Né le 21 septembre 1903 à Paris (IIIe arr.), fusillé le 15 février 1943 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; garçon de salle ; militant communiste ; résistant FTPF.

Fils de Gabriel, Ulysse Camatte, électricien, qui le reconnut à sa naissance, et de Célestine Colbus, plumassière, était présenté dans les dossiers de la préfecture de police comme pupille de l’Assistance publique. Titulaire du certificat d’études primaires, il adhéra au Parti communiste en 1936, milita à la cellule de la Salpêtrière et eut des responsabilités à la CGT. Mobilisé en 1939, il fut démobilisé en octobre 1940 et fut contacté par un dénommé Berger, ancien secrétaire de cellule, infirmier à Tenon qui fut arrêté en août 1942 avec sa femme. Il entra aux FTP en juillet 1942 et travailla à partir d’octobre 1942 au sanatorium de Champrosay près de Draveil (Seine-et-Oise, Essonne) où il était domicilié.
Il participa avec Robert Hamel à l’attentat contre l’Office de placement pour l’Allemagne situé au rez-de-chaussée du 10 rue Saint-Antoine à Paris (XIe arr.) le 18 juillet 1942. Vers 17 h 15 une grenade offensive fut lancée contre la vitrine faisant exploser trois glaces représentant une longueur de plus de sept mètres. La permanence vide d’occupants était fermée depuis quinze minutes ; un passant reçut quelques éclats de verre.
Le 14 août, vers 22 h 45, avec d’autres FTP, il attaqua la brasserie Andrès réservée aux Allemands au 4 rue Saint-Laurent à Paris (Xe arr.). Un FTP tira deux coups de feu sur le gardien de la paix en faction ; un deuxième lança une grenade à l’intérieur de l’établissement ; le troisième tira à deux reprises dans la salle : cinq Allemands furent blessés. Des agents de la paix et des soldats allemands poursuivirent en vain les assaillants.
Louis Camatte fut arrêté à la suite d’une longue filature, avec Robert Hamel, Robert Soudade et Louis Le Balanger, le 14 octobre 1942 par la Brigade spéciale 2 qui le remit aux autorités allemandes de la rue des Saussaies. Interné à Fresnes, il comparut le 4 février 1943 devant le tribunal du Gross Paris qui siégeait rue Boissy-d’Anglas. Il fut condamné à mort pour « actes de franc-tireur ». Il fut passé par les armes le 15 février 1943 au Mont-Valérien en compagnie de Robert Hamel, Robert Bachet, Adrien Vanderheyden et Louis Le Balanger de son vrai nom Léon Agid.
Son corps fut inhumé à Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne).
Son nom figure sur la plaque commémorative de l’hôpital de la Salpêtrière : « La Salpetrière à ses déportés, internés, résistants et patriotes morts pour la France 1939-1945 » et sur les monuments aux morts d’Auxerre et de Tainguy (Yonne).
Une rue porte son nom à Draveil.
Sources

SOURCES : Arch. PPo, BS2, Carton 14. – Notes Jean-Sébastien Chorin. – Arch. PPo., 77W 522, BA 1747, BA 1752. – DAVCC, Caen, Boîte 5, Liste S 1744-37/43 (Notes Thomas Pouty). – Arch. Nat., F60 1576/766. – Site Internet Mémoire des Hommes. – Mémorial GenWeb. – État civil, Paris (IIIe arr.), pas de mentions marginales.

Jean-Pierre Besse, Jean-Sébastien Chorin, Daniel Grason

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