Né le 15 avril 1894 à Coussey (Vosges), fusillé le 23 mai 1944 à Ludwigsburg (Bade-Wurtemberg, Allemagne) ; employé à la Compagnie du gaz et de l’électricité ; résistant du réseau SR Alliance.

Abel Royal était le fils d’Auguste, soldat en garnison à Neufchâteau et fils de militaire, et de Clémence Guyot, sans profession. Il se maria le 8 mai 1920 à Gondrecourt avec Antoinette Mereghetti dont il eut une fille et un fils.
Il fut mobilisé le 1er septembre 1914 au 5e régiment d’artillerie à pied et fut gazé. Il fut démobilisé le 19 août 1919 avec le grade de maréchal-des-logis et classé invalide de guerre. Il obtint la Croix du Combattant et la Médaille Interalliée.
Arrivé à Vichy avec sa famille en 1930 il trouva un emploi d’encaisseur à la Compagnie du Bourbonnais Gaz et Electricité.
Il entra au Réseau "Alliance" en octobre 1942 après avoir été contacté par Rachel Guillebaud alias "Brebis", membre du réseau. Sous le matricule "V.41", il rassemblait des renseignements militaires et abritait des émetteurs radio. Il devint sous-chef du secteur de Vichy, plus particulièrement chargé du transport d’armes et participa à des parachutages de matériels et à des coups de main.
Son grade correspondait à chargé de mission de 3e classe (sous-lieutenant) à la D.G.E.R. (Direction Générale des Études et de la Recherche).
Le 19 avril 1943, 29 personnes furent arrêtées par la Gestapo sur dénonciation par un agent double, Marius Chambon qui se faisait passer pour un membre du réseau.
Abel Royal ainsi que son fils Maxime et son gendre Jean Ferlot, également membre du réseau, en faisait partie. Il fut torturé au siège de la Gestapo pendant cinq jours avant d’être transféré à la Mal-Coiffée, la prison militaire allemande de Moulins. Le 26 mai, il fut conduit à la prison de Fresnes (Seine, Val-de-Marne).
Le 17 décembre 1943 il fut déporté vers l’Allemagne, via le camp de Compiègne et incarcéré à la prison de Kehl puis à celle de Freiburg-im-Breisgau (Bade-Wurtemberg, Allemagne). Il comparut le 16 février 1944 devant le 3e Senat (chambre) du Tribunal de guerre, présidé par le juge Karl Schmauser et fut condamné à mort pour espionnage au profit d’une puissance ennemie.
Le jugement fut confirmé le 17 mars suivant par l’amiral Max Bastian, président du Tribunal de guerre qui classa le dossier NN (Nacht und Nebel-Nuit et Brouillard). Le recours en grâce ayant été rejeté la décision de fusiller les condamnés fut prise le 19 avril 1944.
À l’aube du 23 mai 1944, 16 détenus dont Abel Royal furent réveillés plus tôt qu’à l’habitude et écoutèrent courageusement le jugement qui leur était lu en allemand et en français. Après avoir vu un prêtre et pour l’un d’eux, un pasteur protestant, ils burent un café avant d’être conduits en camion dans une clairière, à trois kilomètres de Ludwigsburg. Selon le Mémorial de l’Alliance pendant qu’ils étaient liés aux poteaux d’exécution ils firent preuve d’un extraordinaire sang-froid et s’interpellèrent en criant « À très bientôt au ciel » puis la salve retentit au moment de l’amen du Pater prononcé par le prêtre.
Leurs corps furent aussitôt placés dans des cercueils et inhumés dans la dignité au cimetière de Ludwigsburg.
Il obtint la mention "Mort en déportation" par arrêté du 16 octobre 1998.
Sources

SOURCES : Marie-Madeleine Fourcade "L’Arche de Noé Réseau Alliance 1940-1945", Fayard 1968. — Auguste Gerhards "Tribunal du 3e Reich", archives historiques de l’armée tchèque, à Prague, Le Cherche Midi, Paris 2014. — "Livre Mémorial des Déportés de France" de la F.M.D. tome 1, 2004. — Mémorial de l’Alliance, 1948. — AFMD de l’Allier. — Direction Interdépartementale des Anciens Combattants de Clermont-Ferrand. — Mémorial GenWeb. — État civil.

Jean-Louis Ponnavoy

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