Né le 5 septembre 1897 à Baneuil (Dordogne), exécuté sommairement le 30 novembre 1944 dans la forêt de Gaggenau (Bade-Wurtemberg, Allemagne) ; cheminot, mécanicien de route ; résistant réseau Alliance.

Pierre Audevie était le fils de Pierre Audevie, cultivateur et d’Anne Fayette. Divorcé il se remaria le 19 avril 1937 avec Marguerite Jeanne Gabrielle Louise Gardes (il était le beau-frère de Franck Gardes membre du réseau Alliance à La Rochelle et exécuté sommairement au Struthof le 2 septembre 1944). Il était domicilié à Bègles (Gironde) et père de 2 enfants.
Ajusteur mécanicien, mobilisé du 8 janvier 1916 au 19 mars 1919, il entra au chemin de fer le 26 mars 1919 à Bordeaux-Bastide et devint mécanicien de route au service de la traction le 1er avril 1920. Il fut muté au dépôt SNCF de Bordeaux—Saint-Jean le 17 octobre 1938. Il s’engagea dans la Résistance le 1er juin 1942 en tant que chargé de mission de troisième classe de la DGER (Direction générale des études et de la recherche) au réseau Alliance, sur la région de Bordeaux "Hangar", secteur de la Gironde et du Tarn-et-Garonne, comme agent de renseignements, liaison, passage de documents, lieu d’émissions radio, transport et hébergement des agents et du matériel avec le pseudonyme "Marco" et le matricule "N18". Il passa agent P2 des FFC (Forces françaises combattantes) le 1er juillet 1943. C’est lui qui aurait permis à l’officier de la France Libre Philippe Koenigswerther, entré au réseau Alliance et futur chef du secteur Bordeaux-La Rochelle de gagner Bordeaux caché dans le tender de sa locomotive et qui ensuite lui aurait ainsi permis de circuler dans toute la région.
Arrêté à son domicile par deux agents de la Gestapo le 22 décembre 1943, à 5h30 du matin, pour délit politique suite à une dénonciation, il fut interné au Fort du Hâ, à Bordeaux, cellule 99. Déporté le 10 janvier 1944 et transporté par le convoi parti de Compiègne le 27 janvier à destination de Buchenwald (Matricule 44198) puis de la prison d’Offenburg, il fut transféré le 10 septembre sous la classification "NN" (Nacht und Nebel- Nuit et Brouillard) au camp annexe du SL de Schirmeck, à Gaggenau (Bade-Wurtemberg) avec 8 autres prisonniers de l’Alliance.
Devant l’avance alliée les allemands évacuèrent les camps et le 30 novembre au matin Pierre Audevie et ses compagnons furent emmenés en camionnette pour une destination inconnue. Après la Libération, sur les indications d’un prêtre alsacien, l’abbé Hett, qui avait été leur camarade de détention, un charnier fut découvert dans la forêt d’Ottenau, près de Gaggenau. Pierre Audevie avait été fusillé à cet endroit avec ses 8 camarades du réseau. Son corps fut rapatrié en France et reconnu par sa femme à Strasbourg le 10 juillet 1945 puis inhumé le 6 novembre 1945 au caveau des fusillés, au cimetière de Bègles (Gironde).
Il obtint la mention "Mort pour la France" par décision du 5 mars 1946 et celle de "Mort en déportation" par arrêté du 5 août 2008, ainsi que le titre de "Déporté résistant" par décision du 8 février 1965.
Il fut décoré à titre posthume de la Croix de guerre 1939-1945 avec palme le 21 avril 1949 et de la Légion d’Honneur et homologué au grade de sous-lieutenant à titre posthume le 10 octobre 1949.
Son nom figure sur le mémorial des fusillés et déportés 1939-1945 à Bègles (Gironde), sur la plaque commémorative de la gare Saint-Jean, Hall des départs aux Agents de la SNCF de la Résistance de Bordeaux morts pour la France en 1939-1945 et sur la plaque commémorative du réseau Alliance à l’entrée de la base sous-marine de Bordeaux (Gironde), avec une citation de Marie-Madeleine Fourcade concernant les membres bordelais du réseau : "Leur sacrifice a permis de renseigner le Commandement Allié sur les mouvements des navires militaires allemands, sous-marins et torpilleurs arrivant et partant de l’Arsenal de Bordeaux. Bientôt, on ne saura plus ce qu’ils ont fait, ni pourquoi ils l’ont fait, même si c’était nécessaire de le faire, voire on les plaindra d’être morts pour rien. Je voudrais qu’on ne les oubliât pas et que l’on comprît surtout quelle était la divine flamme qui les animait... Madame Marie-Madelaine Fourcade (Hérisson)."
Sources

SOURCES : Dossier DAVCC 21 P 10267 transmis par Guy Caraes. — Dossier personnel SNCF D00055608 communiqué par les archives SNCF de Béziers — Marie-Madeleine Fourcade "L’Arche de ¨Noé" Fayard 1968. — Auguste Gerhards "Tribunal du 3e Reich", Archives historiques de l’armée tchèque, à Prague, Le Cherche Midi, 2014. — Mémorial de l’Alliance, 1948. — Site Internet "Mémorial du wagon de la déportation — Mémorial GenWeb. — État civil.

Jean louis Ponnavoy

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