Née le 19 janvier 1906 à Chaussin (Jura), pendue le 13 avril 1945 au camp de Flossenbürg en Bavière ; cadre aux PTT Paris ; résistante Confrérie Notre-Dame de Castille, OCM ; déportée ; Compagnon de la Libération.

Simone Michel-Lévy
Simone Michel-Lévy appartenait à une famille modeste, son père travaillait comme plâtrier. Titulaire du Brevet élémentaire, elle entra dans l’administration des PTT à l’ âge de seize ans et demi à Chauny (Aisne) puis devint en 1939, contrôleur-rédacteur au département "Commutation" de la Direction des Recherches et du Contrôle technique, rue du général Bertrand à Paris.
Après la signature de l’Armistice, elle s’éleva contre la capitulation de la France et entra dans la Résistance en décembre 1940.
En 1941, elle participa avec Maurice Horvais, à la création du réseau "Action PTT", sous la direction d’Ernest Pruvost, collègue rencontré lorsqu’elle était en poste à Chauny. Les possibilités professionnelles des PTT, permirent d’étendre sur toute la France une ramification de cellules de renseignements et de transmissions.
Simone Michel-Lévy mit toute son énergie à développer un système de "boîte aux lettres" pour les communications clandestines.Comme responsable du secteur "radio", elle se déplaça fréquemment afin d’ organiser l’"hébergement" de postes émetteurs, notamment dans le Sud-ouest, en Bretagne et en Normandie. C’est ainsi que fin janvier 1942, sous le pseudonyme de Madame Flaubert, elle assura la première liaison avec le groupe local de la résistance PTT d’Henri Le Veillé, à qui elle apporta , début mars, deux opérateurs radio équipés de leur poste.
A l’automne 1942, le réseau "Action PTT" prit contact avec la "Confrérie Notre-Dame" (CND) du colonel Rémy et l’"Organisation civile et militaire" (OCM) du colonel Touny. Pour la CND, Simone Michel-Lévy mit en place, gare de Lyon, une centrale permettant le transport du courrier clandestin et de postes émetteurs, par voitures postales et sacs plombés, en s’appuyant sur les "ambulants" des PTT dirigés par Edmond Debeaumarché.
C’est ainsi qu’elle organisa avec les membres de son réseau, sous les pseudonymes de "Françoise" et de "Madame Royale", un système clandestin d’acheminement du courrier à travers la France, par voie maritime et par voie aérienne et détourna du matériel télégraphique et téléphonique pour les organisations résistantes. En 1942, elle sabota des départs pour le STO en établissant plus de cent cartes professionnelles des PTT à de jeunes réfractaires. En janvier 1943, elle devint agent P1 (régulier) puis P2 (permanent). Son chef de service, Gaston Letellier fermait les yeux sur ses absences et il la décrivait ainsi : " après des nuits de veille et des voyages épuisants, au retour de missions périlleuses de parachutage, on revoit Simone à sa table de travail, les traits tirés, mais souriante. Rien ne pouvait entamée son ardeur et la véritable flamme qui l’animait. "
Après la trahison du résistant Robert Bacqué alias Tilden, chef opérateur de la CND, elle tomba dans un rendez-vous piégé au café Le François Coppée boulevard du Montparnasse, Paris XIVe arr. où elle fut arrêtée et conduite rue Henri Martin dans les locaux de Georges-Henri Delfanne, dit Christian Masuy, auxiliaire français de la Gestapo. Le réseau de la Confrérie Notre-Dame de Castille fut démantelé.
Simone Michel-Lévy fut torturée par Masuy, ne parla pas et fut livrée à la Gestapo de la rue des Saussaies. Internée à la prison de Fresnes puis au camp de Royallieu, elle quitta la gare de Compiègne le 28 janvier 1944 dans "le convoi des 27000" (matricules).
Arrivée le 3 février au camp de concentration de Ravensbrück, elle aida une camarade musicienne à organiser une chorale. En avril 1944, elle fut transférée en Tchécoslovaquie au Kommando de Holleischen dépendant du camp de Flossenbürg, pour travailler dans une usine d’armement fabriquant des munitions anti-aériennes. Elle organisa avec Hélène Lignier et Noémie Suchet, le sabotage, en ralentissant la chaîne de fabrication de munitions et en endommageant une pièce majeure, la presse. En représailles, ces trois femmes subirent la bastonnade, 25 coups de bâton exécutés en présence du commandant du camp et des déportées. Le 10 avril 1945, sur l’ordre d’Himmler, Simone Michel-Lévy, Hélène Lignier et Noémie Suchet furent transportées à Flossenburg où elles furent pendues le 13 avril 1945, dix jours seulement avant la libération du camp.
Simone écrivit une dernière lettre à ses parents : "Ne pleurez pas, c’est un ordre. Ne soyez pas tristes. Moi je ne le suis pas. Mon cœur est calme autant que mon esprit. Dans ma petite cellule, j’interroge le ciel, je pense à tout ce qui est beau, à tout ce qui est clair."
Reconnue Mort pour la France, Simone Michel-Lévy reçut à titre posthume de nombreuses décorations : Chevalier de la Légion d’Honneur, Compagnon de la Libération - décret du 26 septembre 1945, Croix de Guerre 39/45 avec palme, Médaille de la Résistance, Croix du Combattant Volontaire de la Résistance, Médaille des Blessés, Médaille commémorative de la Guerre 39/45 avec barrette "Engagé volontaire", Médaille de la Déportation et de l’Internement pour faits de Résistance
De nombreux hommages lui furent rendues.
Depuis 2006, la place Simone-Michel-Lévy à Paris porte son nom, sur le terre-plein central de l’avenue de Saxe. Une plaque en son honneur est apposée dans le hall d’entrée du centre de recherches de France-Télécom à Issy-les-Moulineaux. Une résidence de vacances France Télécom porte également son nom à Trébeurden (Côtes-d’Armor). En 1958, un timbre-poste a été émis en son honneur dans la série "Héros de la Résistance II".
Simone Michel-Lévy est l’une des six femmes Compagnon de la Libération.
Sources

SOURCES : Vladimir Trouplin, Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Elystis, 2003. — AERI,Bruno Leroux .— François Marcot, Bruno Leroux, Christine Levisse-Touzé Dictionnaire historique de la Résistance, Robert Laffont, coll. Bouquins, 2006.biographie de Bruno Leroux p 487

Annie Pennetier, Françoise Strauss

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