arrivèrent au lieu-dit le Pont de Murat (commune de Saint-Dizier-Leyrenne) et, parfaitement renseignés (disposant de cartes précises, localisant avec exactitude cinq cantonnements FFI), investirent plusieurs hameaux de la vallée du Thaurion. Ils cernèrent en particulier le mamelon où ils savaient que se trouvait l’un des cantonnements de l’école de La Garde. Cernés, les militaires furent sommés de se rendre, ce qu’ils firent sous la direction de leur officier, le colonel Robert Marty, sans avoir tiré un seul coup de feu. Rassemblés au Pont de Murat les captifs furent gardés tout l’après-midi. Le colonel Marty et deux gardes furent conduits à Bourganeuf et enfermés à la tour Zizim. Le garde Caron fut déporté à Dachau, le colonel Marty conduit à Clermont-Ferrand pour être interrogé y mourut sous la torture. Vers 20 h 30, les six autres gardes durent creuser une longue fosse avant d’être fusillés et enterrés sommairement. Les troupes allemandes interdisant l’accès, les corps ne furent découverts que le 4 août 1944.
Liste des victimes :
Ecole de La Garde : Henri Chavanel, Marius Etienne, Charles Heinrich, Armand Hilairet, Roger Lambert, Louis Leroux, Robert Marty.
Dès la découverte des corps, les habitants des villages voisins dressèrent un monument provisoire qu’ils fleurirent. Plus tard, une stèle officielle fut édifiée sur le lieu de l’exécution. Elle mentionne aussi les noms de trois autres gardes René Bongeot, Arsène Champion et François Sirveaux tués lors de combats le 17 juillet précédent à Boissieux, commune de Châtelus-le-Marcheix et de deux résistants locaux Henri Jauberty et Camille Chambraud). Une cérémonie mémorielle est organisée régulièrement fin juillet à cet endroit.
Sources

Michel Thébault

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