Née le 9 janvier 1900 à Brest (Finistère), exécutée sommairement le 30 novembre 1944 à Pforzheim (Bade-Wurtemberg, Allemagne) ; infirmière ; résistante réseau SR Alliance.

Marie Maistre était la fille de Charles Louis Marie, chef d’escadron d’artillerie de marine, chevalier de la Légion d’honneur, âgé de 45 ans et de Anaïse Eugénie Daniel, âgée de 40 ans. Elle se maria le 10 septembre 1940 à Brest avec Maurice Gillet.
Marie Maistre passa son enfance à Plougasnou. Comme sa sœur aînée, Jeanne Maistre, elle fut pensionnaire à l’Institut de la Légion d’Honneur, à Saint-Denis, et devint infirmière.
Elle entra dans la Résistance au réseau Alliance comme adjointe de son mari, chef du secteur de Brest dans la région Bretagne "Chapelle", qu’elle seconda dans la recherche de renseignements s’improvisant ponctuellement opérateur radio afin de transmettre des messages à Londres. Après les arrestations opérées à Rennes, Maurice et Marie Gillet passèrent dans la clandestinité.
Ils furent cependant arrêtés le 27 septembre 1943 avec cinq membres de leur famille et conduits à la prison de l’école "Bonne-Nouvelle" à Kérinou-Brest le 29 septembre, puis à la prison de Pontaniou. Ils y furent interrogés par la Gestapo avant d’être transférés à la prison Saint-Jacques de Rennes le 29 octobre. Le 2 janvier 1944 au matin, Marie fut envoyée à la prison de Fresnes (Seine, Val-de-Marne), et y séjourna jusqu’au 24 janvier 1944, puis fut déportée et emprisonnée à Pforzheim (Allemagne), sur ordre de la Gestapo de Strasbourg, le 25 janvier 1944,
Le 2 mars 1944, la Gestapo de Strasbourg transmit au tribunal de guerre du Reich, un dossier concernant douze accusés, dont Marie Gillet, avec l’accusation d’espionnage au profit d’une puissance ennemie. Ils furent remis à la disposition du SD de Strasbourg le 10 septembre 1944 sous la classification "NN" (Nacht und Nebel-Nuit et Brouillard). Le 30 novembre devant l’avance des Alliés sur le Rhin, elle fut extraite de sa prison avec 17 hommes et 7 autres femmes appartenant comme elle au réseau Alliance.
Après une macabre mise en scène simulant une libération, ils furent tous transportés en camion jusqu’à Hagenschiess, une forêt des environs et abattus d’une balle dans la nuque puis jetés dans une fosse recouverte ensuite de terre et de branchages.
A la fin du mois de mai 1945, les soldats français exhumèrent les 26 corps de ce charnier. Des civils allemands réquisitionnés furent contraints de les placer dans des cercueils et toute la population de Pforzheim dut défiler devant les dépouilles.
Marie Gillet, repose aujourd’hui à Brest.
Elle fut déclarée "Mort en déportation" par arrêté du 23 avril 2013.
Son nom figure sur la stèle commémorative des victimes du réseau Alliance, à Pforzheim (Allemagne)
Sources

SOURCES : Dossier DAVCC P 81023 communiqué par Delphine Leneveu.— Marie-Madeleine Fourcade "L’Arche de ¨Noé" Fayard 1968.— Auguste Gerhards "Tribunal de guerre du 3e Reich", archives historiques de l’armée tchèque, à Prague, éditions du Cherche Midi, Paris 2014.— "Livre Mémorial des Déportés de France" de la F.M.D. Tome 1.— Mémorial de l’Alliance, 1948.— Mémorial GenWeb.— État civil.

Jean-Louis Ponnavoy

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