Né le 23 décembre 1913 à Lyon (Rhône), exécuté le 9 mars 1944 à Beauregard-Baret (Drôme) ; officier de carrière ; résistant FFI, chef du camp C3 dans le Vercors.

Après s’être engagé, Jean-Marie Ruettard avait suivi un peloton d’élèves caporaux à Chambéry (Savoie) et avait été affecté au 153ème régiment d’infanterie alpine (RIA) à Lanslebourg (Savoie). En 1938, il avait effectué un stage à l’école militaire d’infanterie de Saint-Maixent (Deux-Sèvres) qui formait des officiers sortis du rang. En 1939, son régiment avait été affecté sur la ligne Maginot. En 1941, il était en garnison à Lyon. Jean-Marie Ruettard commandait sa 2ème section d’éclaireurs-skieurs (SES) avec le grade de lieutenant. Après la dissolution de l’armée d’armistice en novembre 1942, il rejoignit le maquis dans le Vercors où il prit la direction du camp C3.
Début mars 1944, informé de l’imminence d’une attaque allemande, avec son homologue du camp C5 voisin, le lieutenant Marcel Bilcke (voir ce nom), il avait ordonné à ses hommes de se disperser et de regagner la vallée. Ils n’étaient ni assez nombreux, ni assez armés pour tenir tête à la Wehrmacht.
Le 8 mars, les deux chefs de groupe décidèrent de retourner à leurs campements pour récupérer du matériel et faire disparaître toute trace de leur séjour afin d’éviter que les habitants de Méaudre et d’Autrans subissent des représailles. Florentin Prian conduisait la voiture. Marc Broyer les accompagnait.
Partis par Vinay, les quatre FFI se heurtèrent à une colonne allemande qui avait établi un barrage à Pont-en-Royans. Un pistolet fut découvert dans leur véhicule. Conduits à la Feldgendarmerie, ils subirent un interrogatoire musclé. Le lendemain matin, ils furent remis aux militaires qui reprenaient la route vers Romans. Une vingtaine de kilomètres plus loin, à Beauregard-Baret (Drôme), ils furent fusillés à quelques dizaines de mètres de la nationale et leurs corps trainés contre une grange où ils furent retrouvés le lendemain matin.
La gendarmerie de St-Nazaire en Royans prévenue, procèda aux constats et formalités d’usage, et réquisitionna un transporteur pour emmener les corps au cimetière de Romans, ou ils furent enterrés, la municipalité de Beauregard Baret devant prendre à sa charge les frais occasionnés par les obsèques. Les cadavres furent photographiés, afin d’être identifiés plus tard, par jugement du tribunal de Valence.
Jean-Marie Ruettard était marié et père d’un enfant. Il fut cité à l’ordre de la division. La Croix de guerre avec palme, la Médaille de la résistance, et la Légion d’honneur avec palme lui furent attribuées à titre posthume.
Sources

SOURCES : Patrick Martin, La Résistance dans le département de la Drôme, 1940-1944, thèse Université Paris IV Sorbonne, 2001, base de données noms.— Arch. Dép. Drôme, fonds Vincent-Beaume, 9 J 3. — Cuminal, op. cit., 1961, page 14.— Archives remises à l’AERD par le fils d’André Vincent-Baume, puis déposées aux Arch. Dép. Drôme. — Joseph La Picirella, Témoignages sur le Vercors, 14e édition, 1991, p. 69, 93. — Cdt Pons, De la Résistance à la Libération, rééd. 1987, p. 266. — Escolan Patrice, Ratel Lucien, Guide-mémorial du Vercors résistant, Le cherche-midi éditeur, Paris, 1994, p. 60, 202-3, 361. — 11e-cuirassiers-vercors.com . — Service historique de la Défense, Caen Cote AC 21 P 145309.

Robert Serre, Jean-Pierre Ravery

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