Né le 20 juin 1893 à Paris (Xe arr.), mort le 25 août 1943 à Cologne (Allemagne) ; éditeur de musique ; maître imprimeur ; résistant.

Issue d’une famille alsacienne, cousin d’Edith Thomas, Raymond Deiss était le fils de Alphonse Edouard Deiss et de Léontine Justine Chaulaire. R. Deiss a suivit d’abord des études de musique, de piano, en Allemagne.
Il combattit sous l’uniforme français pendant la Première Guerre mondiale, et a été gazé.
En 1913, il s’était établi comme éditeur de musique, sous la raison sociale Deiss & Crépin (31, rue Meslay à Paris, IIIe arr .), puis Deiss à partir de 1926. A défaut d’avoir fait fortune dans son domaine, il est connu pour avoir publié de jeunes compositeurs : il a édité entre autres Scaramouche : pour deux pianos de son ami Darius Milhaud (1937) et le Concerto en sol mineur pour orgue, orchestre à cordes et timbales de Francis Poulenc (1939). Sa maison d’édition a aussi accueilli Fourdrain, Canteloube, Harsanyi, Godefroid, Honegger, F. Schmitt, et Carman. En 1938, il décida de devenir son propre imprimeur et acquit du matériel pour cela.
En octobre 1940, seul semble t-il, Deiss rédigea et tira sur ses presses une feuille d’information qu’il baptisa Pantagruel, qui fut probablement le premier journal clandestin français. Par la suite, il fut aidé par deux linotypistes René et Robert Blanc et par Roger Lescaret, imprimeur. Il entra en contact avec Duchemin, imprimeur, qui le mit en liaison avec l’Armée des volontaires. Il publia 16 numéros avant d’être arrêté le 7 avril 1942 et interné à Fresnes - René et Robert Blanc avaient été arrêtés en novembre 1941. Avec 45 militants de l’Armée des Volontaires, Deiss est déporté à Trèves, le 9 octobre 1942, en vertu du décret Nacht und Nebel.
Le 27 mai 1943, avec 6 membres de l’Armée des Volontaires, Deiss est condamné à mort par le 2e sénat du Volksgerichtshof et transféré à Rheinbach. Deiss est décapité à la prison de Cologne. Avec lui sont exécutés Charles Dommergue, André Lalanne-Picard, Philippe Bonny, Marcel Lepape, Raymond Cousin et Maxime Belleville.
Après la guerre, son fonds d’édition a été repris par Salabert.
Le 9 décembre 1954, une plaque en son hommage a été inaugurée au 5 rue Rouget-de-L’Isle à Paris, adresse de son domicile.
Sources

SOURCES : PPo 1 W 645-2962. - Témoignage du baron Henri Letourneur-Hugon, 20 mars 46, Arch. Nat. 72 AJ 36 ; - Robert Cusin [son filleul]. « Raymond Deiss créateur du premier journal clandestin ». L’Aurore, 9 décembre 1954 ; - Henri Michel, Paris résistant, Albin Michel, 1992 ; Jean-Noël Jeanneney. « Pantagruel fait de la résistance ». L’Histoire, n° 357, octobre 2010, p. 100-101 ; Daniel Cordier. Jean Moulin, l’inconnu du Panthéon. T. 3 : De Gaulle, capitale de la Résistance, novembre 1940-décembre 1941. JC. Lattès, 1993, p. 216-233.

Marie-Cécile Bouju

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